‹ Lecons sur les maladies du sangChapitre 59 sur 82 · ANALYSE DU SOC GASTRIQUE · texte numérisé non relu

ANALYSE DU SOC GASTRIQUE

sans lavage prélable.

G décembre 1898.

après lav.ige

la veille.

8 déc. 1898.

après 30'.

8 déc. 1898.

après 60'.

8 déc. 1898.

après 90'.

8 déc. 1898.

Pcptones : peu.

Acides gras : lactique?

Observations :

Liquide abon dant, résidus assez abondants, coloration verte.

Peu.

Lactique?

Liq. vert donnant la réaction de Gmellin et bande d'absorption de l'urobiline.

Peu.

Lactique.

Liquide abondant mal émul-

sionné bilieux.

Peu.

Lactique.

Liquide abondant.

Peu.

Lactique.

Liquide abondant.

468 SUR UN CAS DIÎ l'SEUDO-LEUCÉMIIÎ AVEC SPLÉNOMÉGALIE.

senlériques sonl atteints et qu'en exerçant depuis quelque temps une compression sur la première partie de l'intestin, ils déterminent une obstruction souspylorique?

Il est clair que le pronostic d'un pareil état est de la plus haute gravité. Si l'obstruction sous-pylorique persiste, le dépérissement, déjà grave, va faire des progrès, et notre malade va succomber à bref délai dans un état voisin du collapsus cholérique.

Laissez-moi vous dire, en terminant, un mot du traitement que l'on à institué dans les cas de splénomégalie analogue aux nôtres. On a surtout vanté les préparations arsenicales et en particulier l'arsénite de soude ou de potasse. L'arsénite de soude, en solution à 1 p. 100, a l'avantage d'être plus facilement injectable.

Je n'ai pas grande confiance dans les cas de guérison obtenus par ce mode de traitement, mais je crois qu il y a eu des améliorations indéniables.

Dans l'anémie splénique et dans l'épithélioma de la rate, la splénectomie a été faite et a réussi. Mais, l'état général de notre malade fût-il meilleur, je n'oserais pas la conseiller dans un cas où il existe certainement des productions néoplasiques multiples : pleurales ou pleuro-diaphragmatiques, ganglionnaires (mésentériques) et musculaires.

Messieurs, le malade atteint de splénomégalie que je vous ai présenté il y a huit jours a succombé le lendemain.

J'ai fait conserver les principaux organes enlevés à

l'autopsie pour vous les montrer et je vais compléter aujourd'hui, si vous le voulez bien, l'étude de ce cas si intéressant.

La rate a pu être extraite facilement et ne présentait aucune adhérence anormale, au moins résistante. Elle pèse 2 kg. 430 grammes et mesure 28 centimètres de long sur 15 centimètres de large. Elle est donc moins grosse que nous ne l'avions pensé pendant la vie ; ceci tient, en partie au moins, à ce qu'elle n'est plus remplie par le sang circulant. L'organe est de consistance très dure; il crie sous le scalpel à la coupe.

La capsule, épaissie, présente des plaques fibrolymphomateuses de couleur blanc jaunâtre avec des taches hémorragiques. Des coupes faites sur divers points de la rate montrent une infiltration diffuse (mais centrale) de grosses masses blanchâtres, dures, donnant peu de suc au raclage. Ces masses forment des tramées irrégulières à bords déchiquetés se détachant nettement sur la coloration rouge sombre du tissu splénique. 11 existe également de petits nodules isolés blanc jaunâtre ressemblant à des tubercules.

Vous remarquerez que, sur la plupart des coupes, les parties blanches occupent au moins un cinquième de la surface totale. Le reste du tissu splénique n'est pas uniformément coloré en rouge sombre : on y voit des parties noirâtres, nettement hémorragiques. Au niveau du hile de la rate on a trouvé un ganglion hypertrophié qui a environ, ainsi que vous pouvez le voir, le volume d'une petite noix : il est blanc et très dur.

L'estomac est sain ou du moins il ne présente pas d'épaississement néoplasique. L'intestin n'offre pas, non plus, d'altération s visibles à l'œil nu. Mais le mésentère

est parsemé de petites tumeurs dures, blanchâtres, formées par des ganglions isolés ou réunis en amas. Une de ces tumeurs ganglionnaires, du volume d'une mandarine, comprime l'intestin d'une façon très nette à 1 2 centimètres au-dessous du pylore. L'intestin lui est adhérent et se trouve coudé à son niveau.

Les ganglions prévertébraux, hypertrophiés et fusionnés ensemble, forment une masse blanchâtre, dure, moulée sur les parties antérieure et latérale de la colonne vertébrale.

Au niveau de la cuisse droite, en plein quadriceps fémoral, on a trouvé une autre masse néoplasique, blanchâtre, dont l'aspect rappelle celui des tumeurs ganglionnaires. Elle mesure 10 centimètres de long sur 4 de, large.

La plèvre gauche contenait environ un litre de liquide hémorragique. Les deux feuillets en sont tapissés de fausses membranes rouges et épaisses, mais nulle part on n'y découvre de nodules néoplasiques.

L'examen attentif de tous les autres organes (foie, reins, cœur, poumons, cerveau, moelle), ne révèle pas d'autres lésions intéressantes. La moelle des os examinée au niveau de la diaphyse du fémur, ne présente pas d'altération évidente à l'œil nu.

En somme, Messieurs, le diagnostic de pseudo-leucémie a été pleinement confirmé par l'autopsie.

Nous avons, d'ailleurs, tenu à vérifier ces résultats par l'examen histologique des différents organes malades (rate, ganglions, muscle); partout les néoplasies ont présenté les caractères dulymphome.

Vous savez que le lymphome typique est constitué par un tissu adénoïde en tous points semblable à celui des ganglions lymphatiques. Il comprend deux parties

essentielles : l''un stroma réticulé, formé de fibrilles d'une extrême délicatesse ; 2° des cellules lymphatiques de petite taille (6 à 7 ij. 5), contenant un gros noyau fortement coloré et logées dans les mailles du réticulum.

A côté de cette forme typique, on admet une variété dite lympho-sarcomateuse — encore mal précisée — dans laquelle le tissu pathologique s'éloigne de la structure normale du tissu ganglionnaire, soit par le volume des cellules, soit par l'épaississement des fibrilles du réticulum. Celles-ci peuvent être remplacées par de véritables cloisons remplies d'éléments embryonnaires devenant en partie fibreux.

C'est à cette dernière variété qu'appartiennent les néoplasies observées chez notre malade.

Pour vous en convaincre, je vous conseille d'examiner d'abord les coupes d'un organe comme le muscle privé, à l'état normal, de tissu lymphoïde. Dans la rate et les ganglions lymphatiques, le tissu adénoïde néoformé se confond trop facilement avec le tissu adénoïde normal.

En examinant les coupes de la tumeur musculaire, vous remarquerez que le tissu néoplasique s'infiltre entre les fibres musculaires et les isole les unes des autres; par places même, vous verrez une fibre musculaire intacte, perdue au milieu d'une grande étendue de tissu lymphoïde. A un fort grossissement, ce tissu se montre formé par des cellules rondes, à noyau généralement unique et fortement coloré, contenues dans les mailles d'un réticulum à fibrilles épaisses, comme fibreuses. Le volume de ces cellules est variable ; quelques-unes d'entre elles dépassent les dimensions ordinaires des globules blancs du sang. La même struc- I ture se retrouve dans les ganglions et surtout dans la

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rate, où l'on est frappé de l'épaisseur des cloisons fibreuses. Toutes les néoplasies étaient, dans ce cas, si riches en tissu fibreux qu'on pourrait admettre qu'elles se rapportent à une forme spéciale à laquelle on donnerait volonliers le nom de /'orme fiùreuse dulymphoam.

Messieurs, je voudrais, en terminant, pouvoii' vous donner quelques renseignements sur la nature de celle singulière maladie. Malheureusement nos connaissances sur ce sujet sont encore très restreintes.

On a cherché à en faire une maladie infectieuse, mais les cultures du sang et du suc des organes sont restées stériles ou ont montré des organismes divers, résultant d'infections secondaires. Le germe pathogène, s'il existe, est encore à trouver. Si vous voulez bien tenir compte de la multiplicité des produits pathologiques, de l'apparition de ces néoplasies dans un grand nombre d'organes et de tissus (ici dans les muscles, parfois dans les testicules, les reins, le pancréas, etc.), vous serez amenés à rapprocher cette variété de lymphadénie des productions malignes, notamment de la sarcomatose. Il s'agirait donc d'une sorte de lymphomatose dont la gravité diffère peu de celle des cancers généralisés.

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