‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 3)Chapitre 73 sur 129 · Leçon du 31 mai · texte numérisé non relu

Leçon du 31 mai

succombent à l'impossibilité de s'alimenter ou pendant une syncope. » Ce syndrome répond anatomiquement à une altération dégénérative, limitée à certains noyaux moteurs du bulbe, compliquée ou non de sclérose de la substance blanche des pyramides. Il s'agit là, somme toute, d'une affection paralytique, progressive par sa marche, bulbaire par son siège, d'où le nom de paralysie bulbaire progressive, que lui a donné Wachsmutli et sous lequel la désignent couramment les Allemands.

Mais la paralysie des lèvres, de la langue, du voile et du larynx n'est pas toujours l'expression d'une lésion bulbaire. Nous connaissons aujourd'hui de nombreux exemples de semblable paralysie, dans lesquels le bulbe est intact et qui relèvent de lésions cérébrales. Il existe, en d'autres termes, une paralysie pseudo-bulbaire d'origine cérébrale. Et c'est de cette dernière que je désire vous entretenir.

Son histoire a passé par une série de phases que je vais vous résumer brièvement. Dès 1837, Magnus l publiait un cas de paralysie glosso-labiée, plus ou moins analogue au syndrome décrit plus tard par Duchenne. A l'autopsie on trouva une lésion ayant détruit la partie inférieure des deux circonvolutions centrales de l'hémisphère droit. Mais c'est en réalité à Joffroy et à son maître Gharcot que revient le mérite d'avoir attiré, pour la première fois, l'attention sur l'existence d'une forme cérébrale de paralysie bulbaire. Joffroy, dans un fort intéressant mémoire, passait en revue les principaux processus qui peuvent engendrer le syndrome labio-glosso-laryngé, et il opposait la forme protopathique, liée à l'atrophie des noyaux d'origine des nerfs bulbaires, à la forme apoplectique 2. Et, parmi les modalités de cette dernière, il citait explicitement la paralysie labio-glosso-laryngée d'origine cérébrale. « Le même groupe symptomatique, écrivait-il, peut se rencontrer en dehors de toute lésion bulbaire, dans le cas de double lésion cérébrale, comme Gharcot nous en a montré un exemple. On

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