INFLUENCE DE L’ETAT GÉNÉRAL
de la veine-porte dûs à l’étal du foie — cirrhose à un degré quelconque. J’ai vu de ces cirrholiques alcooliques chez lesquels, avec les bourrelets hémorrhoïdaux recto-anaux, existait un gonflement énorme de la prostate, qui paraissait remplir la courbure du sacrum. L’énorme tuméfaction qui en résultait était arrondie, ballonnée, presque molle; le doigt déprimait cette masse au point qu’il touchait. Chez ces malades le passage de la sonde donnait beaucoup de sang. J’ai constaté plusieurs fois des fausses routes dans la région prostatique dues à des tentatives de cathétérisme faites avec beaucoup de prudence. Toujours il s’écoulait d’une façon continue du sang par le méat.
Cet état des tissus de la prostate prédispose à la fonte purulente de cet organe, qui est ici toujours à craindre. Si l’urine baigne la région prostatique, elle pénètre avec la plus grande facilité dans les tissus, et on voit l’infiltration urineuse de la masse de la prostate, qui entraîne sa destruction et les accidents généraux les plus graves d’infection purulente. J’ai vu, chez un alcoolique qui avait une fausse route récente dans la prostate, la mortification des tissus due à l’infiltration d’urine s’étendre autour de l’anus cl de là au périnée et aux bourses.
Déjà dans mon Traite des opérations des voies urinaires j’ai combattu la théorie de Muron. Vous savez qu’il prétend que l’urine doit être poussée avec force dans les tissus pour s’y infiltrer. Je crois avoir démontré au contraire que, chez les sujets dont les tissus sont lâches, l’urine pénètre dans leurs tissus, s’y épanche en les mortifiant sans y être poussée avec force. Messieurs, voici un fait très concluant : « Je vois un malade, vieil alcoolique,