PATHOGÉNIE
grise spinale affectée dans l'ataxie locomotrice; mais, le plus souvent, la lésion porte alors sur les cornes postérieures. Or, il en était tout autrement dans deux cas d'ataxie locomotrice compliqués d'arthropatliie où l'examen microscopique de la moelle a été fait avec soin; les cornes antérieures de substance grise étaient, dans ces deux cas, remarquablement atrophiées et déformées et un certain nombre des grandes cellules nerveuses, celles du groupe externe surtout, avaient diminué de volume, ou même avaient disparu sans laisser de traces. L'altération se
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montrait d'ailleurs exclusivement {Fig. 6) sur la corne antérieure correspondant au côté du corps où siégeait la lésion articulaire. Elle affectait la région cervicale dans le premier cas où l'arthropathie occupait l'épaule; elle siégeait un peu au-dessus . de la région lombaire dans le second cas qui présentait un exem- I pie d'arthropathie du genou. Au-dessus et au-dessous de ces I points, la substance grise des cordons antérieurs paraissait f exempte d'altérations.
On pourrait se demander si cette altération d'une des cornes ^ antérieures de la substance grise spinale, révélée par l'examen
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microscopique, n'est pas un résultat de l'inertie fonctionnelle à laquelle le membre correspondant aura pu être condamné par le fait de la lésion articulaire. Cette hypothèse devra être rejeté(% car d'un côté, dans nos deux cas, les membres où siégeaient les arthropathies avaient conservé, en grande partie, la liberté de leurs mouvements et, d'un autre côté, la lésion de la substance grise dififérait essentiellement ici de celle qui se produit après l'amputation d'un membre ou la section des nerfs qui s'y rendent.
Par ce qui précède, j'espère avoir rendu au moins très vraisemblable que, en s'étendant de proche en proche, jusqu'à certaines régions des cornes antérieures de la substance grise, le processus inflammatoire, primitivement développé dans les cordons postérieurs, a pu, chez nos deux malades, occasionner le développement de l'affection articulaire. Si, par la suite, les résultats obtenus dans ces deux cas sont confirmés par de nouvelles observations, on sera naturellement conduit à admettre que les arthrites liées à la myélite, et celles qui se montrent en conséquence du ramollissement du cerveau , résultent , elles aussi, de l'envaliissement de ces mêmes régions de la substance grise de la moelle épinière. Dans le cas où il s'agit du ramollissement cérébral, la sclérose descendante de l'un des cordons latéraux de la moelle pourrait être considérée comme le point de départ de la diffusion du travail inflammatoire.
MM. Patruban», Remak^ et tout récemment M. Rosenthal " ont observé dans Vatropliie musculaire progressive des arthropathies, qui, par leurs caractères cliniques, se rapprochent beaucoup de l'arthropathie des ataxiques. Il n'y a là rien qui
» Patruban. - ZeitMft filr praht. EeilJamde mZ, ^" 1.
3 Rosenthal. - Lehriuch dcr Nervenh-anhherten, p. S;l. Wien, 18/0. - Voir aussi Benedikl. — Elektrothempie, t. II, 384.
AUTHROPATHIES dans L'AMYOTROPHIE progressive 123
doive surprendre, si l'on songe qu'une lésion irritative, primitive ou secondaire, des cellules nerveuses des cornes antérieures de la substance grise spinale, paraît être le point de départ de l'amyotrophie dans la majorité des cas qu'on désigne d'habitude, en clinique, sous le nom d'atrophie musculaire grogressive.
Je m'arrête ici, pour aujourd'hui, dans cette étude que je compte terminer. Messieurs, dans la prochaine conférence.