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DES TROUBLES DE LA VISION CHEZ LES HYSTÉRIQUES

tre d'une façon habituelle dans l'hystéro-épilepsie (Ilysteria major] et aussi fréquemment, dans l'hystérie vulgaire {Ilysteria minor). Bien d'autres troubles visuels peuvent s'observer encore dans ces mêmes circonstances, mais ils y sont beaucoup plus rares : tels sont les défauts d'accommodation, certaines formes de diplopie, etc. ; tel est surtout le cas que présentait une malade adressée par M. Galezowski et sur lequel ce dernier, à l'invitation de M. Charcot, est entré devant l'auditoire dans quelques développements dont on trouvera la substance dans le Progrès mêclical (1878, n° 5.)

APPENDICE

Description de la grande attaque hystériqué ' .

(Voir Leçon XIII).

I. Les auteurs reconnaissent deux espèces d'hystéro-épilej)sie : Vhysiéro-épilepsie à crises distinctes, dans laquelle les symptômes de l'hystérie et de Tépilepsie se manifestent séparément dans des crises qui ne se confondent jamais et qui sont tantôt des attaques d'hystérie, tantôt des accès d'épilepsie ; Vhystéro-épilepsie à crises mixtes dans laquelle les signes de l'hystérie et de l'épilepsie apparaîtraient mélangés ; ces crises mixtes portent depuis longtemps parmi les emploj^ées dans le service spécial de la Salpêtrière le nom assez significatif d'attaques-accès 2 .

Il ne sera question ici que de la secende forme d'hystéroépilepsie, c'est-à-dire de l'hystéro - épilepsie à crises mixtes. M. Charcot défend depuis longtemps l'opinion qui ne voit dans l'hystéro-épilepsie à crises mixtes, que le degré le plus intense de l'hystérie, et pour éviter toute confusion, il propose d'appeler Jiysteria major cette forme de la maladie ; l'épilepsie ne serait là, d'après lui, que dans la forme, elle ne serait pas dans le fond des choses. C'est Vhysté^He épilepti forme de Louyer-Villermay.

Les attaques convulsives qui se voient dans l'hystéro-épilepsie ainsi entendue ont été considérées longtemps comme un mélange confus de phénomènes les uns hystériques, les autres épileptoïdes, enchevêtrés d'une façon inextricable, et échappant par cela même à toute description méthodique et régulière.

* Compte-rendu par P. Richer.

* Les crises convulsives de l'hystérie s'appellent attaques; le mot accès est réservé pour les crises épileptiques. Quelle est l'origine de celte nomenclature, à quelle époque remonte-t-elle? On l'ignore absolument.

M. Cliarcot, contrairement à cette opinion, s'attache à démontrer que tous ces phénomènes, en apparence, si désordonnés et si variables de l'attaque d'hystéro-épilepsie, se développent suivant une règle, une loi. Il décrit d'après nature un type représentant Vattaque complète, sorte d'étalon auquel peuvent être rattachées, dans" leurs variétés nombreuses, les attaques frustes, incomplètes ou anormales.

Description de Vattaque complète. — L'attaque complète se compose de quatre périodes; elle est précédée de prodromes.

a) Quelques jours à l'avance, la malade est prise de malaises, d'inappétence, de vomissements. Elle devient taciturne, mélancolique, ou est en proie à une excitation qui rend la surveillance parfois très difficile. L'hémianesthésie augmente d'intensité. L'insensibilité s'étend quelquefois aux deux côtés du corps, souvent, elle résiste à l'action des agents sesthésiogènes (applications métalliques, aimant, etc., etc.), qui la modifiaient plus ou moins rapidement dans les conditions ordinaires. L'amj^osthénie augmente également. Les hallucinations de la vue sont plus fréquentes; elles consistent d'ailleurs surtout en visions d'animaux, chats, rats, vipères, corbeaux, etc.. La zone hystérogène est plus sensible; il suffit d'une légère excitation des téguments sur cette zone pour faire éclater les convulsions. On voit souvent survenir des crampes, du tremblement limité à un membre, ou des secousses générales, accompagnées de vertige, et qui ont de grandes analogies avec ce que Herpin, dans le domaine de l'épilepsie, appelle commotions épileptiques.

Bientôt se montrent les phénomènes de l'aura hystérique qui précèdent immédiatement l'attaque et qui apparaissent en général dans l'ordre suivant : douleur ovarienne », irradiations*' vers l'épigastre, palpitations, sensation du globe hystérique au cou, sifflements d'oreille, sensation de coups de marteau dans la région temporale, annihilation de la vue. Puis la perte de connaissance marque le début de l'attaque qui se déroule ainsi qu'il suit :

» Les malades auxquelles s'appliquent la présente description sont uour la presque totalité atteintes d'ovarie. ^

CnAncoT. T. I, 'i" cilii. 2^

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1<» Période épileptoïde. — Elle peut ressem])ler et ressemble le plus souvent à s'y méprendre à l'attaque d'épilepsie vraie : convulsions toniques, cloniques, puis stertor. Mais, malgré ces apparences, deux faits prouvent péremptoirement que l'épiiepsie n'est là que pour la forme : 1° la compression ovarienne peut arrêter plus ou moins brusquement, bien entendu dans les cas où Yovarie existe, les convulsions à quelque moment de la période épileptoïde qu'on la pratique ; 2° les interversions de courants électriques produisent le même effet. Il en est de même d'une forte friction exercée sur les points hystérogènes. Or, jamais aucun de ces moyens n'a pu, non-seulement enrayer, mais même atténuer les convulsions de l'épiiepsie vraie. Il y a lieu de diviser cette période épileptoïde en trois phases :

a] Phase tonique. — Elle débute le plus souvent par quelques mouvements de circumduction des membres supérieurs, en même temps que survient la perte de connaissance, l'arrêt momentané de la respiration, la pâleur puis la rougeur du visage, le gonflement du cou, la distorsion des traits de la face et quelquefois la protrusion de la langue. Le cri du début de l'attaque signalé par les auteurs se réduit le plus souvent à une inspiration sifflante et à quelques bruits gutturaux. Cette phase tonique se termine par l'immobilisation tétanique de tout le corps.

&) Phase clonique. — Les membres et tout le corps sont animés d'oscillations brèves et rapides dont l'amplitude augmente par degrés et qui se terminent par de grandes secousses généralisées. Les muscles de la face, anim.és des mêmes mouvements, la rendent horriblement grimaçante.

c) Phase de résolution. — La face demeure bouffie, les yeux sont fermés, tous les muscles sont dans la résolution la plus complète, la resph^ation devient stertoreuse.

MM. Regnard et Richer ont donné à l'aide du myographe de Marey, le tracé de cette première période de l'attaque'.

2° Période des contorsions et des gi^ands mouvements.

1 lEtudes graphiques Sicr Vattaque hyst&o-épileptique, par Regnard et Richer. [Revue mensuelle, septembre 1878.)

Clow7iisme. — Après un moment de calme assez court qui suit le stertor, la seconde période commence. Elle est constituée par deux ordres de phénomènes distincts : les contorsions et les grands mouvemeMts. Les contorsions consistent en des attitudes bizarres qui ne semblent soumises qu'à la loi de l'étrange, de rimpossible et de l'illogique. Ces attitudes sont fort variées, l'une des plus communes est Yarc de cercle : la malade est courbée en arrière, les pieds et la tête reposent seuls sur le lit, le ventre formant le sommet de la courbe.

Les grands mouvements consistent le plus souvent en des oscillations rapides et étendues de toute une partie du tronc ou des membres seulement. Le plus fréquent des grands mouvements est celui-ci : la malade se redresse comme pour se remettre sur son séant ; sa tête s'abaisse jusqu'au niveau de ses genoux, puis elle se renverse brusquement en arrière, en heurtant violemment l'oreiller. Ce mouvement se répète jusqu'à vingt fois de suite ; il est souvent précédé ou interrompu par des cris automatiques dont le timbre perçant rappelle le sifflet de chemin de fer. D'autres fois, ces grands mouvements sont complètement désordonnés, la malade semble lutter contre un être imaginaire ou essaie de se débarrasser des liens qui la retiennent. Elle pousse des cris affreux, elle est prise d'une sorte de rage qui la porte à se frapper, à se mordre ou à s'arracher les cheveux.

3° ^Période des attitudes passiomielles. — L'hallucination préside manifestement à cette troisième période. La malade entre elle-même en scène et par la mimique expressive et animée à laquelle elle se hvre, les phrases entrecoupées qui lui échappent, il est facile de suivre toutes les péripéties du drame auquel elle croit assister et où elle joue souvent le principal rôle. Deux ordres d'idées bien différents se partagent ordinairement les hallucinations de la malade ; le tableau a deux faces, l'une gaie et l'autre triste : dans l'ordre gai, la malade se croit par exemple transportée dans un jardin magnifique, sorte d'Eden, cil souvent les fleurs sont rouges et les habitants vêtus de rouge. On y joue de la musique. La malade y rencontre l'objet de ses rêves ou de ses affections antérieures et les scènes érotiques suivent quelquefois. — Les tableaux tristes sont des incen-

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dies, la guerre, la Commune, des assassinats, etc.; presque toujours, il y a du sang répandu.

4° Période terminale. — Enfin la malade revient au monde réel. Elle reconnaît les personnes qui l'entourent, mais elle demeure plus ou moins longtemps dans un délire, le plus souvent mélancolique, troublé par des hallucinations. Elle voit des animaux, des rats, des chats noirs, des vipères, des corbeaux, etc. Ces visions causent la plus grande fraj^eur à la malade et se montrent principalement du côté hémianesthésique ainsi que cola a lieu, comme l'a montré M. Charcot, dans les périodes de calme. Il s'ajoute parfois des contractures généralisées fort douloureuses et qui disparaissent assez rapidement, ou des contractures partielles qui ne provoquent aucune douleur, mais peuvent persister beaucoup plus longtemps.

L'attaque régulière, l'attaque tjqje, ainsi composée de ces quatre périodes, offre une durée moyenne d'un quart d'heure : mais elle peut se répéter pour constituer des séries d'attaques dont le nombre varie de vingt à deux cents et plus. La malade peut demeurer alors dans une sorte à-'état de mal, analogue à l'état de mal épileptique, mais qui peut se prolonger vingtquatre heures et plus. — Il y a lieu de relever ici plusieurs caractères diagnostiques importants à connaître : l'absence d'élévation thermique qui ne manquerait pas de se produire s'il s'agissait de l'état de mal épileptique, l'influence de la compression des ovaires, celle du frottement exercé sur les zones liystérogènes , et celle de l'intervention des courants galvaniques, etc.

II. L'attaque convulsive de la grande hystérie, avec les caractères qui viennent d'être tracés, n'est pas, bien entendu, particulière aux malades réunies dans le iojev où ont été re ■ cueillies nos observations. On sait depuis longtemps que l'imitation peut avoir une certaine influence, sur la forme que revét(Mit les accidents de l'attaque hystérique. Mais ce n'est pas ici le cas, en ce qui concerne tout au moins les grands traits de notre description. Ces traits se retrouvent tels quels, sans modification fondamentale, chez les malades isolées de la ville, où l'influence de l'imitation ne peut être enjeu; on les retrouve

DESCRIPTION DE LA aMNDE ATTAQUE HYSTÉRIQUE 437

aussi dans les observations faites à l'étranger ; c'est ce dont témoignent, par exemple, les faits recueillis récemment en Ecosse par M. le D'' Inglis, assistant à l'asile d'Edimbourg. On retrouve dans les descriptions de ces auteurs la succession des diverses phases : épileptique , des grands mouvements , des attitudes passionnelles, etc., etc. L'influence décisive delà compression de l'ovaire y est également signalée expressément, etc. Les descriptions de M. le Leidesdorf (de Vienne) témoignent dans le même sens.

D'un autre côté, l'étude des anciennes épidémies convulsives montre aussi, jusqu'à l'évidence, que l'iiystéro-épilepsie n'a pas changé avec le temps. On retrouve dans les relations qui ont été données de ces épidémies, les principaux caractères sur lesquels nous avons insisté. Les convulsions épileptoïdes sont presque constantes, et nettement indiquées, mais les auteurs s'étendent principalement sur la description de la seconde phase, dont les affreuses contorsions et les étranges mouvements les avaient surtout frappés, et sont fréquemment attribués par eux, à l'influence d'une force surnaturelle. L'arc de cercle, par exemple, est signalé dans la plupart des épidémies célèbres, dans l'hystéro-démonopathie des religieuses de Sainte-Elisabeth à Louviers, vers 1642-1G46, dans l'hystéro-démonopathie chez les nonnes d'Uvertet (Allemagne), et aussi chez les convulsionnaires de Saint-Médard..., etc.

Les attitudes passionnelles se retrouvent isolées sous forme d'extases ou de représentations, suivant l'expression usitée parmi les convulsionnaires de Saint-Médard. — Enfin, chez ces mêmes convulsionnaires , on trouve le récit d'accès de délire religieux et prophétique qui se rattachent clairement au délire de la période terminale de l'attaque.

Un point d'étude, d'un intérêt plus immédiat, consiste dans le rapprochement que l'on peut faire entre la description précédente de l'attaque d'hystéro-épilepsie et la description qu'ont donnée les auteurs classiques de l'attaque d'hystérie vulgaire. Il résulte clairement de ce rapprochement qu'on ne saurait séparer ces deux affections , pour en faire deux maladies de nature différente, et que l'hystérie vulgaire ou petite hystérie ne doit être considérée que comme une atténuation-, ou, si l'on

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veut, l'état rudimentaire de l'hystéro-épilepsie ou hysterîa onajor.

Quelques citations, empruntées aux ouvrages de deux de nos principaux classiques en matière d'hystérie, MM. Briquet et Bernutz, en fourniront aisément la preuve.

Au milieu de la description que M. Briquet donne des convulsions qui composent l'attaque d'hystérie vulgaire, le passage suivant a manifestement trait aux convulsions épileptiformes de la première période :

« La face se gonfle... Les mâchoires se serrent l'une contre l'autre, de manière à produire le mâchonnement, le grincement ou le claquement des dents. Le cou se gonfle, les muscles de cette partie et ceux de la poitrine se contractent spasmodiquement. Les parois thoraciques ou restent immobiles avec leurs muscles contractés de manière à menacer d'asphyxie (phase tonique}, ou se meuvent convulsivement et rapidement comme dans les plus fortes anhélations (phase clonique) ; les muscles des parois abdominales sont agités des mêmes mouvemeuis que ceux de la poitrine. »

M. Bernutz est peut-être plus explicite encore :

« Au moment où le cri hystérique se produit, la suffocation parait à son summum ; il y a une sorte de spasme tonique général, de roidissement quelquefois tétanique de tout le corps, la figure est vultueuse, injectée.... le cou est tuméfié, les carotides battent avec violence, les veines jugulaires sont gonflées, distendues, en même temps que l'abdomen est légèrement météorisé, enfin l'oppression est considérable, comme s"il y avait menace d'asphyxie... Ordinairement le temps de l'accès que nous venons de signaler est très-court, et des convulsions plus ou moins générales (2<= période) succèdent immédiatement à la perte de connaissance. »

Qui ne reconnaîtra là, pour le moins , une ébauche de la période épileptoïde ?

La 2« période semble constituer à elle seule la plus grande partie de l'attaque d'hystérie vulgaire. Aussi les auteurs la décrivent- ils longuement. Voici la description qu'en donne M. Briquet :

« Le plus ordinairement, les malades s'agitent, tantôt comme si

elles voulaient échapper à des violences, tantôt comme si elles se débattaient contre une étreinte;... d'autres fois... les membres supérieurs et inférieurs se meuvent dans tous les sens ; la tlexiou, rexlension la rotation, l'adduction, l'abduction se succèdent avec lapins grande rapidité. Le corps se meut tantôt comme un ver, tantôt il se contracte dans tous les sens, bondit et s'échappe des mains qui le retiennent. La tète s'agite sur le tronc, en avant, en arrière, de côté. ... Les mains se portent instinctivement, soit vers le col qu'elles saisissent avec violence, comme pour en arracher un corps qui y causerait une grande gêne, soit vers l'épigastre que les malades cherchent à déchirer, ou à frapper à poings termes ; d'autrefois, elles tentent de s'arracher les cheveux, de se déchirer le visage, comme le feraient des femmes éperdues. La force employée dans ces actes est telle, que plusieurs personnes vigoureuses peuvent à peine contenir une frêle jeune fille qui, dans ces moments, est capable de ployer ou de hriser les tiges de fer d un lit. »

M. Briquet a signalé d'ailleurs, lui aussi, les cris de fureur qui accompagnent souvent les mouvements désordonnés de cette seconde période :

« Il est cependant un certain nombre d'hystériques dont les cris durent tout le temps de l'attaque et ces cris sont analogues à ceux que pousserait un opéré qui se laisserait aller à la souffrance, ou à ceux que ferait une personne qui se débattrait contre des violences qu'on exercerait sur elle ; ce sont des cris de fureur, des véritables rugissements. »

■ La description de M. Bernutz se rapproche beaucoup de celle de M. Briquet :

a Ces convulsions qui ont, lorsqu'elles sont types, une physionomie si spéciale que les personnes étrangères à la médecine, elles-mêmes, les reconnaissent, sont très difficiles à décrire à cause du désordre qu'elles présentent. Les membres un instant raidis (1"*" période) se tordent convulsivement, se projettent en divers sens, passant rapidement de l'abduction à l'adduction, de l'extension à la Qexion et vice versa, comme dans une sorte de lutte suscitée par la souffrance, et en particulier par la suffocation à laquelle les malades sont en proie, à laquelle elles semblent vouloir échapper en portant automatiquement leurs mains à la poitrine et au col, qu'elles se lacèrent parfois dans les efforts insensés qu'elles font pour en arracher l'obstacle qui les étouffe. »

'••tO ' • APPENDICE

La 30 përiode ou période des attUudes passionnelles n'est pas moins nettement indiquée, dansces descriptions, que les périodes précédentes. M. Bernutz môme se sert d'un mot qui se rannroche beaucoup de celui employé par M. Charcot, puisqu'il désigne sous le nom d'expressions passionnées les divers mouvement^ auxquels se livre la malade à ce moment de l'attaque :

.Au moment, dit-il, où, après un certain temps de durée le^; mouvements convulsifs ont perdu de leur énergie et où la figure ne présente plus qu'une turgescence modérée, on ^oit se produi e chez un certam nombre d'hystériques une phase noZFle Leur /•m., jusque-là atone, à peu près\omme dfns e somme^^^

cXs deVvf auxqueTe^'ccntr -

ûuent celles des yeux qui, jusque-là étaient couverts par le'^ paupières, ou animés d'un mouvement de clignotement et^ parfois en même temps de nystagmus. On voit c\ez Sues: unes se produire successivement la mimique de toutes les

la scène'de ffcnr^'^f ' «'^^ ordinairemen

a scène, de la colère, etc., pour se terminer par l'expression de la volupté, qui résulte surtout de l'inclinaison des yeux porté^

Sure ' ''''''' paup'èr'eCé-

» La succession de ces expressions passionnées, auxcruelle'^ coopèrent non seulement les contractions des muscles dl^^sag^ mais cel és des membres et du tronc, qui s'accompagnent parfoTs dè cris qu;arrachent la terreur ou la colère, ou de paroles plus ou malades"!' ^^r^V^^^^ chez les diverses

«Elle est très souvent limitée à l'expression d'angoisse d'abord et de volupté ensuite, ce qui a puissamment contribué à accrédl^ ter 1 opimon hippocra tique, lorsque surtout il y a en même temps que le spasme cynique des yeux, une propulsion rhytmique du bassin, et qu'on constate à la fin de l'accès une sécrétion abondante de mucus vaginal, qui a été signalée par les auteurs an-

En résumé les attitudes passionnelles sont très faciles à reconnaître dans cette longue citation. M. Briquet n'a pas manqué de les remarquer et les passages suivants les désignent assez clairement :

« Les malades présentent une succession de tableaux dans lesquels on peut retrouver l'expression de toutes les passions de 1 ame, et celle de toutes les sensations.

DESCRIPTION DE LA GRMDE ATTAQL^E HYSTÉRIQUE

„ Pendant les convulsions, les malades sont souvent prises d'un délire plus ou moins vif et qui a généralement une manière d'être toute spéciale... Il est toujours bruyant, très agité, et rarement incohérent. Il a généralement rapport soit à des scènes auxquelles la malade se croit présente ou auxquelles elle se reporte, soit aux pensées qui l'occupent habituellement ou qui l'ont beaucoup frappée ; il faut le considérer comme une sorte de rêve. Enfin on voit quelquefois survenir pendant l'attaque... des hallucinations... des extases... »

Enfin, le délire de la 4" période n'a pas plus échappé à la sagacité de ces observateurs. M. Bernutz s'exprime ainsi :

« Au moment où cette expression s'efface (l'expression passionnée de la période précédente), on voit les^^eux s'humidifier, puis les larmes couler en abondance et constituer une véritable crise de sanglots, dans laquelle les malades recouvrent complètement connaissance.... On voit chez quelques malades, au lieu d'un accès de larmes se produire un accès de rire convulsif et chez d'autres un accès de demi-délire, dans lequel elles racontent d'une façon incohérente et inintelligible parfois, imagée chez d'autres, un événement dont elles ont été frappées, ou se laissent aller involontairement à des indiscrétions quelquefois très compromettantes pour elles ou pour les autres. »

M. Briquet s'exprime comme il suit :

« Après avoir duré quelque temps, les convulsions cessent... la connaissance revient, mais à peine est-elle revenue, que les sanglots éclatent... Dans quelques cas, au lieu de pleurs, c'est un rire sans motifs... Enfin, chez un petit nombre de malades, il reste un état de délire et de rêvasserie, pendant lequel les malades forit des choses déraisonnables. »

Ainsi, en rassemblant et en coordonnant ces fragments épars, rien ne manquera plus à la description, et si l'on songe que les auteurs auxquels nous empruntons nos citations n'ont eu en vue que l'attaque d'hystérie vulgaire ou petite hystérie, on trouvera là un puissant argument en faveur de l'opinion soutenue par M. Charcot qui ne voit dans l'hystéro-épilepsie que le degré le plus intense de l'hystérie. On y trouvera aussi un argument de plus en faveur de l'excellence de la méthode, qui consiste à considérer les grands types avant d'en venir à l'étude des formes

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frustes et atténuées, car il est incontestable que la description de l'attaque d'h3^stérie vulgaire s'éclaire singulièrement lorsqu'on la considère à la lumière des notions fournies par l'étude de la grande hystérie.

III. Par ce qui précède nous sommes conduits tout naturellement à l'étude des formes frustes ou des variétés de l'attaque d'iiystéro-épilepsie.

M. Charcot admet que l'attaque d'iiystéro-épilepsie peut se modifier suivant deux modes principaux : 1° par extension ou prédominance d'une période aux dépens des autres lesqu'elles s'atténuent ou même s'effacent : ainsi se produisent : a) V attaque épileptoîde ; b) Vattaque dé7noniaque ; c) l'attaque d'extase : d) l'attaque de délire ; 2° par immixtion d'éléments étrangers à la constitution fondamentale de l'attaque, tels que le somnambulisme et la catalepsie par exemple.

A. Variétés par 2)rédominance dhme des iièr iodes, — Variété. — Forme épileptoîde. L'attaque liystéro-épileptique se trouve, dans cette variété, réduite en quelque sorte à la première période, à l'exclusion plus ou moins complète des autres périodes. La phase épileptoîde peut se répéter au point de simuler l'état de mal de l'épilepsie vraie avec toute son apparence de gravité. Mais l'emploi des divers moyens usités pour modifier l'attaque d'hystérie, fait diparaître ces convulsions si effrayantes et vient affirmer la nature hystérique de la maladie. De plus, en regardant d'un peu plus près, on remarquera quelques phénomènes convulsifs appartenant plus particulièrement à l'hystérie ; tels sont les mouvements de circumduction du commencement de la phase tonique, le gonflement du cou, la persistance de la contracture pendant la phase de résolution. Enfin, on voit souvent dans l'intervalle des accès épileptoïdes paraître un lambeau des autres périodes qui vient s'intercaler en quelque sorte. Ce sera, par exemple, un commencement d'arc de cercle, ou l'esquisse d'une attitude passionnelle. On n'observe rien de semblable dans l'épilepsie vraie. Je rappellerai en terminant l'absence de l'élévation thermique qui accompagne au contraire toujours l'état de mal épileptique.

2« Vmnélé. — Forme démoniaque. Cette variété est principalement constituée par la prédominance des phénomènes de la 2« période, clownisme, grands mouvements, et l'atténuation des autres périodes. Les contorsions prennent un développement exagéré, et justifient la dénomination que M. Charcot a donnée à cette variété. Les malades, en effet, reproduisent dans les principaux traits la description que nous ont laissée les auteurs touchant les anciens possédés. Les membres se contournent et se contorsionnent dans les attitudes les plus bizarres ; la distortion des traits, la protrusion de la langue rendent la physionomie effrayante ; beaucoup étendent les trois premiers doigts de la main de manière à simuler le geste de la jettalura ; des cris affreux, des accès de rage, complètent l'horreur de ce tableau. — La période épileptoïde est le plus souvent représentée, dans cette variété, par quelques-uns de ses phénomènes convulsifs particuliers, mais les autres périodes font habituellement complètement défaut.

3« Variété. — Attaque d'extase. Les attaques d'extase ont été décrites par les auteurs classiques, mais il ne les ont pas rattachées en général au type fondamental. Cependant Briquet s'exprime ainsi : « les attaques d'extase peuvent se produire de deux manières ; quelquefois elles sont précédées par les préludes ordinaires des attaques de spasmes ou de convulsions hystériques, de sorte que l'extase n'est qu'un des incidents de l'attaque ; d'autres fois les malades tombent brusquement en extase sans aucun prodrome. »

Cette variété d'attaque peut être reproduite expérimentalement par les inhalations d'éther. Elle est constituée par la prédominance de la 3" période ou des attitudes passionnelles, précédées parfois de quelques phénomènes épileptoïdes qui sont alors comme le sceau de la maladie ; mais les attitudes passionnelles peuvent aussi se montrer à l'état d'isolement complet. L'attaque peut même être réduite à une seule attitude passionnelle qui se prolonge plus ou moins ; ainsi se produit l'attitude extatique.

4« Variété. — Attaque de délire. C'est le délire de la 4* période qui représente alors toute l'attaque ; il s'y joint cependant

APPENDICE

souvent quelques phénomènes épileptoïdes au début. La malade lait des discours, prophétise, etc.... Les dissertations prophétiques des convulsionnaires de Saint-Médard peuvent être considérées comme un exemple de cette variété de l'attaque liystéro-épileptique.

B. Variétés de V attaque hystéro-épilepiique par immixtion de phénomê7îes cataleptiques ou somnamUdiques. — La catalepsie et le somnambulisme, dont nous avons étudié les caractères dans un précédent compte-rendu', surviennent parfois spontanément chez les hystériques, sans montrer aucune relation apparente avec l'attaque convulsive. M. Briquet considère la catalepsie comme une névrose complètement distincte quoique fort voisine de l'hystérie. Mais il peut se faire que les deux états se rencontrent simultanément chez un même sujet, et les phénomènes de catalepsie et de somnambulisme viennent se surajouter aux phénomènes de l'attaque convulsive. Les observations de catalepsie et de somnambulisme ne sont pas rares, et tous les auteurs qui ont traité de l'hystérie ont parlé des attaques de catalepsie et des attaques de somnambuhsme. On lira entre autres avec intérêt, à ce sujet,- l'observation de M. Mesnet {Archives générales de médecine, 1860), et celle de M. Moissenet (Premier fascicule des Actes de la Société médicale des hôpitaux : « Observation de somniation spontanée. » )

On y verra que les attaques de catalepsie ou de somnambulisme débutaient habituellement chez les malades qui font l'objet de ces observations, par de violentes convulsions hystériques. Souvent aussi la catalepsie ou le somnambulisme se terminaient de la même façon, c'est-à-dire après des convulsions à la suite desquelles la malade recouvrait complètement l'usage de ses sens, sans conserver aucun souvenir de ce qui s'était passé. C'est ainsi que les choses se sont produites dans les 5 ou 6 cas, recueillis par M. Charcot, dans sa pratique de la ville.

Il semble, d'après cela, que lorsque les phénomènes de catalepsie ou de somnambuhsme viennent compliquer l'attaque, ils

' Voir le n» 52 du Progrès médical de 1878.

succèdent à la ou à la 2° période, remplaçant la 3« période ; ou bien ils s'intercalent entre deux phases épileptoïdes. Il est intéressant de rappeler ici comment, dans les expériences de catalepsie ou de somnambulisme provoqués , le début de la catalepsie ou du somnambulisme est marqué généralement par quelques phénomènes épileptoïdes (inspiration sifflante , mouvements de déglutition bruyants, écume à la bouche...), qui se reproduisent presque de la même façon au moment où Ton fait sortir les malades de l'état dans lequel elles étaient plongées ' .

• Progrès médical, 1879, u" 2.

APPENDICE

YII.

I. De l'influence des lésions traumatiques sur le développement des phénomènes d'hystérie locale.

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