‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 91 sur 129 · Seydel. — Antiseptik und Trépanation. Munclien · texte numérisé non relu

Seydel. — Antiseptik und Trépanation. Munclien

ÉTIOLOGIE ET TRAITEMENT DE L ÉTILEPSIE. 487

Une statistique que j'ai fait dresser et qui comprend la plupart des cas d'épilepsie jacksonienne, traités par la trépanation et publiés depuis 1886, comprend environ 100 cas avec 6 décès post-opératoires. Ces chiffres vous donnent une idée du chemin parcouru depuis l'avènement de l'antisepsie. Ils justifient ce que j'avançais tout à l'heure, lorsque je vous disais qu'entre les mains d'un chirurgien habile et soigneux, la trépanation était devenue une opération quasi inoffensive'.

Or, il faut que vous sachiez que ces résultats opératoires si brillants ont eu un contre-coup fâcheux. Ils ont entraîné les chirurgiens à créer un malentendu, à répandre, au sujet de l'efficacité de l'intervention opératoire dans les cas d'épilepsie jacksonienne, une idée qui est loin d'être conforme à la réalité des choses. Ces opérés qui ont supporté une trépanation comme on supportait jadis une opération bénigne, et qui sortent de l'hôpital trois, quatre, cinc[ semaines après l'opération, ayant eu dans l'intervalle moins d'attaques, omiat/antp/us eu d'attaques du tout, ou des attaques beaucoup lyioins violentes, avortées, sans perte de la connaissance, ces opérés-là, dis-je, vont figurer dans les statistiques comme ayant été guéris. Et ainsi on en vient à vous représenter l'intervention chirurgicale comme donnant, dans les cas d'épilepsie jacksonienne, 65, 70, 80 p. 100 de guérisons. Or voilà qui n'est pas exact. Beaucoup de ces opérés, qui figurent dans les statistiques comme ayant été guéris ou à peu près, retombent dans leur ancien état ou présentent des aggravations après cette phase de rémission dont je vous parlais à l'instant. Nous en avons une preuve vivante dans le service. Il s'agit d'un malade que je vais vous présenter.

C'est un homme de trente-quatre ans, couvreur de son état, entré dans le service le 31 janvier dernier, dont les antécédents héréditaires et personnels ne présentent rien de particulier à signaler, sauf ces deux détails dont vous saisirez l'importance :

Depuis son séjour à Paris, c'est-à-dire depuis quinze ans, le malade avait contracté des habitudes d'intempérance; il

1. Dans un travail, qui m'est parvenu seulement après cette leçon, M. J. Lucas- Championnière [Jouryiai de médecine et de chirurgie pratiques, 23 mai 1894) annonce six morts sur douze cas de tréjDanation pour épilepsie jacksonienne. Aussi n'admet-il pas « la conclusion des auteurs qui estiment que l' épilepsie jacksonienne est un excellent motif de trépaner ».

buvait en moyenne trois litres de vin par jour et quelques petits verres d'eau-de-vie.

En novembre 1879, cet homme, qui avait alors 19 ans, était en train de déblayer la neige qui encombrait une gouttière; on l'avait attaché au toit au moyen d'une corde. Celle-ci se rompit, et notre homme fut précipité sur le pavé de la hauteur d'un sixième. On le releva sans connaissance, et on le transporta dans le service de mon collègue et ami Le Dentu. Il y resta jusqu'au mois de mai 1880. Pendant les premiers temps de son séjour à l'hôpital, il avait été en proie à un violent délire (vraisemblablement éthylique). On l'a soigné, dit-il, pour une fracture du crâne et une fracture du bassin. A sa sortie de l'hôpital, il conservait une cicatrice avec légère dépression de la paroi crânienne au niveaude la partie médiane de la suture sagittale.

Huit ou neuf ans après son accident, en juillet 1888 ou 1889, le malade a été pris d'une première attaque convulsive avec perte de connaissance. Les camarades lui ont raconté qu'il était tombé en bégayant, et que son bras avait été agité par des convulsions. Il lui est impossible de nous dire si ces convulsions se sont généralisées.

Cette attaque s'est reproduite au bout d'une huitaine de jours, et bientôt il en a eu une tous les jours. Par moments il se mordait la langue et perdait ses urines. Il lui arrivait aussi d'avoir des attaques ébauchées, constituées par des absences pendant lesquelles le malade avait le visage pâle, un peu de tremblement au bras droit. Puis il reprenait son ouvrage ou une conversation interrompue, comme si de rien n'avait été.

En décembre 1893, le malade est rentré dans le service de M. Le Dentu qui lui a fait subir une trépanation. Il est sorti de l'hôpital en mars 1894; dans ï intervalle et pendant les deux mois qui ont suivi, il 7i a 'plus eu d'attaques. Mais voici que cinq mois après l'opération, le malade tomba brusquement sans connaissance, pendant un repas qu'il faisait au restaurant. Une seconde attaque que le malade a eue quinze jours après, au jardin des Tuileries, a été annoncée par une aura olfactive très nette, d'une durée de cinq à six minutes. Le malade avait eu subitement une sensation d'odeur nauséabonde, dont il avait cherché à se débarrasser en soufflant.

Un traitement par le bromure de potassium, prescrit par

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