‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 161 sur 203 · CARACTÈRES DES MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES MOUVEMENTS

alors le membre inférieur, rigide dans toutes ses parties, est fortement appliqué sur le matelas.

La flexion des deux membres [Fig. 28) commence à se produire aussitôt que se prononce le redressement du tronc, et elle s'accentue progressivement du même pas que celui-ci. Lorsque la révolution est accomplie, c'est-à-dire au moment où la tète

Fig. 27. — Dessinée par P. Richer, d'après un croquis fait sur nature

par M. Charcot.

et le tronc, complètement étendus, retombent sur l'oreiller, l'avant-bras est fortement fléclii sur le bras, la main sur l'avantbras, et les doigts fléchis eux-mêmes arrivent à toucher l'épaule par leurs extrémités. Simultanément, et dans la même proportion, la cuisse s'est fléchie sur le bassin, la jambe sur la cuisse, de façon que le talon s'est mis presque en contact avec la fesse correspondante. Cette attitude de flexion forcée des membres ne dure qu'un instant, car elle fait bientôt place au mouvement d'extension. Celui-ci s'accuse de plus en plus, à mesure que la flexion de la tête et du tronc, qui a recommencé à se produire, s'accentue davantage.

Telle est la série de phénomènes qui, depuis une dizaine de jours, se reproduit, d'une façon monotone, avec une régularité

.'lOO CARACTÈRES DES MOUVEMENTS

presque mathématique, sans cesse et sans trêve, nuit et jour, si ce n'est cependant durant les 'quelques heures où survient le sommeil. Au moment du réveil, il se manifeste un' fait très cu-

Fig. S8. — Dessinée par P. Richer, d'après un croquis fait sur nature

par M Charcot.

rieux sur lequel je reviendrai dans un instant. Les membres qui, durant la veille, sont incessamment agités de mouvements alternatifs de flexion et d'extension, se montrent pendant quelques instants, le membre inférieur surtout, le siège d'une rigi-

Fig. S9. — Dessinée par P. Richer.

dité musculaire, qui rappelle la contracture hj'^stérique. Mais cette rigidité est transitoire, de très courte durée, et bientôt recommence la série des mouvements d'extension et de flexion.

Remarquez que les membres du côte droit sont seuls agités de ces mouvements ; ceux du côté gauche restent tout à fait libres.

parole; démarche, etc. ^ai Ainsi, de la main gauclie, malgré les grandes oscillations du tronc, la malade peut, avec assurance, porter à sa.bouqlie, sans répandre une goutte du liquide, un verre rempli d'eau ; elle peut encore, de cette main, tracer sur le papier quelques caractères, et écrire même son nom très lisiblement.

Quelques nouveaux détails sont nécessaires pour compléter le tableau dont l'esquisse vient d'être tracée.

Examinez avec attention ce qui se passe du côté de la face au moment où la tête et le tronc se renversent en arrière ; vous voyez qu'en cet instant la commissure labiale droite est momentanément tirée en deliors et à droite. La déviation cesse au moment même où la tête s'infléchit 'en avant. Il se produit ainsi une grimace intermittente et rythmée fort singulière. Si dans le temps où cette grimace se- produit vous priez la malade d'allonger la langue, de la sortir de la bouche, vous constatez que la pointe de l'organe se porte très fortement vers la droite. Des mouvements involontaires de la langue, dans cette même direction, se produisent à chaque instant dans la bouche et, comme ils coïncident avec la déviation de la commissure labiale, il en résulte une grande gêne dans la prononciation. Les mots sont coupés, scandés, altérés par un « zézaiement » très accentué ; ehau-chon est prononcé au lieu de chausson, chan-chon au lieu de chanson.

Nous allons, pour en finir avec cette étude descriptive faite sur nature, prier la malade de SO' lever ; les mouvements involontaires sont, vous le voyez, tout aussi prononcés dans la station verticale qu'ils l'étaient dans la situation horizontale. La jeune malade ne peut se tenir debout sans s'aider du bras- gauche qu'elle appuie sur le lit. Avec le secours d'une personne étrangère, elle peut faire quelques pas en avant ; elle progresse alors avec un balancement rythmé du corps, un mouvement cadencé des membres du côté droit qui rappellent assez, bien la. danse

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