‹ Leçons sur les maladies du système nerveux faites a la Salpêtrière. [electronic resource]Chapitre 76 sur 203 · BESOIN INCESSANT DE DÉPLACEMENT · texte numérisé non relu

BESOIN INCESSANT DE DÉPLACEMENT

fin, ce ne sont pas là des phénomènes constants, nécessaires ; assez souvent môme, ils font défaut et figurent dans le tableau symptomatologique de maladies autres que la paralysie agitante, dans certaines lésions du cerveau, par exemple. Il est juste de reconnaître que, dans ce dernier cas, ils sont liés souvent aux vertiges, tandis que dans la paralysie agitante les mouvements de propulsion ou de rétropulsion ne surviennent pas à l'occasion d'un sentiment vertigineux.

Les symptômes que je viens de passer en revue ne sont pas. Messieurs, les seuls qui méritent de fixer votre attention. La paralysie agitante n'est pas seulement une maladie des plus tristes en ce qu'elle prive le malade de l'usage de ses membres ' et qu'elle le réduit tôt ou tard à une inertie à peu près absolue : c'est encore une afi'ection cruelle par suite des sensations pénibles qu'éprouve le malade. Ordinairement, et à part les cas de névralgie dont nous vous avons entretenus, il ne s'agit pas de souff"rances vives, mais de sensations désagréables, d'un ordre spécial. Ce sont des crampes, ou mieux un sentiment presque permanent de tension, de traction dans la plupart des muscles. C'est en outre un sentiment de prostration, de fatigue qui s'accuse surtout après les paroxysmes de tremblement; enfin, c'est un malaise indéfinissable qui se traduit par un besoin incessant de changer de position. Assis, les malades sont, à chaque instant, obligés de se lever ; debout, après quelques pas, ils veulent se rasseoir. Ce besoin de déplacement, de changement se nion-

un banc, soit un mur, un lit, etc., etc., elle tomberait brusquement : La propulsion, ici, est donc aussi nette que possible.

La rétropulsion écbappe quelquefois parce que, pour qu'elle soit signalée par les malades, il faut que celles-ci, par une circonstance spéciale, aient été obligées de marcher à reculons. Eh bien ! il est un moyen très simple de la mettre eu évidence et que M. Charcot a employé dans ce cas : la malade étant debout, il suffit de la tirer, même légèrement, à Timproviste, par sa jupe, pour que, aussitôt, elle marche en arrière et que le mouvement rétrograde se précipite très vite et soit promptement dangereux, si on ne prend des précautions. (B.)

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