INFLUENCE DE LA SECTION DE LA MOELLE
sécutive à la section du nerf. M. Brown-Séquard, qui a répété cette expérience en 1849 sur des cochons d'Inde et des lapins, est parvenu à faire voir que ces troubles trophiques, survenant au bout de quelques jours à peine et consistant en tuméfaction de l'extrémité du membre, ulcérations des doigts, perte des ongles, etc,, ne se montrent, en réalité, que parce que l'animal est devenu incapable de soustraire à l'action des influences extérieures, au frottement sur un sol dur et rugueux, le membre privé de mouvement et de sensibilité par suite de la section du sciatique. Lorsque le sujet mis en expérience était entouré de toutes les précautions nécessaires , confiné par exemple dans une caisse dont le fond était recouvert d'une couche épaisse de son, on ne constatait plus aucune modification de la nutrition dans le membre paralysé , si ce n'est toutefois une atrophie plus ou moins prononcée , mais se produisant seulement à la longue
Cette atrophie survenant à la suite de la section du nerf sciatique résulte évidemment de l'inactivité fonctionnelle à laqueUe est condamné le membre paralysé ; elle porte non seulement sur les muscles, mais encore sur les os et sur la peau, ainsi que l'avait déjà reconnu J. Reid. Elle ne se produit pas, alors même que la section du nerf a été complète, pour peu que, à l'exemple du physiologiste qui vient d'être cité, on ait soin de faire passer chaque jour un courant galvanique à travers les muscles du membre paralysé.
2° La section complète du nerf trijumeau, pratiquée dans le
1 Brown-Séquard. — Snr les altérations pathologiques qui suivent la section du nerf sciatique, in Coraptcs-rendus des séances de la Société de Biologie, t. I, 184J. p 136 et Expérimental Besearche» applied to Phjsiology and Pathologg. ^ew- York 1853 p 6 Après la section d'un nerf mixte, l'atrophie des muscles ne commence à se manifester en général chez l'homme et chez les mammifères qu' au bout d'un mois environ, par un léger degré d'émaciation. Deux mois après 1 atrophie est mieux caractérisée; elle est très prononcée au bout de trois mois. (Magnm, thèse de Paris, 1866, p. 19 )