D'APRÈS LES DÉCOUVERTES LES PLUS RÉCENTES DES HI STOLO GI STES
Sommairk. — Quatrième période {suite). — C/Connexions de la moelle avec les autres parties des centres nerveux et, avec la périphérie. — Vue d'ensemble des deux grandes voies sensitive et motrice.
Névroglie. — Son origine ectodermicpie ; ses éléments constituants; considérations embryogénétiques.
Coup d'œil rétrospectif. — Qu'y a-t-il d'absolument nouveau dans notre conception actuelle de la structure fine de la moelle.
Applications des données nouvelles à la physiologie et à l'anatomie pathologique.
— Les racines postérieures ne font point partie du système nerveux périphérique. — Los nerfs sensitifs n'ont pas de noyaux d'origine dans l'organe central. — Transmission des impressions sensitives dans la moelle. — Mécanisme des actes réflexes. — Questions de physiologie qui ont été passées sous silence à dessein. — Éclaircissement que jette la théorie dos neurones sur l'étude des dégénérescences secondaires. — Ce que l'on peut attendre do l'emploi du procédé de Golgi pour l'élucidation d'autres problèmes d'anatomio pathologique.
IV. — Connexions de la moelle avec les autres parties des centres nerveux et avec la périphérie.
Maintenant que nous avons étudié en détail les éléments nerveux, endogènes et exogènes, qui entrent dans la constitution de la moelle, il m'est possible de vous donner une idée d'ensemble de la manière dont communiquent entre elles les différentes portions de l'axe spinal et de la manière dont cet axe communique avec la périphérie d'une part, avec les autres départements des centres nerveux de l'autre.
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1° La moelle est reliée à la périphérie (voir fig. 28) :
a) Par les prolongements cylindre-axiles des grosses cellules des cornes antérieures [N.m.p.), qui vont se répandre dans les différents muscles du squelette, où, par l'intermédiaire de leurs arborisations terminales, ils contractent des rapports de contiguïté avec les fibres musculaires;
b) Par les prolongements cylindre-axiles des cellules nerveuses des ganglions
spinaux (N.s.p.), aux organes de sensibilité (peau et muqueuses).
2° Les différents étages de la moelle sont reliés entre eux, par
l'intermédiaire des cellules de cordon, dont les
prolongements cylindre - axiles sont à court et à moyen trajet. Les
prolongements de ces cellules sont disséminés à travers les différents cordons
mt
Fig. 28.
Connexions de la moelle avec la périphérie.
N.s.p. neurone sensitif
N.m.p. neurone moteur périphérique, périphérique
de la moelle ; mais on admet que dans le cordon antéro-latéral ils forment deux faisceaux plus ou moins bien circonscrits, à savoir : a) Le faisceau fondamental antérieur ou faisceau restant du cordon antérieur, compris dans l'épaisseur du cordon antérieur, entre les racines antérieures et le faisceau de Tùrck (là où ce faisceau cesse d'exister, le faisceau fondamental antérieur est contigu à la scissure médiane antérieure) et qui n'arrive pas parout jusqu'à la surface libre de la moelle. Sur la planche (fig. 29) que j'ai fait placer sous vos yeux et qui représente la systématisation des faisceaux de la moelle, ce faisceau est représenté par lalettre h.
b) La couche limitante de Flechsig ou faisceau latéral profond, moulé sur la concavité externe de la colonne grise et désigné par les lettres c et d sur notre dessin.
3° La moelle communique avec le bulbe, par l'intermédiaire des cellules de cordon dont les prolongements cylindre-axiles sont, pour la plupart, à long trajet, et dont un certain nombre concourt à la formation du faisceau de Gowers (e), d'autres en-
Fig. 29. — Systématisation des faisceaux de la moelle.
trant dans la composition des faisceaux de Burdach (/) et de (loi! (g):
4° La moelle communique avec le cerveau :
a) Par l'intermédiaire des fibres pyramidales {a et d), qui établissent des rapports de contiguïté entre les grosses cellules pyramidales des zones psychomotrices des hémisphères cérébraux et les grosses cellules motrices des cornes antérieures.
b) Par l'intermédiaire du faisceau de Gowers, ou faisceau ascendant antéro-latéral, que vous voyez représenté sur notre figure par la lettre (e). Vous constatez que sur une section transversale de la moelle, ce faisceau dessine un croissant à concavité interne et qu'il est situé à la périphérie du cordon antéro-latéral. Sa signification physiologique est discutée. Le faisceau de Gowers renfermerait à la fois des fibres commissurales, reliant entre eux différents étages de la moelle, et des
Cervelet
.Faisceau intr.
ilv Lœrt>ciiittJ
fibres qui relient la moelle au bulbe ainsi qu'à l'encéphale, cerveau et cervelet. Une chose est certaine, c'est que les fibres du faisceau de Gowers sont à trajet ascendant ; elles dégénèrent dans le sens ascendant. Je vous ai dit que leur origine présumée
est aux cellules de cordon des cornes antérieures.
î)° La moelle communique avec le cervelet :
a) Par l'intermédiaire du faisceau cérébelleux direct ou faisceau de Flcchsig, qui occupe la partie postérieure et superficielle du cordon latéral (fig. 29 //).
Sur une section transversale de la moelle il se présente sous l'aspect d'une bandelette mince, un peu renflée en avant, s'étendant en arrière jusqu'au sillon collatéral postérieur, contign par sa face profonde au faisceau pyramidal croisé. Ce faisceau également esf composé de fibres à trajet ascendant, qui ont vraisemblablement leur origine dans les cellules de cordon des colonnes de Clarke (fig. 30).
b) Par l'intermédiaire du reste du cordon latéral ou faisceau intermédiaire de LœwenthaL Ce faisceau (/), limité en dedans par les racines antérieures, en avant et en dehors par le faisceau de Gowers, en dedans et en arrière par le faisceau latéral
Fig. 30. — Représentation schématique des connexions de la moelle et du cervelet. (D'après Charpy, Anatomie de Poirier.")
profond, est encore fort mal connu. 11 est composé de libres dont les origines seraient, d'après Marchi, clans le cervelet et qui se termineraient dans les cornes antérieures de la moelle ; elles ont une direction descendante (lig. 30).
J'ai résumé ces connexions dans un tableau synoptique que je vais placer sous vos yeux. Les flèches que vous apercevez sur ce tableau indiquent à la fois la direction des fibres et le sens dans lequel ces fibres dégénèrent quand elles sont séparées des cellules qui leur donnent naissance.
Moelle.
Fibres pyramidales ^^ » ) r
.„ . i /- /o\ ^ 1 UERVEAL.
baisceau de Gowers (.') ^r"* )
v, Faisceau cérébelleux direct ^ n
Moelle. , . . . . , , T (1 i ^ Cervelet.
( Faisceau mtermed. de Lœwentnal *^ )
, i Faisceau de Gowers ^v l D
Moelle. | Faisc(iaux (le Burdach et de GoU ^ | Bulbe.
(Faisceau fondam. ant. CT Faisceau lai. profond fT
moelle. \ ■- , .,'„,.,. *^ f Moelle.
i raisceau de Gombault-Philippe C^
[ Fibres endogènes des cellules de ^r \ cordon "^
i Prolongements cylindre-axiles des Muscles.
grosses cellules des cornes anté- j rieur es ^^ \ T. ,
Moelle. <nl , ... .. , . / Peripherie.
\ Prolongements cylmdre-axiles des cel- i
! Iules nerveuses dos ganglions spi- 1 Peau et
1 naux 0^* I muqueuses.
Comme complément de ce tableau, je crois devoir vous tracer une vue d ensemble des deux grandes voies sensitire et motrice, qui relient les organes périphériques aux centres nerveux.
a. Voie sensitive. — Les impressions sensitives, qui atteignent la peau et les muqueuses, parviennent aux centres nerveux par la voie des fibres sensitives qui naissent des cellules nerveuses des ganglions spinaux. Ces cellules, bipolaires au début, prennent ensuite un aspect unipolaire, qui résulte de la juxtapo-
Fig. 31. — Représentation schématique du trajet des fibres sensitives dans la moelle et dans le bulbe. (D'après van Gehuchtcn.)
B. noyau de Burdach. — G. noyau de Goll. — Ne. neurone central. — N/>, neurone périphérique.
sition de leurs deux prolongements sur une certaine étendue. L'impression périphérique , venue par le prolongement a (fig. 31), traverse-t-elle la cellule c, ou passe-t-elle directement dans le prolongement b ? Nous n'en savons rien.
Le prolongement b traverse quelquefois le cordon postérieur sur toute sa longueur, pour se terminer dans le bulbe, dans l'un des deux noyaux gris connus sous les noms de noyait de Burdach (B) et noyau de Goll (G).
Là il se résout en aborisations terminales, qui s'entrelacent avec les dentrites des cellules de ces deux noyaux.
Chemin faisant, ce prolongement b émet des collatérales qui, se détachant à angle droit, vont s'arboriscr autour des cellules de cordon de la moelle.
C'est par la voie de ces collatérales que les impressions sensitives, venues de la périphérie, mettent en ébranlement les cellules des différents étages de la moelle, lesquels étages communiquent si largement non seulement par la voie des collatérales des fibres exogènes, mais par les fibres endogènes des cellules de cordon.
Le courant principal, provoqué par les impressious sensi
tives, va s'épuiser sur les cellules des noyaux de (Joli et de. Burdach.
Ces cellules, mises en branle à leur tour, propagent l'impression le long de leurs prolongements cylindre-axiles qui, en passant d'un côté à l'autre, constituent Tentre-croisement des pyramides sensitives. Les prolongements en question continuent leur trajet à travers la partie profonde du ruban de Reil, et vont s'épuiser en arborisations terminales dans l'écorce grise des circonvolutions.
A cette voie principale se rattachent en quelque sorte deux voies secondaires :
L'une, dont les origines sont représentées par des cellules cordonales (cornes antérieures), n'est autre que le faisceau de Gowers; elle rejoint la voie principale dans la portion profonde du ruban de Reil.
L'autre, représentée par le faisceau cérébelleux direct, a ses origines dans les cellules des colonnes de Clarke et relie la voie principale au cervelet et plus spécialement aux noyaux de Stilling.
Somme toute, dans sa portion principale, la voie s ensuive est essentiellement constituée par la superposition de deux ordres de neurones :
Un neurone périphérique (Np), dont le corps cellulaire est situé dans les ganglions spinaux et qui, par son double prolongement cylindre-axile, conduit les impressions sensitives de la périphérie aux noyaux de Burdach et de Goll, ainsi qu'aux différents étages de la moelle (fig. 31);
Un neurone central (Ne), dont le corps cellulaire est compris dans un de ces deux noyaux, et dont le prolongement cylindreaxile va se terminer dans l'écorce grise des circonvolutions cérébrales.
Le neurone périphérique Np conserve un trajet direct sur toute sa longueur. Le neurone central Ne passe d'un côté à l'autre, au niveau de l'entre-croisement des pyramides.
b) Voie motrice. — La portion principale de la voie motrice est constituée semblablement par la superposition de deux neurones :
Un neurone central c. (fig. 32), dont le corps cellulaire est représenté par une cellule pyramidale c.p.s, de la zone
psychomotrice des circonvolutions, et dont le prolongement cylindre-axile, représenté par une fibre pyramidale, va se terminer dans la corne antérieure du côté opposé, sous forme (
une
JScofce. ceré-brcLLes
fïht-c purcunxdjale.
Fig. 32.— Représentation schématique de la voie motrice.
Cps, Cellule psychomotrice de l'écorce céréhrale. — Cm, Cellule motrice des cornes antérieures de la moelle. — c, voie centrale. — u, p. voie périphérique.
Fin. 33. — Représentation schématique montrant l'entre-croisement des voies sensitives et motrices au niveau du bulbe.
arborisation terminale qui enlace une grosse cellule motrice.
Un neurone périphérique n. p, dont le corps cellulaire c. m est représenté par une de ces grosses cellules motrices des cornes antérieures, et dont le prolongement cylindre-axile sort de la moelle avec une racine antérieure et va aboutir à un muscle du côté homologue.
A cette voie principale se raccorderait, au dire de Marchi,
une voie secondaire [faisceau intermédiaire de Lœwenthal) représentée par des neurones dont les corps cellulaires sont situés dans le cervelet, et dont les prolongements cylindreaxiles vont se terminer dans les cornes antérieures, autour des grosses cellules motrices (transmission des impulsions coordinatrices).
Deux dessins que je vais faire passer sous vos yeux, vous donneront une représentation schématique des deux voies principales sensitive et motrice (fig. 33 et 37).
Il y a lieu de tenir compte encore des voies de raccord qui établissent des communications transversales entre les deuxmoitiés latérales de chaque voie, et entre ces deux voies elles-mêmes. Je serais entraîné trop loin si je me laissais aller à vous énumérer ces voies de raccord.