SON MODE D'ÉVOLUTION
coloration d'un rouge sombre, violacée môme, mais qui cède toujours, momentanément, sous la pression du doigt. Dans des circonstances assez rares et gue, jusqu'ici, j'ai rencontrées à peu près uniquement dans les cas de lésions de la moelle épinière, il se produit en outre, aux dépens du derme et des parties sous-jacentes, une tiiméfaciion d'apparence phlegmoneuse, qui peut s'accompagner parfois de douleurs vives, si la région n'était pas au préalable frappée d'anestliésie.
Dès le lendemain ou le surlendemain, les vésicules ou les bulles se développent vers la partie centrale de la plaque érytliémateuse : elles renferment un liquide tantôt incolore et d'ui^ transparence parfaite, tantôt plus ou moins opaque, rougeâtre ou de couleur brune.
Les choses peuvent en rester là, ainsi que nous vous l'avons dit, et alors les bulles ne tardent pas à se flétrir et à se dessécher. Mais, d'autres fois, l'épiderme soulevé se déchire, se détache par lambeaux, et met à nu une surface d'un rouge vif parsemée de points ou de plaques bleuâtres, violacées, répondant à une infiltration sanguine du derme. Déjà, en pareil cas, le tissu cellulaire sous-cutané, et parfois même les muscles sous-jacents, sont, eux aussi, envahis par l'infiltration sanguine ; c'est un fait dont je me suis assuré plusieurs fois par l'autopsie.
Les plaques violacées s'étendent rapidement en largeur, et ' elles ne tardent pas à se confondre par leurs bords. Peu de temps après, il se produit, dans les points qu'elles occupent, : une mortification du derme, d'abord superficielle, mais quii 1 bientôt, gagne en profondeur. L'eschare est dès lors constituée!
Plus tard se développe un travail de réaction, d'élimination, ^ suivi, dans les cas heureux, d'une période de réparation trop î souvent entravée dans son développement. Je n'ai pas besoin, i je pense, de m'appesantir sur ce point.
Je viens de vous entretenir de détails minutieux, mais j'es-