Forgues. — Thèse de Montpellier
PARALYSIES RADICLL AIRES DU PLEXUS BRACHIAL. 221
née; elle s'y distribue dans des territoires topographiquement constants, mais fonctionnellement indéterminés : elle est la racine d'un département musculaire donné; elle n'est pas la racine d'une fonction. » En d'autres termes, il n'existe pas de racines qui soient préposées les unes à la flexion, les autres à l'extension de tel ou tel segment du membre supérieur, comme le font les nerfs qui se détachent du plexus brachial. Une même racine, après s'être enfoncée dans l'enchevêtrement des filets constituants de ce plexus, va, à sa sortie, en aval, éparpiller ses fibres dans des nerfs de fonction différente.
Or les données de la clinique sont en parfaite harmonie avec ces résultats de l'anatomie et de l'expérimentation. La clinique, en effet, nous montre des cas de paralysie limitée à un groupe de muscles innervés par des nerfs différents, preuve indirecte que ces muscles reçoivent, en réalité, leurs filets nerveux d'une même ou de plusieurs mêmes racines. Elle nous montre, par exemple, des cas du type Duchenne-Erb, dans lesquels la paralysie est circonscrite aux muscles deltoïde, biceps, brachial antérieur et long supinateur, soit exclusivement, soit à ces mêmes muscles et en même temps au sus et sous-épineux, au faisceau claviculaire du grand pectoral et au court supinateur.
Jetez, je vous prie, un coup d'œil sur le tableau qui représente les zones de distribution des racines formatrices du plexus brachial, en regard de la distribution de la paralysie motrice, dans ces deux types de paralysie radiculaire, vous vous convaincrez aisément que : dans le premier cas (paralysie exclusivement localisée au deltoïde, biceps, brachial antérieur et long supinateur) la lésion causale doit intéresser les racines motrices des cinquième et sixième paires cervicales, mais une partie seulement de ces fibres, à savoir celles qui sont destinées à ces quatre muscles; dans le second cas (paralysie des muscles précédents, associée à celle des muscles sus et sousépineux, faisceau claviculaire du grand pectoral et court supinateur) la lésion doit toucher un très grand nombre, la presque totalité des fibres de ces mêmes racines; l'observation de Rose1 est particulièrement probante à cet égard.
1. Rose. — « Ein Ncuron der Erb'schen Plexus Wurzeln. » Dent. Zeitschrift fur klin. C/iirurg. t. XXIV, 188G, p. 392.
11 s'agit d'un malade, affecte d'un névrome dont l'extirpation nécessita la rcscc-
D'autre part, la clinique nous montre encore des cas de paralysie radiculaire inférieure, type Klumpke. Ici, sont seuls atteints par la paralysie les muscles innervés parles nerfs cubital et médian. Avec cette paralysie coexistent des phénomènes oculo-pupillaires, sur lesquels j'aurai tout à l'heure à revenir. Un regard, jeté sur le schéma, vous montre que la lésion doit se cantonner à la première paire dorsale. C'est précisément ce qui a lieu.
Je viens de vous rappeler que le mode de groupement des fibres nerveuses motrices est très différent en amont et en aval du plexus brachial. Il faut entendre par là que des faisceaux de fibres nerveuses, contigus ou très voisins dans les racines antérieures, divergent à leur sortie du plexus et ne se terminent point dans un seul et même nerf. Autrement dit, tel nerf du membre supérieur, qui innerve des groupes musculaires voisins ou des muscles synergiques, tire ses fibres nerveuses de racines distantes Tune de l'autre. Voilà pourquoi, si la lésion intéresse le plexus brachial en un point où les branches terminales et collatérales sont déjà formées, la paralysie présentera une disposition différente de celle des paralysies radiculaires. Dans le premier cas, vous vous trouverez en présence, ainsi que je vous l'ai déjà dit, de Y association d'un certain nombre de paralysies fc nerfs périphériques, la paralysie du radial se trouvant, par exemple, associée à celle du cubital, du médian, du musculo-cutané, etc.. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que ces associations paralytiques peuvent se combiner de diverses manières.
Vous voyez, en somme, qu'il importe de distinguer les paralysies radiculaires partielles des paralysies périphériques associées.
tion des racines des cinquième et sixième paires cervicales, sur une étendue de plusieurs centimètres. Les conséquences de cette résection furent une paralysie des muscles scalène antérieur, sous-épineux, sus-scapulaire, petit rond, grand rond, deltoïde, biceps, coraco-brachial, brachial antérieur et long supinateur.
PARALYSIES RADICULAIRES DU PLEXUS BRACHIAL.
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