DIX-HUITIÈME LEÇON
DE L'ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE PROTOPATHIQUE (l).
Messieurs,
Le malade, que je vous présente aujourd'hui, est un charretier de vingt-six ans, couché au lit n" 33 de la salle Bazin, où il est entré le 4 février dernier.
Cet homme, dont l'anémie est actuellement poussée au degré le plus extrême, était, il y a encore quelques mois fort et vigoureux. Il n'était entaché d'aucune tare morhide héréditaire ou acquise. On ne pouvait relever, comme cause d'affaiblissement de l'organisme, que des habitudes de buveur, et encore certainement moins prononcées que sa profession ne le laisserait supposer.
11 y a cinq mois il reçut un coup violent à la poitrine au niveau du sein droit, où vous voyez encore aujourd'hui les traces de ventouses scarifiées qui furent alors appliquées. Il ne cessa son travail que pendant trois jours, mais dès lors sa santé florissante commença à péricliter et la pâleur du visage à apparaître. Cependant il n'était survenu aucune perte sanguine, ni crachement, ni vomissement de sang. Il n'est même pas certain qu'il eût du mélsena, bien qu'il dise avoir eu des selles noirâtres.
(1) Leçon du 13 février 1896, recueillie par M. ParmenLier, chef <le clinique.