SENSATION HABITUELLE DE CEALEUR
tre principalement au lit, pendant la nuit, chez les infirmes qui sont incapables de se servir elles-mêmes. Les femmes qui sont chargées de surveiller ces pauvres malades vous le diront : il faut les coucher tantôt sur le côté gauche, ou sur le droit, tantôt sur le dos. Une demi-heure, un quart d'heure sont à peine écoulés qu'il faut renouveler la position, et si l'on ne répond pas immédiatement à leur désir, elles poussent des gémissements qui témoignent assez du malaise profond qu'elles ressentent. Malgré ces troubles divers, la transmission des impressions sensitives cutanées n'est nullement altérée dans la paralysie agitante. Le froid, le chaud, le plus léger frôlement, le pincement, etc., sont perçus avec leurs caractères normaux et la rapidité voulue.
Mais une sensation très pénible encore qu'éprouvent les malades et que je n'ai trouvée mentionnée dans aucune description, c'est une sensation UaUtuelle de cTialeur excessive, qui fait que, au cœur de l'hiver, vous les voyez se découvrir au lit et ne conserver sur eux, pendant le jour, que les vêtements les plus légers. Tous les cas de notre service déposent en faveur de cette assertion. Cette sensation de chaleur, particularité digne d'être notée, bien que la raison n'en puisse pas être donnée, se fait spécialement sentir à la région épigastrique et sur le dos. Toutefois, les membres, la face, peuvent aussi en être le siège. Elle n'a pas à tout moment la même intensité. Elle paraît atteindre son maximum à la suite de paroxysmes de tremblement et s'accompagne souvent, en semblable occurrence, d'une sécrétion abondante de sueur qui oblige parfois à changer le linge ; mais elle peut se montrer aussi, d'une manière très accusée, chez des malades qui ne suent pas et dont le tremblement est peu accentué.
La connaissance de ce fait m'a, de longue date, conduit à chercher si la température centrale était modifiée chez ces malades. Or, l'expérience m'a prouvé que, quel que fût le
Charcot, t. I, 4° édit. j2
^rj^ TEMPÉRATUBE
degré de cette sensation sul)jectiYe et aussi celui du tremblement, la température restait au terme physiologique (37o,5 au rectum).
Vous ne serez pas étonnés, Messieurs, de voir des contractions musculaires aussi énergiques et aussi générales que le sont celles qui se montrent dans certains cas de paralysie agitante ne pas donner lieu pourtant à une accumulation de chaleur des parties centrales, n s'agit là de contractions musculaires dynamKlues. Or, vous le savez, les contractions musculaires statiaues seules, ainsi que Ta fait remarquer M. Béclard, occasionnent une élévation de la température appréciable au thermomètre. A ce point de vue, ainsi que nous avons essayé de rétablir, M. Ch. Bouchard et moi, dans un travail communiqué à la Société de Uologie\ les convulsions peuvent être rangées sous deux chefs : les unes statiques, c'est-à-dire avec prédominance des contractions toniques, font monter la température d'une manière plus ou moins prononcée, tels sont le tétanos, l'attaque épileptique; les autres, dynamnues, ou avec prédominance des mouvements cloniques, n'affectent pas la température d'une façon notable. Des explorations thermométriques, que nous avons plusieurs fois répétées dans la paralysie agitante et dans quelques cas de chorée avec agitation excessive, nous ont paru mettre ce dernier point hors de doute °-. A ce propos, il serait intéressant de rechercher si, dans la
faites chez Ber. . 6 i Dan.. ., 3 explorations le matin, 37o,3;
plorations pratiquées chez GmL. ,0 ^ loralions le matin, 37" ; /. ex-
4 explorations le soxr, 37 8. -^^^.^^i^ ^^^.^^ g-»^^ . explora-
ploratious le ^s"''^'^^^;.-- ^^^^ ^tait à 90, chez la seconde a 86 ;
tions le so\^.3>^^S^Le pouls ch z p^ . ^^^^^^ inspirations, dans chez la troisième a 84 et chez la ciuiiui^-m ces cas, était normal. (B.)