‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 48 sur 203 · CARACTÈRES CLINIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES CLINIQUES

B. Le type du deuxième groupe se rencontre dans Tataxie loomotrice progressive. Permettez-moi d'arrêter un instant votre attention sur cette espèce d'affection articulaire à laquelle j'attache un intérêt paternel et d'autant plus vif que la signification que je lui ai donnée a trouvé beaucoup d'incrédules. Un mot d'abord sur les caractères cliniques de V arthropathie des ataxiques ' .

Elle se manifeste, en général, à une époque déterminée de l'ataxie et son apparition coïncide, pour ainsi dire, dans beaucoup de cas, avec le début de l'incoordination motrice. Sans cause extérieure appréciable, on voit, du jour au lendemain, se développer ime tuméfaction générale et souvent énorme du membre, le plus communément en dehors de toute douleur, de toute réaction fébrile. Au bout de quelques jours, la tuméfaction générale disparaît, mais il reste au niveau de la jointure un gonflement plus ou moins considérable résultant de la formation d'une hydarthrose et quelquefois, en outre, d'une accumulation de liquide dans les bourses séreuses périarticulaires. La ponction a plusieurs fois extrait de la jointure, ainsi tuméfiée, un liquide citrin, transparent.

Une ou deux semaines après l'invasion, quelquefois beaucoup plus tôt, on constate l'existence de craquements plus ou moins accusés, révélant l'altération, déjà profonde à cette époque, des surfaces articulaires \ L'hydarthrose se résout bientôt, laissant après elle une extrême mobilité de la jointure. Aussi des luxations consécutives se produisent-elles souvent, facilitées considérablement par l'usure qu'ont subie les têtes osseuses. J'ai noté plusieurs fois une atrophie rapide des masses musculaires sur les membres où siège l'affection articulaire.

1 Charcot. — Sm quelques arthropatUes, etc., première partie (Arch. de physiologie, t. I, 1868.) V • i^'y

* Dans quelques cas, les craquements ont précédé de plusieurs jours l'apparition de la tuméfaction générale du membre; mais celle-ci est, dans la rèffle. le nremier phénomène qu'on observe b .

H 8 CAIIACTÈIŒS ANATOMIQTIES

L'arthropathie des ataxiques occupe le plus fréquemment les genoux, les épaules, les coudes; elle peut siéger aussi à la hanche. Les renseignements anatomo-pathologiques qui la concernent sont encore très imparfaits. Cependant un caractère qui paraît constant, c'est l'usure énorme qui frappe, dans un très court espace de temps, les extrémités articulaires. Au bout de trois mois, la tête liumérale que je vous présente et qui provient d'une femme chez laquelle nous avons pu étudier le début de l'ar-

Fig. 5. — Extrémité supérieure d'un humérus sain et d'un humérus oflTrant les lésions

de l'arthropathie des ataxiques.

thropathie, était, comme vous le voyez, en grande partie détruite [Fig. S). Je vous ferai remarquer qu'on n'observe pas, sur cette pièce, au pourtour de la surface articulaire usée, les bourrelets osseux qui ne manqueraient pas d'exister s'il s'agissait là de l'arthrite sèche ordinaire * .

Je mets maintenant sous vos yeux, afin d'établir le contraste, une articulation du genou, provenant également d'une femme qui avait présenté les symptômes de l'arthropathie des ataxiques,

» Comparez : Charcot. — Ataxie locomotrice progressive. Arthropathie de t'épaule gauche. Résultats nécroscopiqucs. In ArcMv. de physiologie, t. II. p. 121,

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