DURÉE
formes que peut revêtir la sclérose multiloculaire. Les forrarcérébrale et spinale correspondent à un envahissement inconj plet des centres nerveux par la sclérose : c'est, si l'on veut, 1;; maladie arrêtée dans son développement, dans sa progression, soit ascendante, soit descendante. La série symptomatologique s'en trouve pour ainsi dire écourtée ; mais les symptômes, considérés isolément, n'en sont pas pour cela modifiés. La première foi-me est très rare, la seconde assez fréquente, au contraire, mais, en somme, la forme céréhro-sxdnale représente le type normal, celui que nous rencontrons le plus souvent dans la clinique.
La sclérose multiloculaire cérébro-spinale accomplit, en grand, son évolution totale dans l'espace de six à dix années • : cela établit un nouveau contraste avec la paralysie agitante dont la durée normale est beaucoup plus longue. La forme spinale laisse habituellement plus de répit ; elle peut ne se terminer qu'au bout de vingt ans et même plus tard encore-.
PHYSIOLOGIE pathologique; ÉTIOLOGIE ; PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Pour terminer cette étude, il me resterait. Messieurs, à vous entretenir de la physiologie pathologique, de l'étiologie, et
1 II est assez difficile d'établir, quant à présent, la durée moyenne de la sclérose en plaques. Dans un premier relevé (Bourneville et Guérard, loc. cit., p. 148) comprenant 17 cas, nous avons trouvé une moyenne de 8 à 10 ans. Dans une statistique portant sur 13 cas nouveaux, nous avons obtenu une moyenne de 7 ans et demi. Le minimum de la durée de la maladie a été un an (cas de M. Malherbe. In Journal de médecine de VOuest, 1870, p. 168, et Buschwald. TJeber multiple Sklerose des Eirns und RûcAenmarks, in DeiUsches Archiv. fSr Klin. Mcdicin., c. X, fas. IV et v, p. 478 ; 1872). Le maximum a été de 16 à 17 ans (B.j.
- Dans trois cas de sclérose en plaques disséminées, avec prédominance des lésions dans les cordons postérieurs, la maladie a duré onze, vingt-un et vingthuit ans. (Bourneville. — Nouvelle étude sur pielques points de la sclérose en plarpies disséminées, 1869.)
enfin du traitement de la sclérose multiloculaire des centres •nerveux. Malheureusement les documents que je pourrai invoquer relativement à ces divers points sont peu nombreux, imparfaits encore pour la plupart, et j'en serai réduit, par conséquent, à vous présenter quelques remarques très sommaires.
A. La raison du mode de répartition si singulier qu'affectent les îlots scléreux dans les diverses parties du système nerveux central, nous est, quant à présent, complètement inconnue. M. Rindfleiscli ' a avancé que le point de départ de la formation des foyers de sclérose serait dans le système vasculaire. Suivant lui, l'inflammation des parois des petits vaisseaux qu'on rencontrerait toujours au centre des plaques en voie de formation serait le fait initial ; de ce point central, l'irritation se propagerait au réticulum de la névroglie et rayonnerait dans toutes les directions. Evidemment ce ne serait, là encore, que .reculer la difficulté. D'ailleurs, ce rôle prédominant accordé aux vaisseaux dans l'évolution du processus morbide n'est rien moins que démontré. Je suis même très disposé à croire, d'après mes propres observations, que les altérations des vaisseaux et celles du réticulum marchent du même pas, parallèlement, sans s'influencer réciproquement.
' Quoi qu'il en soit, étant donné le siège des îlots sclérosés dans les divers départements des centres nerveux, peut-on en déduire la production des phénomènes dont l'ensemble constitue la symptomatologie de la sclérose en plaques ? Cela est possible au moins en partie. Déjà nous vous avons fait remarquer que l'incoordination motrice, la perte de la notion de position, les douleurs fulgurantes qui s'observent dans un certain nombre de cas, peuvent être, dans ces cas-là rapportées à l'envahissement
* E. Rinclfleisch. — Histol. Détail m àer grauen Degeneration von Geliirn und Mikkenmarck {Virchow's Archiv, 1863, t. XXVI, p. 474).