THÉORIE ANGLAISE
Les médecins du siècle dernier avaient déjà remarqué ces faits exceptionnels. Borsieri, entre autres, raconte l'histoire d'un malade qui, trois mois auparavant, avait été frappé d'apoplexie et chez lequel l'anesthésie existait encore quoique la motilité fût revenue. Il cite quelques autres observations du même genre, empruntées à divers auteurs ^
Des faits analogues ont été rapportés par Ahercrombie, Andral, plus récemment par Hirsch, Leubuscher, Broadbent, H. Jackson - et surtout par L. Tiirck. Seul, ce dernier a su donner, relativement au siège que les lésions encéphaliques occupent dans ces cas-là, des notions décisives.
Presque toujours, lorsque l'hémianesthésie se présente avec ces caractères, la couche optique est lésée d'une manière sinon exclusive' du moins prédominante (Broadbent, H. Jackson). En ce qui me concerne, j'ai vu l'hémianesthésie se surajouter à l'hémiplégie chez plusieurs sujets atteints d'hémorrhagie cérébrale et toujours alors j'ai rencontré à l'autopsie la lésion de la couche optique dont, pendant la vie, j'avais cru pouvoir annoncer l'existence.
Faut-il, Messieurs, induire de ce qui précède que la lésion de la couche optique est la véritable cause organique de l'hémianesthésie observée dans tous ces cas? C'est là une question qui mérite de nous arrêter.
Je suis ainsi amené à vous parler de la théorie physiologique qu'on pourrait appeler inéorie anglaise, puisque ce sont deux auteurs anglais, Todd et Carpenter, qui l'ont, les premiers, je crois, émise et soutenue. D'après cette théorie, la couche optique serait le centre de perception des impressions tactiles : elle répondrait, en quelque sorte, aux cornes postérieures de la
* Borsieri. — Inst. pract., vol. III, p. 76.
» H. Jackson. — Note on the Functions of tle opic Talamus. In London Eosfital Reports, 1806, t. III, p. 373.