DU TREMBLEMENT
culaire des centres nerveux de quelques aflections qui s'en rapprochent assez pour que la confusion soit possible. Je vais entrer à ce propos dans quelques détails ' .
Le tremblement de la paralysie agitante existe aussi bien à l'état de repos des membres, que lorsque ceux-ci sont mis en mouvement par la volonté. Je vous présente une femme chez laquelle le tremblement persiste, depuis longues années, sans cesse et sans trêve, dans l'état de veille. Il ne s'arrête que lorsque cette malheureuse est plongée dans un sommeil profond. Il est des cas où, dans la paralysie agitante, lé tremblement se montre seulement par intermittence; mais, chose remarquable, c'est en pareil cas plutôt alors que les membres sont dans le repos qu'il se manifeste, pour cesser lorsque ceux-ci sont mis en mouvement par la volonté. Vous pouvez reconnaître chez une seconde malade, que j'offre à votre observation, ce caractère particulier du tremblement de la paralj^sie agitante. Vous observerez en outre, chez ces deux femmes, que la tête ne prend point part au tremblement, ou, si elle paraît agitée par' des oscillations, celles-ci lui sont évidemment communiquées; il s'agit là d'une transmission des secousses dont les membres et le torse sont le siège. L'absence du tremblement de la tête me paraît être un fait à peu près général dans la paralysie agitante : j'ajouterai que, dans cette affection, les secousses du tremblement sont beaucoup moins étendues, plus réguhères, plus rapides, plus serrées, si je puis parler ainsi, que dans la sclérose multiloculaire ; dans celle-ci, les oscillations sont plus amples et se rapprochent, à beaucoup d'égards, des gesticulations de la chorée; cette analogie est tellement marquée que, avant la publication des travaux qui l'ont fait admettre dans la clinique usuelle, la sclérose en plaques a été quelquefois désignée sous les noms de chorée rythmique, paralysie choréiforme.
' Voyez l'AppENDiCE, n» III.
2S0 INCOORDINATION MOTRICE
11 est toujours facile cepondant de distinguer les mouvements désordonnés et bizarres de la cliorée proprement dite des oscillations rythmiques de la sclérose multiloculaire. Remarquons en premier lieu que, dans celle-ci, s'il s'agit par exemple du membre supérieur, dans l'acte de porter la main à la bouche, la direction géyiérale dit mouvement persiste en dépit des obstacles occasionnés par les secousses du tremblement . secousses qui, comme nous le disions il y a un instant, s'exagèrent cependant à mesure que la main approche du but à atteindre. Au contraire, dans la chorée, la direction générale du mouvement serait, dans l'accomplissement de ce même acte. irouUée, dès Vorigine, par des mouvements contradictoires, d'une étendue tout à fait disproportionnée, et qui font manquer le dut. Ajoutons que les mouvements de la chorée se montrent tout à coup, inopinément, alors que les membres sont dans un état de repos complet; ainsi, en dehors de toute intervention de la volonté, vous voyez le choréique tirer la langue, faire une grimace, lever brusquement un de ses membres, etc. Or, jamais pareille chose ne s'observe dans la sclérose multiloculaire.
Lorsque, dans Vataxie locomotrice progressive (sclérose des cordons postérieurs), les membres supérieurs sont affectés, il s'y produit, à l'occasion des actes intentionnels, des mouvements incoordonnés qui rappellent jusqu'à un certain point les gesticulations de la chorée et le tremblement de la sclérose multiloculaire. Voici à l'aide de quels caractères la confusion pourra être évitée. Il faut noter tout d'abord que, dans l'incoordination des ataxiques, il n'existe pas, à proprement parler, de tremblement, de secousses rythmiques, mais bien des gestes plus ou moins désordonnés, plus ou moins brusques, plus ou moins étendus. Etudiez avec soin, chez la malade (fue je vous présente, les mouvements de la main, dans l'acte de la préhension d'un