DE L'ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE PROTOPATUIQUE
Quelle peut être la nature de cette affection ? C'est bien à propos d'un cas de ce genre (protopatliique), que cette question mérite d'être soulevée, car l'absence de causes reconnaissables d'anémie contraste singulièrement avec la résistance que l'homme oppose à la déglobulisation.
A l'âge adulte, cette résistance est surtout remarquable quand il s'agit de pertes de sang. Il les faut abondantes, répétées, presque incessantes pour entretenir un état d'anémie chronique du 3° degré ; il est rare que le chiffre globulaire descende au-dessous d'un million. Et, remarquez que ces hémorragies excitent plutôt qu'elles n'affaiblissent le processus hématoblastique, à moins qu'elles ne dépassent toute mesure. Cette lutte est très active encore dans les maladies organiques conduisant à la cachexie (néphrite, affection du foie, tuberculose, cancer).
Aussi, pour qu'indépendamment de toute affection organopathique amenant une déchéance de l'organisme, il y ait appauvrissement extrême du sang, faut-il que celui-ci soit attaqué par un agent destructeur d'une excessive puissance.
Dans l'anémie pernicieuse progressive, la source même du sang est atteinte, les hématoblastes étant les éléments formateurs des hématies. Les globules rouges à noyau qui apparaissent alors représentent un effort ultime et impuissant. Le processus de l'anémie est celui auquel j'ai donné le nom à'anhématopoièse.
Nous ne connaissons pas cet agent destructeur, mais nous n'en pouvons mettre l'existence en doute.
Dans l'état actuel de nos connaissances, on peut hypothétiquement en faire un corps d'origine microbienne ou cellulaire.