‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 174 sur 203 · DES TROUBLES DE LA VISION CIIEZ LES HYSTÉRIQUES · texte numérisé non relu

DES TROUBLES DE LA VISION CIIEZ LES HYSTÉRIQUES

OÙ, placée sous le coup de l'aura prémonitoire, elle est menacée d'une attaque convulsive et disparaîtra après l'attaque aussi vite qu'elle s'était produite. Une amaurose absolue portant sur les deux yeux pourra aussi s'établir momentanément à la suite de l'attaque (Observ. de Lero...') en môme temps que l'anesthésie, dépassant ses limites habituelles, aura envahi toute l'étendue du corps. Il peut également arriver que l'amaurose monoculaire ou la cécité complète se développera spontanément, brusquement ou progressivement sans avoir été précédée par l'orage convulsif (Obs. de Marc... "-). En somme, ainsi qu'on l'a fait pressentir, l'amaurose complète, portant sur les deux yeux, est, dans l'hystérie, un fait relativement rare. Briquet ne l'avait rencontrée que trois fois [Loc. cit., p. 293). Il cite comme des faits exceptionnels les cas relatés par Pomme, Allègre, Landouzy. M. Charcot ne l'a guère observée plus souvent que M. Briquet. Au contraire, la dyschromatopsie, l'achromatopsie et même l'amaurose complète d'un œil, celui qui correspond au côté où siègent l'hémianesthésie et l'ovarie sont des phénomènes, en pareils cas, vulgaires.

Une combinaison très intéressante au point de "vue clinique et que M. Charcot a rencontrée plusieurs fois est la suivante : La malade présente d'un côté, le droit par exemple, seulement un peu d'analgésie sur le tronc et les membres, tandis que sur la face du même côté l'anesthésie est très accentuée, complète. En même temps, l'achromatopsie est absolue pour les deux yeux, ou tout au plus la malade perçoit-elle de l'œil gauche, et . encore seulement par moments, les couleurs périphériques, à savoir le bleu et le jaune. Cette combinaison s'est présentée entre autres d'une façon très nette chez une jeune malade, hystérique, adressée à M. Charcot par M. le docteur Fieuzal, et qu'il a montrée dans son cours. Dans ces cas, le rétrécissement, en quelque sorte normal dans l'espèce, du champ visuel pour les couleurs de l'œil relativement sain, s'est exagéré, comme on voit, au point — et c'est en cela que l'anomalie consiste — d'égaler presque le rétrécissement de l'œil primitivement et

1 Bourneville. — Recherches cliniques et thérapeutiques sur Vépilepsie et l/hystérie, p. 137, 143 et 166.

^ Voir l'obs. complète dans : Bourneville et Regnard. — Iconographie phot. de la Salpôtrière, t. I, p. 129-151.

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principalement affecté. Cette anomalie montre, si l'on peut ainsi dire, la voie pour l'interprétation de certaines amauroses hystériques, dans lesquelles l'existence del'hémianesthésie et de quelques autres symptômes permanents fondamentaux de la diatlièse ferait défaut ou serait peu accentué.

Tout remarquables qu'ils soient, il importe de le relever ces symptômes de l'amblyopie hystérique, à part toutefois la mobilité très fréquente et la concomitance à peu près nécessaire d'autres phénomènes propres à la diathèse, n'appartiennent cependant pas en propre à l'hystérie. C'est là un point sur lequel M. Charcot a, depuis longtemps, beaucoup insisté. II a montré en effet » que tous se retrouvent, avec leurs nuances variées, dans l'amblyopie monoculaire avec liémianestliésie sensorielle et sensitive, relevant des lésions en foyer du cerveau qui siègent dans les parties postérieures de la capsule interne, sur le point qu'il a désigné dans ses leçons sous le nom de carrefour se7isi- UP] même diminution de l'acuité visuelle, même rétrécissement concentrique et général du champ visuel pour les couleurs, marqué dans les deux yeux, mais prédominant beaucoup dans l'œil du côté opposé au siège de la lésion intra- encéphalique ; même absence de lésions du fond de Toeil appréciables à l'ophthahnoscope. Les divers caractères de ce genre d'amblyopie appartiennent donc, on le voit, à l'hémianesthésie cérébrale en général, et non pas à l'hémianesthésie hystérique en particulier. On comprend l'intérêt qu'offre cette relation, non-seulement au point de vue pratique mais encore au point de vue théorique. En effet, le siège qu'occupent les lésions organiques en foyers capables de déterminer la production de Vhémianesihésie totale — sensorielle et sensitive — de cause cérébrale, semble désigner tout naturellement le siège que doivent occuper les lésions non appréciables par nos moyens actuels d'investigation, dynamiques comme on les appelle encore quelquefois, qui tiennent sous leur dépendance l'hémianesthésie correspondante des hystériques.

Ces dernières lésions, en conséquence, siègent vraisemblablement, soit sur les fibres mêmes qui traversent le carrefour

* J^^Qons sur les Localisations dans les maladies du cerveau, p. 119, » Leçons sur les Localisations, p, 100 et 104,

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