‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 149 sur 203 · CONTRACTURE HYSTÉRIQUE : PRONOSTIC · texte numérisé non relu

CONTRACTURE HYSTÉRIQUE : PRONOSTIC

culée - ces cordons, dis-je, sont désignés comme étant le siège de modifications organiques, d'abord temporaires, et qui donneraient lieu aux contractures hystériques. A la longue, ces modifications, quelles qu'elles soient, font place à des altérations matérielles plus profondes : une sclérose véritable s'établit. Peut-être n'est-elle pas au-dessus des ressources de l'art ; mais dans tous les cas, elle ne permet très certainement plus d'espérer cette brusque disparition des contractures qui constitue un des caractères les plus frappants de la maladie lorsqu'elle n'est pas parvenue encore aux phases les plus avancées de son évolution.

Existe-t-il quelque signe qui permette d'indiquer, à coup sûr, le caractère du cas, de savoir par exemple si la sclérose à définitivement ou non élu domicile dans les cordons latéraux ? Je ne crois pas. Messieurs, que l'on puisse, dans l'état actuel de la science, signaler un seul symptôme qui présente à cet égard une valeur pronostique absolue.

La trépidation convulsive des membres contracturés, provoquée ou survenant spontanément {épilepsie spinale tonique),

tracture se complique d'un tremblement presque constant [éj^ilepsie spinale). — iJu 10 au 23 octobre, la situation reste la même, malgré l'apparition d un accès hystero-epileptique.

octobre. Crises convulsives dans lesquelles l'hystérie prédomine. Durant la deuxième crise, les personnes qui maintenaient la malade, de peur qu elle ne se Messat, ont senti la jambe droite, qui jusqu'alors avait toujours été dans lextension, se fléchir brusquement sur la cuisse et lorsque la malade est revenue à elle la contracture avait cessé. Chat... a conservé pendant quelques jours un certain degré de faiblesse dans le membre inférieur droit, principalement dans le pied gui se renversait en dedans. ri

Novembre. Berthe marche sans boiter; le pied droit se renverse encore quelquefois en dedans et la pointe du pied bute, par instants, contre le pied gauche. Parfois aussi, la jambe droite est prise d'un tremblement qui dure cinq à six minutes et auquel succède une sorte d'engourdissement qui se prolonge en général pendant toute la journée : Alors, je ne sens plus ma jambe, dit la malade.

■1873. La faiblesse musculaire a diminué progressivement. Aujourd'hui (8 juil- ■ let), Chat. . . est aussi forte d'un côté du corps que de l'autre ; Thémianesthésie et la douleur ovarienne droites n'ont pas changé. Ce fait nous montre une fois de plus que la paralysie hystérique avec contracture peut disparaître subitement sans le secours d'aucune intervention. (B.)

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un certain degré d'émaciation des masses musculaires, un peu d'amoindrissement dans l'énergie de la contractilité électrique, rne devraient pas, si j'en juge d'après les observations qui me -sont propres, faire désespérer complètement de voir la contrac- Iture disparaître sans laisser de traces. Au contraire, l'atrophie I limitée plus particulièrement à certains groupes de muscles, •surtout s'il s'y joignait des contractions fibrillaires, analogues à celles qu'on observe dans l'atrophie musculaire progressive ou lun affaiblissement très notable delà contractilité faradique, I devrait faire supposer non seulement que les cordons latéraux •sont profondément lésés, mais, que, en outre, les cornes antéirienres de la substance grise ont été envahies. Je n'ai observé, j jusqu'à présent , ces derniers symptômes que dans des cas de . contracture hystérique de date très ancienne et qui ne laissaient iplus guère d'espoir de voir les membres affectés reprendre jamais leurs fonctions normales.

J'ajouterai enfin que l'existence d'une lésion organique spi- : nale plus ou moins profonde serait mise à peu près hors de ( doute si, sous l'influence du sommeil déterminé par le chloro- Iforme, la rigidité des membres ne s'effaçait que lentement ou ] persistait même à un degré prononcé .

A mon avis, tant que ces symptômes rie çont pas nettement . accusés, il ne faut désespérer de rien. Il importe, d'ailleurs, de 1 ne pas oublier que la sd^rose latérale, alors même qu'elle est ! parfaitement établie, n'est pas, tant s'en faut, j'espère vous en I donner bientôt la preuve, une affection incurable.

Chez les malades sur lesquels je viens d'appeler votre attention, la contracture occupait soit la totalité d'un membre, soit ; même deux membres, ou plus encore. Mais il est des cas où la I rigidité spasmodique reste limitée à quelque partie d'un mem- Ibre, au pied par exemple et produit une sorte de pied dot hystéirique {Talipedal Distorsions de T. Laycock). Tout récemment Ile docteur R. Boddaerta communiqué à la Société de médecine

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de Gand» un cas de ce genre fort intéressant. La contracture avait donné lieu à la déformation connue sous le nom de pied bot varus. Des faits analogues ont été recueillis et publiés par le docteur Little -, par C. BelP, par M. F.-C. Skey* et par quelques autres auteurs.

Si je ne me trouvais retenu par certaines convenances, je pourrais, Messieurs, rapporter à mon tour dans tous ses détails l'histoire d'un cas qui rappelle celui qu'a publié M. Boddaert.

Qu'il me suffise de vous dire qu'une jeune fille, âgée actuellement de vingt-deux ans, très nerveuse et appartenant à une famille où les affections nerveuses prédominent, fut prise, il y a trois ans, tout à coup, sans cause connue et sans avoir offert jusque-là de symptômes caractérisés d'hystérie, d'une contracture douloureuse des muscles de la jambe gauche. Cette contracture, qui imprime au pied l'attitude du varus équin le plus accentué, avait cédé d'abord, pendant la première année, à plusieurs reprises ; mais, depuis près de deux ans, elle paraît définitive (juin 1810).

Plusieurs des muscles de la jambe ont subi une atrophie profonde ; ils présentent , de plus , des contractions fibrillaires très accusées et répondent mal aux excitations électriques. Je crois, par conséquent, qu'il y a peu de chances de voir la contracture se résoudre, d'autant plus qu'elle ne s'amende que ti^ès imparfaitement durant le sommeil produit par le chloroforme. Je signalerai encore une particularité fort intéressante, au point de vue clinique : chez cette jeune malade, les attaques hystériques se sont manifestées seulement dans le courant des derniers mois . . .

^ Annales de la Société de médecine de Gand, \8o9, p. 93.

- A Treatise on the Nature and Treatment of club Foot and analog. Dis ioniens. London, 1839, Case 25.

^ The nci'vous System ofthe hman Body, 3" édit. 1836, case 177. Hijsteria, etc. Sios Lectures dilivercd to the Studeiits of St-Bartholomeu-'s Eospital. 1866, 3« édit. London, 1870, p. 102.

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