SCLÉROSE EN PLAQUES DISSÉMINÉES
tivement à ce qui existait il y a deux ans, il n'y a pas de tremblement de la tête ni de nystagmus. En un mot, on remarque chez cette malade une amélioration considérable des symptômes céphaliques.
Cette malade nous offre donc un cas de sclérose en plaques fruste dans la forme spinale. Elle nous montre aussi, que la sclérose en plaques peut, parfois, subir des temps d'arrêt considérables dans son évolution. Chez la malade, dont nous allons parler maintenant et dont l'observation a été communiquée à M. Cbarcot par le docteur E. Wilson, l'amélioration a été^ plus accusée et a porté non-seulement sur quelques symptômes, comme dans le cas précédent, mais sur tous les symptômes.
A. S., âgée de 9 ans (1876), a été prise, à 5 ans, de vertige et de diplopie et quelques jours après de strabisme de l'œil gauche. Ce dernier symptôme a bientôt disparu. Un mois après le début, on voit survenir, du jour au lendemain, du tremblement des membres inférieurs. A 7 ans, l'enfant marchait comme une personne ivre. Puis, la tête et les membres supérieurs sont envahis. La malade est incapable de se tenir debout, on observe le tremblement spécial des mains à l'occasion des mouvements. Quand on veut la lever, le corps entier est agité de secousses rhythmiques tellement violentes que l'on est obligé de la recoucher. La parole est lente, les mots sont scandés, il y a du nystagmus. •
Trois ans après le début (fin 4 875), la diplopie et l'embarras de la parole ont cessé. Le tremblement des mains a diminué. La malade peut s'asseoir sur son lit.
Actuellement (fin 1876), l'amélioration est encore beaucoup plus sensible. La malade commence à écrire un peu ; elle voit beaucoup mieux, peut se tenir debout, marcher seule et même faire une promenade d'un mille et cela pour ainsi dire sans tremblement. Celui-ci reparaît encore quelquefois quand la malade est émotionnée.
Cette observation vient justifier les réserves émises par M. Charcot {p. 211), en ce qui concerne le pronostic de la sclérose en plaques. L'explication est plus difficile à donner. Toutefois, la résistance que les cylindres axiles opposent à l'envahissement de la lésion, môme aux périodes avancées de la maladie, résistance que M. Charcot a cru pouvoir invoquer pour rendre compte de la lenteur avec laquelle les symptômes parétiques progressent, permettrait peut-être aussi d'expliquer cette possibilité du retour des fonctions. (B.)
APPENDICE
Des troubles de la vision chez les hystériques.
(Voir Leçon X).
Dans une de ses dernières conférences à la Salpêtrière , M. Charcot a appelé l'attention de ses auditeurs sur quelques-uns des troubles de la vision qui s'observent le plus habituellement chez les hystériques. Aux faits de cette catégorie, déjà exposés par lui dans diverses circonstances et qu'il a rappelés, il en a ajouté d'autres qui n'ont pas encore été signalés.
M. Briquet, on le sait, a depuis longtemps mentionné l'existence de divers phénomènes morbides qui occupent l'œil du côté où siège l'hémianesthésie : de ce côté, « la malade voit mal, les objets ne dessinent pas nettement leur image; les draps du lit et le papier paraissent gris, les caractères d'un livre ne semblent pas d'un beau noir et ils sont souvent si peu distincts que les malades ne peuvent pas les lire; elles voient sur le livre du gris plus foncé sur du gris moins foncé.... Lorsque l'anesthésie est portée au dernier degré, elle donne lieu à l'amaurose »
On doit à M. Galezowski d'avoir montré que ce genre d'amblyopie s'accompagne régulièrement de dyschromatopsie ou d'achromatopsie, c'est-à-dire d'une distinction défectueuse ou absolument nulle des couleurs.
Il est remarquable que cette perversion du sens de la vue, en ce qui concerne la notion des couleurs, s'opère suivant certaines règles, certaines lois que M. Landolt a bien fait connaître à la suite de recherches entreprises sur les malades du service de M. Charcot.
' Traité cliniq. et thérap. de l'hystérie, p. 293.