‹ Lecons sur les maladies du sangChapitre 34 sur 82 · DE L'ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE PROTOPIIATHIQUE · texte numérisé non relu

DE L'ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE PROTOPIIATHIQUE

Deux mois après l'accidoiil, il fuL atleirit d'une angine pour la(|uelle il resta quinze jours k l'hôpital. A sa sortie, pAle et ad'ailjli au point de ne pouvoir reprendre son travail, il resta couché chez lui. L'anémie progressant, il dut faire un nouveau séjour à l'hôpital avant de venir dans nos salles.

Aujourd'hui la décoloration des téguments et des muqueuses est au maximum. 11 existe des vertiges, des hourdonnements d'oreilles, une notable diminution de la vue, des tremblements des mains, une sensation de fatigue permanente, enfin un amaigrissement progressif tel que le malade a perdu plus de trente livres.

Et, cependant, à part quelques vomissements qui ont cessé avec la suppression du vin et un certain degré d'anorexie, L... n'a présenté aucun trouble digestif sérieux.

Les poumons sont indemnes de tuberculose. La toux et les crachats sont la conséquence d'un léger œdème localisé à la base des poumons.

Le cœur, augmenté de volume, laisse entendre dans la région médio-cardiaque un bruit de souffle persistant lorsque le malade est levé et s'entendant jusque dans la région dorsale. Le pouls bat 120 fois par minute, et, au niveau des vaisseaux du cou, on sent un frémissement cataire, correspondant à un bruit de rouet.

Quant à l'urine, le volume en est de 3 litres par jour et la densité de 1010. Elle renferme par vingt-quatre heures, 27 grammes d'urée, 18 grammes de chlorures, 4 grammes d'acide phosphorique, mais pas la moindre quantité d'albumine ni de sucre.

La peau présente une hyperesthésie remarquable. La percussion des muscles même légère détermine des

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contractions fîbrillaires très marquées, se prolongeant très souvent pendant un certain temps après que l'excitation a cessé.

De même le contact d'un objet froid, d'un verre par exemple, provoque dans la région des cuisses, des contractions fasciculaires des différents muscles. Lorsque le malade lève les membres inférieurs, ceux-ci sont immédiatement agités de tremblement dans le sens vertical et la fatigue se produit très rapidement. Les réflexes rotuliens sont notablement exagérés, et les flexions répétées de la pointe du pied déterminent un tremblement rythmique, tout ù, fait analogue à la trépidation épileptoïde.

En somme, nous avons tous les signes physiques et fonctionnels d'une anémie extrême, compliquée de phénomènes nerveux particuliers et d'asthénie. Voici, d'ailleurs, les renseignements fournis par l'examen du sang :

Le 4 février. N = 1 178 000

— B=:12 0bf)

Le 13 février. N = 381 000

A l'examen du sang pur, on trouve que les hématies n'ont aucune tendance à se réunir et qu'elles s'altèrent rapidement. Les hématoblastes sont peu nombreux. Il n'y a ni réticulum fibrineux ni pseudo-parasites.

L'examen du sang sec et coloré a été fait avec les préparations du 13 février. Les globules rouges sont inégaux, mais non très déformés ; les grands prédominent ; il y a quelques globules géants. On ne

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trouve pas de globules rouges nucléés, mais il y a do petits lymphocytes qui pourraient en imposer dans la préparation colorée avec l'éosine et l'hématéine. Les mononucléaires, dont quelques-uns sont grands, sont relativement prédominants; quelques polynucléaires sont surchargés de granulations, d'autres ont des noyaux en voie d'atrophie. On ne trouve pas d'éléments à grosses granulations éosinophiles ou basophiles.

Enfin le sang recueilli dans une petite éprouvette et après vingt-quatre heures de repos ne montre encore aucune séparation entre le caillot et le sérum.

Dans un cas de ce genre, le diagnostic est toujours d'une grande difficulté. 11 est rendu tel, en partie, par les opinions assez diverses qui ont été énoncées sur la signification des anémies extrêmes de l'adulte.

Après avoir remarqué la marche fréquemment progressive des anémies paraissant survenir spontanément, et la gravité de ces cas qui se terminent le plus habituellement d'une manière fatale, on a créé sous le nom à^anémie pernicieuse progressive une nouvelle entité morbide.

Les caractères anatomo-pathologiques et cliniques sur lesquels on s'est appuyé n'étant pas d'une suffisante précision, on n'a guère délimité, en réalité, qu'un syndrome pouvant relever de causes assez diverses et un grand nombre des cas publiés comme exemples d'anémie pernicieuse ne sont très certainement que des exemples d'anémie symptomatique.

Cela n'est-il pas indiscutable en ce qui concerne l'anémie résultant soit du botriocephalus latus, soit de rankylostome duodénal? Ces faits ont été rangés dans le cadre de l'anémie pernicieuse progressive et il n'est

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