SIMULATION
Avant de vous placer en mesure de juger par vous-mêmes si ma conversion a été trop précipitée, permettez-moi de recliercher avec vous les principales circonstances qui ont fait que certains auteurs passent entièrement sous silence l'iscliurie hystérique, tandis que d'autres la citent uniquement pour la reléguer au nombre des chimères.
1° En premier lieu, il convient de remarquer que l'ischurie hystérique est un phénomène rare, du moins sous sa forme très accentuée, car il est possible, nous l'avons déjà dit, que souvent l'ischurie légère demeure inaperçue.
a. Ainsi M. Laycock, qui a consulté partout, n'a pu aligner que 2T cas, sur lesquels deux seulement lui appartiennent.
6. Ajoutons qu'une critique un peu sévère réduirait encore très certainement ce chiffre. La majeure partie des observations est très ancienne (seizième et dix-septième siècle) et elles ne présentent pas le caractère de précision que nous exigeons à notre époque. D'autres sentent l'imposture d'une lieue. A qui fera-t-on croire, par exemple, qu'une femme puisse rendre par l'oreille, en 24 heures, 2400 grammes d'un liquide qui, soumis à l'analyse, contenait de l'urée? Et ceci n'est pas tout : la même femme rejetait simultanément par le nombril un liquide analogue qui s'écoulait par jet : « spirted out », c'est l'expression qu'emploie le rédacteur de l'observation. Et cependant tous ces détails, et bien d'autres encore, sont consignés avec l'apparence du plus grand sérieux dans The American Journal of ihe médical Scietîce (1828). Autorisez-moi, je vous prie, à passer sous silence le nom du médecin qui a pris ce fait sous sa responsabilité.
2° Ceci m'amène à vous dire un mot de la simulation. On la rencontre à chaque pas dans l'histoire de l'hystérie, et l'on se surprend quelquefois à admirer la ruse, la sagacité et la ténacité inouïes que les femmes, qui sont sous le coup de la grande névrose, mettent en œuvre pour tromper, .... surtout lorsque la