Leçon du 23 mars
l'espace de temps relativement court dont je dispose, une idée tant soit peu complète et précise d'une question très vaste.
Aussi bien les causes de Yépilepsie dite partielle, corticale ou bravais- jacksonienne , sont à la fois très nombreuses et très dissemblables. Ainsi que Ta fort bien dit notre chef de clinique, M. Souques, dans l'article que je vous ai cité1, le polymorphisme de ces influences étiologiques contraste avec l'uniformité de leur mode d'action, pour une raison bien simple : en matière d'épilepsie corticale, la cause n'est rien, le siège de V influence épileptogène est tout. Cette dernière sera ce que vous voudrez, pourvu qu'elle agisse, en l'excitant, sur une partie ou sur la totalité de la zone motrice de l'un des hémisphères.
Ne vous attendez donc pas à ce que je vous fasse une énumération fastidieuse des causes les plus diverses qu'on voit figurer dans les nombreuses observations d'épilepsie partielle, publiées un peu partout. Cette manière de procéder serait à la rigueur admissible dans un traité de pathologie. Tout autre est le plan que je vais adopter, parce que je suis tenu d'envisager les choses en clinicien qui se préoccupe avant tout des nécessités de la pratique. Or, sur ce terrain-là, cette question d'étiologie se pose en termes très simples. En présence d'un cas d'épilepsie corticale ou jacksonienne, vous allez à la recherche de la cause des attaques convulsives, non pas tant pour satisfaire votre curiosité, celle du malade et de son entourage, que pour vous éclairer sur le choix du traitement à mettre en œuvre. Je vais donc passer en revue les principales causes d'épilepsie corticale ou jacksonienne, en les groupant suivant les indications thérapeutiques qui en découlent; ces indications varient du tout au tout, suivant les cas ou plutôt suivant les circonstances causales.
Étiologie. — ^4. En tête, je place les cas où des attaques d'épilepsie corticale éclatent dans le cours d'une affection des centres nerveux, caractérisée par des lésions incurables. Cette éventualité se voit surtout dans deux maladies : dans la para-
\. Article : ÉpUepsic jacksonienne, in Manuel de médecine publié sous lu direction de MM. Debove et Achard, t. IV.
lysie générale des aliénés, ou méningo-encéphalite diffuse, et dans Yhémiplégie spasmodique infantile. Cette dernière affection est le plus souvent symptomatique d'une porencéphalie , d'une lacune cratériforme de l'un des hémisphères; elle est presque toujours consécutive à une lésion d'origine intra-utérine. La porencéphalie peut être une cause d'épilepsie jacksonienne sans que nécessairement elle se traduise par une hémiplégie spasmodique.
Lliydrocépïialie peut également être une cause d'épilepsie jacksonienne. Enfin, plus rarement, cette dernière est sous la dépendance d'un foyer d hémorrhagie ou de ramollissement cérébral.
B. Lépilcpsie jacksonienne peut être symptomatique dune maladie qui n'affecte les centres nerveux que par voie indirecte; c'est ainsi que vous observerez des attaques d'éclampsie jacksonienne dans les cas d'urémie. Deux mécanismes ont été invoqués pour rendre compte des attaques convulsives qui surviennent dans ces conditions, à savoir : l'œdème cérébral, et l'auto-intoxication par des produits toxiques de la désassimilation, retenus dans le sang par suite d'une insuffisance de la dépuration rénale. Le second élément, l'auto-intoxication, paraît jouer le rôle prépondérant, sinon exclusif, dans le développement de l'épilepsie partielle symptomatique de l'urémie. Laissez-moi vous rappeler à ce propos les recherches expérimentales de Landois1, qui démontrent qu'en irritant l'écorce cérébrale à l'aide de poisons excrémentitiels, tels que la créatine et la créatinine, on obtient des convulsions d'un type tout à fait différent de celles obtenues lorsqu'on porte ces mêmes poisons au contact du bulbe et de la moelle.
Les attaques d'épilepsie partielle qu'on a observées exceptionnellement dans des casd'acétonémie, d'indigestion(Lépine), de dilatation de l'estomac2, plus souvent chez des parturientes