Kron. — Deut. med. Zeit., 1894, n° 44, p
5. Budinger. — Archin fur klin. Chirur., 1894, t. XLVII, fasc. 1.
6. Voir dans la Revue internat, de thérapeutique, 1894, p. 218, les détails relatifs au mécanisme et à la prophylaxie de ces accidents.
PARALYSIES RADICULAIRES DU PLEXUS BRACHIAL. 235
paralysie du plexus brachial reconnaît, dans des cas exceptionnels, un mécanisme fort singulier. Une rupture vasculaire se produit dans les vaisseaux de la région et une collection sanguine se forme, qui vient brusquement comprimer le plexus. 11 s'agit, dans ces conditions, de cette variété de paralysie qu'on a qualifiée iïapoplecli forme ou d'apoplectique. Le premier de ces qualificatifs a été employé tout d'abord par Dubois (de Berne), plutôt pour indiquer la rapidité du début que pour incriminer une hémorrhagie. « Le mot apoplecti forme , dit en effet l'auteur, peut parfaitement cadrer avec l'idée de névrites aiguës, inflammatoires, qui peuvent avoir un début rapide et s'aggraver rapidement. » Et, plus loin, Dubois ajoute textuellement : « On peut toujours se figurer qu'une inflammation subaiguë des nerfs (peut-être une névrite hémorrhagique?) occasionne une paralysie subite. » Dans une communication postérieure1, Dubois cite un nouveau cas d'apoplexie périphérique, de névrite apoplectique, pour me servir de ses propres expressions. Il s'agit d'un homme de soixante et un ans, ancien rhumatisant, qui, un soir, vit tout à coup son bras droit tomber inerte le long du corps. Il ne tarda pas à éprouver de violentes douleurs dans l'épaule et le bras. La main enfla rapidement et l'œdème gagna tout le membre supérieur, de telle sorte qu'on crut tout d'abord à un phlegmon occasionné par une piqûre de mouche venimeuse. Trois semaines après, les douleurs avaient disparu, mais la paralysie subsistait et intéressait tous les muscles innervés par le cubital, le médian, le radial et le musculocutané. Le circonflexe était seulement parésié. L'anesthésie occupait le territoire des quatre nerfs précédents, et les muscles, considérablement atrophiés, offraient la réaction de dégénérescence. A ce propos, Fauteur fait ressortir le caractère névritique des douleurs et le mode de début apoplectiformc. Mais il ne se prononce nullement sur la cause de cette paralysie : « Dans les cas observés, disait-il textuellement, il n'y avait aucune cause appréciable. Dans un fait d'Eichhorst, on a noté l'alcoolisme, et la tuberculose dans un autre. »
H. Eichhorst2, en effet, a rapporté un cas de paralysie alcoo-
\. Dubois. — Correspond, fur Schweiz. Aerzte, 1890, n" 1, p. 9. 2. Eichhorst. — Virchow's Archiv. t. CIX, i'asc. 1.
ligue apoplectique des extenseurs de l'avant-bras. L'autopsie n'ayant pas permis de découvrir de lésions susceptibles d'en rendre compte, cet auteur admet l'existence d'une paralysie fonctionnelle, sine materia.
On a donc eu tort, Messieurs, d'attribuer à Dubois une opinion qu'il n'a pas émise. Jamais il n'a parlé de compression du plexus brachial par un épanchement hémorrhagique.
Le premier qui, à ma connaissance, ait dit paralysie apoplectique pour dire hémorrhagique, est Remak. Cet auteur a publié l'histoire d'un malade1 qui, à la suite d'une chute sur l'épaule gauche, fut aussitôt paralysé du membre supérieur correspondant. Je passe sur les détails cliniques du cas; j'en extrais simplement cette réflexion de Remak : « Je présume que, dans ce cas de paralysie développée subitement à la suite d'une chute, il s'est agi d'un épanchement sanguin autour du plexus brachial ou dans ce plexus. » Plus récemment, M. Déjerine 2 a communiqué un fait de névrite apoplecti forme du plexus brachial, suivi d'autopsie. C'est le seul exemple authentique, connu jusqu'ici, d'hémorrhagie de ce plexus. En effet, à l'autopsie de son malade, M. Déjerine trouva une poche fibreuse, remplie d'hématoïdine, et le tissu cellulaire avoisinant infiltré par la même substance. Il y avait, en outre, dans l'aisselle, une gaine ostéo-fibreuse, comparable à une masse de cire coulée autour du paquet vasculo-nerveux et passant dans tous les interstices. Cette gaine n'était, selon toutes probabilités, que l'aboutissant du processus d'inflammation interstitielle, déterminé par l'hémorrhagie du début.
Je vous ai suffisamment montré que, chez le malade qui a fait l'objet de la précédente leçon, toutes les vraisemblances étaient pour l'existence d'un foyer hémorrhagique, causé sans doute par la rupture d'une artère sous-scapulaire; je crois donc inutile de revenir aujourd'hui sur ce point.
Je ne puis, Messieurs, terminer cette étude générale sans vous entretenir un instant de la thérapeutique qu'il convient