‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 110 sur 203 · CAUSES : SEXE · texte numérisé non relu

CAUSES : SEXE

des faisceaux postérieurs de la moelle épinière dans une certainrétendue en hauteur. D'un autre côté, la prédominance habituelle des plaques de sclérose sur le trajet des cordons antéro-latéraux rend compte, ainsi que je vous le démontrerai bientôt, de l'existence à peu près constante de la parésie ou de la paralysie des membres, suivies tôt ou tard de contracture permanente. Le nystagmus, l'embarras de la parole, sont en rapport avec la localisation habituelle des plaques dans l'épaisseur de la protubérance et du bulbe. Mais un grand nombre d'autres symptômes sont d'une interprétation beaucoup plus difficile. Tel est, entre autres, le tremblement particulier qui se manifeste dans certaines attitudes du corps et dans l'exercice des mouvements volontaires. J'ai exprimé l'opinion que la longue persistance des cylindres axiles, dépouillés de leur enveloppe de myéline, au sein des foyers sclérosés, joue peut-être ici un rôle important ; la transmission des impulsions volontaires s'opérerait encore par la voie de ces cylindres dénudés, mais elle aurait lieu d'une façon irrégulière, saccadée, et ainsi se produiraient les oscillations qui troublent l'exécution des mouvements intentionnels.

Cette résistance des cylindres axiles n'est certainement pas un phénomène exclusivement propre à l'induration multiloculaire ; mais elle se montre là plus prononcée que dans les autres formes de la sclérose des centres nerveux. Elle peut être invoquée encore, je crois, pour rendre compte de la lenteur avec laquelle les symptômes parétiques progressent dans la sclérose en plaques, et du long espace de temps qui s'écoule avant l'époque où ils font place à la paralysie complète et à la contracture permanente.

B. Ce que l'on sait concernant les conditions qui président au développement de la sclérose en plaques se réduit à fort peu de chose. Il paraît établi toutefois, dès à présent, que la maladie est beaucoup plus commune chez les femmes que chez les hommes.

CAUSES : âge; hérédité 209

Ainsi, parmi les cas que j'ai rassemblés dans mes premières études, trois ou quatre seulement concernent des hommes. Les faits qui ont été publiés depuis lors n'ont pas modifié, d'une manière sensible, ce résultat. En réunissant aux dix-huit cas qui figurent dans la monographie de MM. BourneYille et Guérard, 16 cas nouveaux, nous avons un total de 34 cas, dont 9 hommes et 25 femmes.

De ces mêmes documents, il ressort que c'est là une maladie de la jeunesse ou de la première moitié de l'âge adulte. On l'a observée chez des sujets âgés de 14, 15, 17 ans ^ Mais elle parait débuter le plus souvent entre 20 et 25 ans. Rarement elle apparaît après 30 ans. L'âge de 40 ans semble être d'un autre côté la dernière limite que puissent atteindre les sujets atteints de sclérose en plaques.

Relativement à l'influence héréditaire, nous n'aurions à citer qu'un seul exemple où elle ait paru jouer un certain rôle. Cet exemple nous a été communiqué par M. Duchenne (de Boulogne),

Dans les antécédents pathologiques des malades eux-mêmes nous n'avons à relever en général que des indices très vagues : l'hystérie y figure dans quelques cas; mais, le plus souvent, on ne trouve mentionnés que des accidents névropathiques

' Dans un travail de M. Leube [Ueier multiple inselforming Sklerose des Gehirns und Bûckenmarks, in Dcutsches Archiv, 8, Bd. 1 heft, 1870, p. 14) nous trouvons une observation qui concerne un enfant qui présenta les premiers symptômes de la sclérose en plaques disséminées à l'âge de 7 ans. Elle mourut à Tàge de 14 ans et demi. Résumé: nystagmus léger; paralysie faciale droite; ataxie très prononcée des extrémités, surtout à gauche ; tremblement de la tête ; parole difficile ; atrophie des jambes. — Autopsie: Sclérose du pont de Varole et de ses annexes, presque générale à droite, disséminée à gauche. Le cerveau et le cervelet, dans leurs couches corticales, sont le siège d'une double dégénérescence jaune-blanchâtre ou gris d'acier, tantôt diifuse, tantôt en plaques disséminées. Dans la moelle — et principalement la moelle allongée — la sclérose occupe, en première ligne, les cordons postérieurs, puis les cordons latéraux, enfin les cordon» antérieurs (B.).

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