LE SYNDROME TABES SP A SMODIQU E
de môme siège que celles qu'on avait constatées à l'autopsie de l'autre frère.
A propos de ces faits, Strûmpell, dans un précédent mémoire1, avait fait remarquer que « le léger embarras de la parole et le tremblement des mains, provoqués par les mouvements intentionnels, devaient évoquer le souvenir de maints cas de sclérose en plaques ».
Or, j'ai rappelé moi-même, à ce propos, dans mes leçons sur le tabès spasmodique, qu'à l'autopsie ne la malade qui avait servi de thème à Charcot pour sa première description du tabès spasmodique, on avait trouvé les lésions de la sclérose en plaques. J'ai rappelé que le professeur Bernhardt2 avait publié les observations de quatre frères, dont l'un présentait les symptômes du tabès spasmodique associés à un léger embarras de la parole; chez un autre, les symptômes du tabès spasmodique avaient subsisté pendant bien des années, puis il s'y était ajouté une parésie de quelques muscles de l'œil, et un embarras de la parole, semblable à celui qu'on observe dans les cas de sclérose en plaques. Bien entendu, Bernhardt n'a pas manqué de faire ressortir l'analogie de ces cas avec certaines formes frustes de la sclérose en plaques.
On [m'objectera, peut-être, que l'un des deux malades de Strûmpell a fait l'objet d'une autopsie et que celle-ci a démontré l'existence d'altérations spinales autres que celles de la sclérose en plaques. Il est on ne peut plus vraisemblable que le frère de ce malade, du moment qu'il réalisait les mêmes symptômes, devait être atteint des mêmes lésions spinales.
Je le veux bien. Mais encore faut-il admettre, chez lui, l'existence de lésions cérébrales et bulbaires, susceptibles d'expliquer le tremblement de la tête et l'embarras de la parole.
Que si, pourtant, l'autopsie démontrait, un jour ou l'autre, l'existence, chez ce second malade, de lésions de la sclérose en plaques, ce serait une preuve nouvelle à l'appui de la thèse que j'ais outenue et que je soutiens encore, à savoir que le syndrome tabès spasmodique peut servir d'expression clinique à des processus anatomo-pathologiques très dissemblables.
Ce serait encore une raison, pour les anatomo-pathologistes,