THÉORIE DE L'ATTRACTION
est permis de supposer que celle-ci dérive de celle-là, à titre de conséquence plus ou moins directe.
Il y avait donc lieu de rechercher quel peut être le lien qui rattache à l'excitation des éléments sécréteurs déterminée par l'excitation du nerf, l'hypérémie qui suit cette excitation. Plusieurs physiologistes ont pensé qu'il s'agit ici d'une attraction que les éléments sécréteurs de la glande exerceraient sur le sang ; « de sorte qu'à la force connue jusqu'à ce jour comme aidant le retour du sang en circulation vers le cœur et que l'on nomme vis à ter go , il faudrait ajouter une nouvelle force rétractive en corrélation avec la nutrition intime des éléments, force que plusieurs auteurs ont appelée vis à fronie ' . » Est-ce là une conception purement théorique, sans appui expérimental, et destinée seulement à masquer notre ignorance? li n'en est rien; car les travaux de H. Weber, Schuler, Lister, etc.-, renferment de nombreux faits expérimentaux propres à mettre en lumière cette attraction que les tissus peuvent exercer, dans de certames conditions, sur le sang en circulation. Je citerai deux faits de ce genre pris pour exemples, et dans les quels le phénomène peut être étudié en dehors de toute intervention du système nerveux. Je les emprunte à une leçon professée au Muséum par M. Vulpian , sur la théorie des sécrétions ^
Si l'on coupe tous les nerfs d'un membre sur une grenouille, et si Ton détermine ensuite une excitation en plaçant une gouttelette d'acide azotique sur la peau d'une des lames membraneuses interdigitales, il se produit en ce point, au bout d'un certain temps, une congestion plus ou moins vive. Le second fait est péremptoire : l'œuf, au quatrième jour de l'incubation, présente une vascularisation très nette de la membrane ombihcale.
' Vulpian. — Revue des cours scienti/i/jues, t. III, p. 74'i. » Voir O. Wcber. — Handbuch der Chirurgie, t. I, p. 11 ^ Vulpian, loc. cit., p. 743.