DU BESOIN D’URINER
d’uriner va se produire, et bref on finit par dire : « Non, la sensation du besoin d’uriner ne s’est, pas produite et et ne se produit pas. » C’est que la vessie n’est pas sulfisamment distendue.
Ici, les conditions du besoin d’uriner sont: la tension pav contraction des parois vésicales sur une masse liquide et l'action de ces parois ainsi contractées sur le col vésical. C’est évidemment ce qui se produit dans les conditions ordinaires de la vie, l’envie d’uriner se manifestant au moment où nous nous y attendons le moins. La vessie tendue par le liquide qui la remplit, ses parois réagissent par la contraction de la musculeuse qui agit en ouvrant le col vésical. La contraction de la paroi vésicale existe bien, à ce moment, il est possible de la reconnaître par la palpation, lorsque la vessie est un peu distendue- Si l’urèthre est fermé par l’action énergique de tous ses muscles constricteurs, cette première sensation du besoin d’uriner cesse et la vessie continue à être distendue par le liquide qui vient des reins. Quand l’envie d’uriner réapparaît, l’action oblitérante des muscles de l'urèthre devient plus énergique; c’est alors que se produit la lutte entre l’urèthre et la vessie, pendant laquelle la sensation de l’envie d’uriner devient une véritable douleur se propageant du col vésical à l’extrémité de l’urèthre. C’est là ce que ressent l’enfant, qui se retient d’uriner, lorsqu’il porte la main involontairement à la verge pour la comprimer, sentant bien que l’urine va sortir malgré lui s’il ne porte secours à la contraction de l’urèthre en se tenant debout et en marchant. Ainsi, les conditions de production de cette sensation dite besoin d’uriner, sont :
DU BESOIN D’UHINER.
\° L’état de tension par contraction des parois vésicales,
2° La sensibilité spéciale du col de la vessie.
Dans ce fait physiologique, c’est la tension vésicale qui provoque la sensation au col; mais toute autre cause agissant sur le col vésical provoque le besoin d’uriner. Les faits sont extrêmement nombreux, à chaque instant dans la pratique nous sommes appelé à débarrasser le col de ce qui l’irrite, sachant très-bien que c’est là le seul moyen de rendre les envies d’uriner moins fréquentes. Ainsi, toutes les fois qu’un corps étranger, une pierre, irrite le col de la vessie, il provoque immédiatement la contraction énergique de la paroi vésicale, ce qui complète les conditions du besoin d’uriner.
Exemple. — « J’ai soigné, avec le M. le professeur Peter, un homme âgé de soixante-quinze ans. Il avait des envies d’uriner fréquentes très-douloureuses, les urines étaient purulentes, la sonde, en entrant dans la vessie, heurtait contre une pierre, et la vessie ne pouvait recevoir que 50 grammes d’eau tiède. Je mis ce malade dans la position horizontale absolue, lui prescrivant d’uriner dans cette position, mais d’uriner sans faire d’effort, en laissant couler. Je continuai à faire des injections dans la vessie, j’arrivai à faire supporter 75 grammes de liquide. Je fis une première séance de lithotritie, et après je pus rapidement injecter 150 grammes d’eau. Ce qui me permit de terminer l’opération en trois séances, la vessie se dilatant de plus en plus, par conséquent, les envies d’uriner étant de plus en plus éloignées. Quand la vessie fut vide de pierres, le malade urina très-librement debout, mais même dans cette position il ne vidait plus sa
vessie. »
DU BESOIN D’UÏÎINER.
Dans ce fait, en éloignant la cause d’irritation du col vésical, les envies d’uriner devinrent moins fréquentes. Dès que la pierre cassée ne roula plus facilement contre le col. les envies d’uriner devinrent encore plus rares. Enfin la vessie débarrassée reprit les conditions de contraction propres à l’âge du sujet, elle ne se vida pas. Ce fait typique prouve surabondamment que l’irritation du col vésical est la cause de la contraction de la vessie, condition du besoin d’uriner.
«. Dans un cas de pierre que je lus à la Société de médecine de Paris le 11 novembre 1876, il s’agit d’une pierre plate, qui se développa, fixée en un point de la vessie éloignée du col. Sous l’influence d’un effort, le sujet étant penché en avant, la pierre se déplaça et tomba contre le col où elle resta. Au moment même de son déplacement, le sujet commença à éprouver des envies fréquentes d’uriner qui ne cessèrent qu’après l’extraction de la pierre. »
Je pourrais multiplier beaucoup les faits pathologiques qui viennent démontrer, que toutes les irritations du col ou de son pourtour vésical, provoquent la condition primitive du besoin d’uriner, c’est-à-dire la contraction de la vessie, en parlant des affections de voisinage du col vésical comme les prostatites aiguës, les affections des vésicules séminales, etc.
Ces faits de pierre irritant le col de la vessie prouvent bien que lorsque la pierre est éloignée du col ou de son pourtour, son action irritante est moindre, et que la muqueuse du corps vésical n’est pas douée d’une sensibilité spéciale capable de provoquer le besoin d’uriner (a moins qu’elle ne soit elle-même altérée).
DU lîESOIN D’URINER.
Cette sensibilité spéciale du col de la vessie peut, sous l’influence de causes pathologiques, disparaître; alors la vessie ne se dilate pas, l’urine s’écoule constamment, il y a incontinence d’urine, et la sensation du besoin d’uriner fait absolument défaut, les conditions de cette sensation, savoir : la tension de la vessie par contraction sur une masse liquide, et la sensibilité du col, n’existant pas.
Enfin, chez les sujets dont la vessie n’a aucune action sur le col vésical en raison des dispositions anormales de ce col, dues le plus souvent à l’âge, le besoin d’uriner est une sensation qui n’est pas exactement celle dont nous venons de parler. La vessie tendue se contracte, le sujet éprouve une sensation de tension sus-pubienne qui n’est point accompagnée de l’introduction de liquide dans l’urèthre, mais il y a cependant une irritation du col qui se traduit par des douleurs à l’extrémité de la verge. Le plus souvent, la condition initiale du besoin d’uriner, c’est-à-dire la contraction de la vessie, existe encore dans ces cas-là et c’est pour cela qu’ils perçoivent l’envie d’uriner.
Dans les cas de rétention d’urine, cette sensation du besoin d’uriner arrive à être un état douloureux excessif dont cependant l’acuïté n’est pas continue; ce sont des accès d’envie d’uriner plus ou moins rapprochés et provoquant des efforts violents accompagnés de douleurs excessives. Chaque accès est dû à la contraction énergique de la paroi vésicale qui, luttant contre un obstacle insurmontable, cède, et la vessie continue à se dilater comme chez l’individu qui se retient volontairement d’uriner. C’est encore ici la condition initiale du besoin