‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 3)Chapitre 68 sur 129 · UN CAS DE PAKALYSIE L ABI0-GL08S0-L ARYNGÉE · texte numérisé non relu

UN CAS DE PAKALYSIE L ABI0-GL08S0-L ARYNGÉE

Tantôt il n'existe qu'une artère spinale; tantôt il en existe deux. D'autrefois les deux spinales s'anastomosent presque immédiatement pour former un tronc unique. Lorsqu'il existe deux spinales, il est de règle qu'elles s'envoient une large anastomose transversale.

Comme vous le savez, l'artère spinale antérieure parcourt le sillon médian du bulbe. Sur les côtés elle envoie des branches aux parties latérales du bulbe (artères radiculaires), tandis que ses branches médianes se dirigent directement vers les noyaux (artères médianes antérieures).

11 importait de vous remettre en mémoire cette distribution et cette origine des artères du bulbe, pour comprendre les conséquences anatomiques et cliniques de leur oblitération. Ce sont surtout les artères médianes qui par leurs lésions engendrent des foyers bulbaires. Ces foyers hémorrhagiques ou nécrobiotiques sont situés près de la ligne médiane et affectent la forme d'un triangle dont le sommet est situé en avant et la base, en arrière, sur le plancher du quatrième ventricule. L,e trajet et la terminaison de ces artères explique naturellement cette configuration.

C'est en se basant sur la distribution de ces artères médianes que Duret avait conçu a priori la théorie suivante, que je tiens à vous citer textuellement :

« 1° Lorsqu'un caillot siège dans l'une des artères vertébrales, il interrompt la circulation dans l'artère spinale antérieure et, par conséquent, dans les artères médianes qui en partent, c'est-à-dire dans les artères nourricières des noyaux du spinal, de l'hypoglosse et du facial inférieur. Il donnera lieu à lous les symptômes "d'une 'paralysie labio-glosso-laryngée à début brusque.

a 2° Lorsque le caillot occupe la partie inférieure du tronc basilaire, il anémie les artères sous-protubérantielles, les artères des noyaux du pneumogastrique ; il s'ensuivra une mort subite, ou au moins rapide. »

Or, Messieurs, il y a dans la science des observations qui confirment ces vues théoriques. Je ne vous rappellerai ici que

les faits du premier groupe, je veux dire de paralysie labio-glosso-laryngée, car eux seuls nous intéressent aujourd'hui.

Supposez qu'un caillot embolique ou qu'une coagulation thrombosique oblitère dans une certaine étendue le calibre de l'artère vertébrale, et vous réaliserez les symptômes dune paralysie glosso-labiée apoplectiforme. 11 en était ainsi dans les observations de Proust, publiées par Luneau J, de Gharcot2, de Geoffroy3, de Strohl4. La première observation de Luneau peut, sous ce rapport, servir de type. Une femme de soixante-huit ans est prise tout à coup d'engourdissement dans le côté gauche du corps et s'affaisse. En même temps que cette faiblesse du côté gauche, existaient une aphonie et une dysphagie complètes. L'intelligence était intacte. Le lendemain, l'hémiparésie diminua. Quatre jours après survint du hoquet, le pouls devint rapide et la malade mourut. A l'autopsie on trouva l'extrémité supérieure de l'artère vertébrale gauche oblitérée par un caillot qui en remplissait le calibre. L'artère cérébelleuse inférieure gauche était même obstruée. Et il y avait un foyer de ramollissement bulbaire, ainsi qu'en témoignent ces lignes : « M. Charcot, quia bien voulu examiner cette pièce, a cherché si la substance médullaire n'était pas altérée du fait de ces artères oblitérées qui sont les artères nourricières du bulbe. Des fragments pris au niveau du plancher du quatrième ventricule, non loin des noyaux d'origine de l'hypoglosse, du spinal et du facial, ont laissé voir au microscope des corps granuleux et des oblitérations semblables à celles qu'on trouve dans le ramollissement cérébral ischémique. » Il résulte de ce fait que le caillot occupait la vertébrale et que le spinal, l'hypoglosse et le facial inférieur étaient les nerfs atteints. J'ajoute que, dans ce cas, la paralysie de la bouche, de la langue et du voile étaient unilatérales.

Mais la paralysie peut être bilatérale. Il en était ainsi dans le cas de M. le professeur JoffroyJ : la paralysie glosso-labiée

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