UN CAS DE PARALYSIE L A BIO-GLOSSO-L A R YN GÉE
Messieurs, avant de terminer, deux mots sur le pronostic et sur le traitement. Quel est l'avenir réservé à notre malade? Il est évidemment moins sombre que dans la paralysie labioglosso-laryngée progressive de Duchenne. Cette femme nous a raconté que les troubles fonctionnels, très marqués au début, s'étaient fatténués depuis lors. Il n'en est pas moins vrai que ses lèvres, sa langue sont en voie d'atrophie et que, de ce seul fait, elle se trouve exposée à des accidents sérieux. D'autre part, un nouvel ictus reste toujours à craindre. Pour ces deux motifs; il me semble juste de faire d'expresses réserves et prudent de prévoir la possibilité prochaine d'un dénouement fatal.
Quant au traitement, il ne peut être que purement palliatif. Nous avons prescrit à cette femme le calme et le repos; nous lui avons administré l'iodure de sodium, et appliqué des pointes de feu derrière la nuque. Mais je ne me fais aucune illusion sur l'efficacité de cette thérapeutique. Elle peut prévenir la formation de nouvelles lésions; elle ne peut rien contre le foyer nécrobiotique existant. S'il est, à cet égard, une amélioration à espérer, il faut l'attendre des seuls efforts de la nature.
Sommaire. — Historique. — Mémoires de Jolïroy, de L épine; travaux ultérieurs. Interprétation de l'opinion d'Oppenhcim et Siemerling.
Premier exemple clinique. — Le syndrome s'établit après deux attaques éloignées d'hémiplégie. Symptômes classiques. Contraste entre les mouvements simples et les mouvements coordonnés.
Second exemple. — Établissement du syndrome après deux attaques d'hémiplégie au cours d'une maladie mitralc associée au mal de Bright. Symptômes classiques. Discordance entre les mouvements simples et les mouvements coordonnés. Évolution du syndrome pseudo-bulbaire et apparition d'une épilepsie partielle d'origine urémique.
Diagnostic. — Discussion sur la nature des lésions dans les deux exemples précédents. Rôle de l'artérite dans le premier, de la maladie mitrale dans le second.
Aperçu anatomique sur le corps strié, particulièrement sur le noyau lenticulaire.
La lésion du syndrome pseudo-bulbaire est ordinairement bilatérale, symétrique, et occupe le putamen. Exceptions : lésions corticales, lésions unilatérales.
Pathogénie dans les cas de foyers corticaux. Pour les cas de lésions centrales, hypothèse qui place, dans les masses ganglionnaires, des centres d habitude, chargés de la coordination fonctionnelle.
Messieurs,
Duchenne de Boulogne a défini la paralysie labio-glossolaryngée : <- une affection paralytique qui, sans cause connue, envahit successivement les muscles de la langue, ceux du voile du palais et Torbiculaire des lèvres; qui produit conséquemment des troubles progressifs dans l'articulation des mots et dans la déglutition; qui, à une période avancée, se complique de troubles dans la respiration; dans laquelle, enfin, les sujets