‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 3)Chapitre 112 sur 129 · DES 3IY0CL0NIES. :J · texte numérisé non relu

DES 3IY0CL0NIES. :J

sujets affectés du tabès dorsalis; on Ta observé aussi, dans les mêmes conditions, chez des malades qui présentaient les symptômes d'une myélite chronique diffuse. Gomme il s'agit d'une affection à la fois peu connue et rare, je crois bien faire en vous présentant deux malades du service qui en sont atteintes, me réservant de vous faire plus tard une étude plus circonstanciée de ce spasme saltatoire.

Voici une première malade, âgée actuellement de soixantedouze ans. Jadis elle a exercé la profession d'artiste dramatique. Circonstances importantes à noter, le grand-père maternel de cette femme est mort d'apoplexie à l'âge de cinquantesept ans; la grand'mère maternelle était démente. A l'âge de douze ans, elle a eu une attaque de rhumatisme articulaire aigu, compliqué d'accidents nerveux graves (rhumatisme cérébral?). A l'âge de vingt-cinq ans, elle a contracté des fièvres intermittentes. Déjà auparavant elle était sujette à des crises de nerfs; elle avait assez souvent, dit-elle, des syncopes, des lipothymies.

Il y a treize ans environ, le 8 juillet 1881, s'est passé un événement plein de conséquences pour l'histoire pathologique de la malade. Il était onze heures du soir. Elle lavait avec de l'essence minérale des gants qui recouvraient ses mains. Elle les approcha de la lampe. L'essence s'enflamma. La malade voyant ses mains couvertes de flammes les lève en l'air et s'écrie : « Mon Dieu, sauvez-moi! » Au même moment, elle aperçoit un baquet plein d'eau; elle y plonge les mains et les retire couvertes de brûlures.

Revenue de sa frayeur, elle court vers la porte pour appeler ses voisins. Elle va ensuite s'asseoir dans un fauteuil, où elle est prise de mouvements involontaires et incoordonnés des membres inférieurs. Quelques instants après, on la mettait dans son lit, où elle resta un certain temps, avec une paraplégie des membres inférieurs. Quand, plusieurs mois après, elle recommença à marcher, elle avait de la difficulté, et, depuis ce moment, ses membres inférieurs étaient souvent pris la nuit de mouvements involontaires.

En 1888, en rentrant le soir chez elle, elle a buté sur le seuil de sa porte et elle est tombée. Elle n'a plus marché depuis cette chute.

Ce que je tiens surtout à vous montrer chez cette femme, c'est l'existence de spasmes involontaires arythmiques des membres inférieurs.

Si je viens à la découvrir, vous verrez que les pieds sont animés de mouvements irrégulièrement rythmés, assez lents, discontinus, de faible amplitude, dyschrones d'un pied à l'autre, généralisés à la masse des orteils, qui consistent en contractions peu marquées de flexion, d'extension et de latéralité. Le froid les fait apparaître. Ils diminuent sous l'influence de l'attention.

En outre, de temps en temps, la sensation du froid ou l'excitation de la peau provoquent des déplacements rapides, discontinus, se passant simultanément ou isolément dans les deux membres, ressemblant à des mouvements réflexes provoqués par le chatouillement plantaire. Quelquefois ce sont des mouvements de flexion et d'extension de la jambe sur la cuisse.

Si maintenant, Messieurs, je viens à frôler certaine partie de la peau de la jambe, ou à chatouiller la plante des pieds, ou si je dis seulement à la malade prévenue de fermer les yeux, vous voyez alors les cuisses se fléchir sur le bassin, les jambes être projetées à droite et à gauche. Ses mains frappent du poing le lit; en même temps, elle fait entendre un bruit laryngé semblable à celui qui accompagne un effort pénible; puis la malade perd connaissance; le tout a duré quelques secondes.

Il s'agit donc là d'une véritable danse des membres, d'un spasme saltatoire, peut-être en rapport avec une idée fixe subconsciente dont on pourrait reporter l'origine à la scène du 8 juillet 1881, et qui s'est développée au cours d'une hystérie sentie.

Depuis les travaux de Gharcot, l'hystérie sénile est classique, et les manifestations qui la caractérisent ne diffèrent pas de celles de l'hystérie de l'adulte. Aussi me semble-t-il peu utile d'insister sur les phénomènes hystériques que présente cette femme, sauf sur son spasme saltatoire qu'il nous faut rapporter également à l'hystérie.

Ce spasme, remarquez-le bien, diffère du paramyoclonus multiplex par la nature même des mouvements convulsifs et par les phénomènes concomitants. Ce n'est, en somme, qu'un

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