‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 3)Chapitre 93 sur 129 · LE SYNDROME TABES SPASMODTQUE · texte numérisé non relu

LE SYNDROME TABES SPASMODTQUE

tum anatomo-pathologiquc une dégénérescence primitive des faisceaux pyramidaux. Dans les leçons dont je vous parlais tout à l'heure, je suis revenu sur cette question et j'ai énuméré les principales affections (organiques pour la plupart) du système nerveux qui, à en juger par les faits connus, peuvent évoluer sous les traits du syndrome tabès spasmodique. Ce sont :

La sclérose en plaques fruste; l'hydrocéphalie; les tumeurs de l'encéphale; la myélite diffuse à fausse systématisation; la myélite transverse; la syringomyélie; la sclérose latérale amyotrophique; la syphilis des centres nerveux; l'hystérie (contractures hystériques); enfin, certaines formes de scléroses systématiques combinées. Ce dernier point est à retenir; j'y reviendrai tout à l'heure.

Il n'est pas jusqu'au rhumatisme chronique qui ne puisse quelquefois s'accompagner d'un léger degré de contracture, d'exagération des réflexes et de trépidation spinale. Il est bien entendu qu'au point de vue du diagnostic il n'y a lieu d'envisager que les formes atténuées, effacées en quelque sorte, des affections que je viens de nommer; celles-là seules peuvent être confondues avec ce qu'on appelle le tabès spasmodique, comme vous le montrent les divers malades que je fais passer sous vos yeux.

Vous saisissez maintenant les motifs de la réserve que je m'imposais tout à l'heure, lorsque je me suis demandé quelles lésions des centres nerveux pouvaient bien être en cause chez nos deux malades.

J'aborde maintenant une question qui a été soulevée à nouveau dans ces dernières années, à la suite de la publication decertains faits sur lesquels je désire m'étendre un peu. Cette question est de savoir s'il n'arrive point que les manifestations du tabès spasmodique aient pour substratum anatomique une sclérose primitive des faisceaux pyramidaux?

A priori, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait en être ainsi. Mais, d'autre part, je conteste que les faits invoqués à l'appui d'un tabès spasmodique dépendant d'une sclérose des

faisceaux pyramidaux aient la signification que quelques auteurs ont prétendu leur attribuer. Ces faits, je vais rapidement les passer en revue pour tâcher de justifier ma manière de voir.

Un premier est de Strumpell *.; il s'agit encore d'un cas d'affection familiale du système nerveux, car il concerne un malade dont le frère a présenté les mêmes accidents. Chez ce malade, on avait porté le diagnostic de paralysie spinale spastique (tabès spasmodique), les symptômes observés du vivant du sujet s'étant réduits à une exagération très prononcée des réflexes tendineux, associée à delà contracture et à une parésie motrice des membres inférieurs. Pendant longtemps, les premiers symptômes, la contracture, l'exagération des réflexes tendineux, subsistaient seuls, imprimant à la démarche du malade le cachet particulier qui a fait qualifier de spastique ou de spasmodique ce mode de déambulation.

Même dans les derniers temps de sa vie, et quoique la maladie datât de loin, les jambes n'étaient pas complètement paralysées; on notait simplement de la « pseudo-parésic ».

Voici ce que Ton a trouvé à l'autopsie : je vais me servir à dessein des propres expressions de Strumpell, telles qu'elles m'ont été traduites par mon ami le Dr Ricklin :

« Une affection systématique combinée, qui consistait surtout dans une altération primitive des faisceaux pyramidaux, mais qui intéressait, dans une moindre mesure, les faisceaux cérébelleux latéraux et les cordons de Goll. Selon foule vraisemblance, les faisceaux pyramidaux directs, compris, comme vous le savez, dans les cordons antérieurs, étaient touchés. Chose curieuse, contrairement à ce qui arrive dans les cas de dégénérescence secondaire, la dégénérescence des faisceaux pyramidaux allait en diminuant d'étendue dans le sens transversal, de bas en haut, à partir du renflement lombaire (pour s'arrêter en aval de la décussation des pyramides), tandis que le contraire avait lieu pour le faisceau^ cérébelleux latéral et pour le cordon de Goll.

« La limitation de l'affection aux territoires susdits de la seclion transversale de la moelle, sa symétrie dans les deux moitiés de celle-ci, l'absence de tout autre foyer morbide au-

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