Voir la leçon I, p
DIAGNOSTIC DES TUMEURS CÉRÉBRALES, îi4o
écoulement par les veines, ^le voilà conduit à rappeler en quelques mots le mécanisme pathogénique à l'aide duquel on prétend expliquer la stase papillaire, l'œdème de la papille, dans les cas de tumeur cérébrale.
Trois théories principales ont été mises en avant, pour expliquer la production de la stase papillaire :
L'une fait intervenir l'infection microbienne (Deutchmann), elle me paraît absolument insoutenable, à n'envisager que les cas de tumeur cérébrale.
Une autre fait dépendre la stase papillaire d'une augmentation de la pression intra-crànienne. Contre cette seconde théorie, on a fait valoir que la stase papillaire pouvait se rencontrer indépendamment de toute augmentation de la pression intra-crànienne et inversement.
Enfin la troisième théorie, à laquelle je me rallie, et qui a été édifiée sur des arguments solides, notamment par M. Parinaud, rattache la stase papillaire à l'œdème cérébral et à Thydropisie ventriculaire, qui ne font presque jamais défaut dans les cas de tumeur cérébrale. Je vous ai expliqué^ comment la présence d'une tumeur dans la cavité crânienne gène la circulation en retour de l'encéphale et occasionne une hydropisie ventriculaire. Celle-ci, de son côté, gêne la circulation lymphatique et entraîne l'œdème cérébral. Or le nerf optique, qui n'est qu'un prolongement du cerveau, participe à cet œdème. Ainsi que je vous l'ai déjà dit dans une précédente occasion, l'œdème de la papille n'est donc qu'une manifestation partielle de l'œdème cérébral, qui est lui-même une conséquence d'une accumulation de liquide céphalo-rachidien dans la cavité crânienne. Comme l'a fait remarquer très judicieusement M. Rochon-Duvigneau -, l'œdème débute par la papille et le lac sous-arachnoïdien rétro-bulbaire, de même que les œdèmes d'origine cardiaque débutent par les malléoles, parce que c'est à la périphérie que se font sentir d'abord les conséquences des