Grasset. — Localisations cérébrales, Paris
3. Von Monakow. — Experimentelle und pathologisch-anotomische Untersuchungen, etc. Archiv fur Psychiatrie und Nervenkrank., 1892, t. XXIII, fasc. 3, p. 643 (obs. III.)
4. Allen Starr and A. J. Me Cosh. A contribution to the localisât, of the muscular sensé. American Journal of the medic Sciences, 1894.
sens musculaire dans le bras du côté opposé, sans trace aucune de paralysie motrice.
En présence de ces données, une conclusion s'impose, c'est que les centres de la sensibilité musculaire sont situés en partie dans l'aire du lobe pariétal (fig. 60). Quand une tumeur occupe ce territoire de la surface convexe du cerveau, elle pourra donc occasionner l'abolition du sens musculaire dans les membres du
FiG. 60.
côté opposé, sans qu'il y ait de paralysie motrice concomitante. Soit dit en passant, on distingue aujourd'hui du sens musculaire proprement dit, qui nous renseigne sur l'état de contraction des muscles et sur le poids des corps, le sens stéréognostique (A. Hoffmann), en vertu duquel nous apprécions par le toucher la forme géométrique des objets. Quand le sens stéréognostique est aboli, nous sommes privés de la faculté de reconnaître sans le concours de la vue, par le seul toucher, et d'après leur conformation extérieure, des objets usuels. On n'est pas encore bien fixé sur la localisation précise de ce sens stéréognostique dans l'écorce ^
■1. Mon chef de clinique, M. Gasne, vient de jyuhlier {Nouvelle Iconogi^aphie de la Salpêtrièi^e, janvier et février 1898), deux observations d'hystérie avec disparition complète du sens stéréognostique, sans autres troubles de la sensibilité. Il a
d) Ptosis cortical. — On a prétendu que le centre moteur cortical de la paupière supérieure se trouve compris dans les limites du lobe pariétal. A l'appui de cette assertion, on a invoqué des faits cliniques publiés par Grasset \ par Landouzy- , par Chauffard ^ Surmont ^, Lemoine', et tout récemment par Giannelli'', relatifs à des cas de ptosis unilatéral observés chez des sujets à l'autopsie desquels on a trouvé une lésion en foyer de la partie antérieure de la deuxième circonvolution pariétale, appelée encore lobule supramarginal (fig. 60). Mais en regard de ces faits se dressent ceux de lésions en foyer qui intéressaient le lobe pariétal dans presque toute son étendue, et où il n'existait point de paralysie de la paupière supérieure du côté opposé; sans compter que le ptosis peut s'observer avec des lésions corticales intéressant d'autres régions du cerveau, ainsi que l'ont montré Charcot et Pitres.
Il y a là une question de localisation, qui est encore en suspens.
G. Lobe temporal. — Le lobe temporal, situé à la partie inférieure de l'hémisphère, est limité en avant et en haut par la scissure de Sylvius, qui le sépare du lobe pariétal, en bas par le bord inférieur de l'hémisphère, en arrière par la scissure perpendiculaire externe, ligne fictive qui le sépare du lobe occipi-
conclu que l'esprit est naturellement porté à supposer qu'une fonction qui peut s'isoler cliniquement d'une façon si nette doit pouvoir s'isoler anatoniiquement.
1. J. Grasset. — Méningite ; parai j'sie limitée de la paupière supérieure gauche; lésion à l'extrémité de la scissure parallèle. Progrès médical, 1876, n° 22.
2. Laxdolzy. — De la blépharoptose cérébrale, etc. Archives rjénérales de médecine, août 1871.
3. Chauffard. — Ramollissement du pli courbe. Blépharoptose droite incomplète, Revue de médecine. 1881, p. 189.
4. Slrmont. — De la blépharoptose d'origine cérébrale. Tlièse de Lille, 1886, ■a." 28.
5. Lemoine. — De la blépharoptose cérébrale. Revue de médecine, juillet 1887, p. 379.
6. GiA>3ELLi. — Rivisla quindicimale di Psicologia, Psychiafria, Xeurologia. I"mail897.
tal. Il se compose de trois circonvolutions parallèles à la scissure de Sylvius et qui sont, en allant do haut en bas : la /jr<?mière, la deuxième et la troisième circonvolutions temporales.
Tumeurs du lobe temporal. — L'écorce du lobe temporal est le territoire cortical où viennent aboutir les terminaisons du nerf acoustique. Ce territoire peut donc être considéré comme le centre de la perception des impressions acoustiques, comme le siège de la conscience auditive (fig. 61). Seulement il importe de vous rappeler que les fibres terminales de chaque nerf auditif se répandent dans les deux hémisphères; autrement dit, chaque lobe temporal est en communication avec les deux nerfs acoustiques. Il était donc à prévoir que seules, les lésions qui désorganisent les circonvolutions temporales des deux hémisphères entraînent une suppression de la conscience auditive, c'est-àdire ce trouble de la perception, que les auteurs allemands ont baptisé du nom de surdité de l'âme. Par là ils veulent dire que ceux qui sont frappés de ce trouble de la perception conservent l'ouïe, mais ne distinguent plus les uns des autres les sons qu'ils entendent.
Effectivement, nous connaissons déjà un petit nombre de faits cliniques, qui nous ont fourni la confirmation de ces prévisions. Le plus intéressant de tous a été publié il y a déjà près de quinze ans, par Friedlànder et Wernicke*. Il concernait une femme qui, à l'âge de 43 ans, avait eu coup sur coup deux attaques d'apoplexie. A la suite de ces attaques elle se trouva incapable de comprendre ce qu'on lui disait (surdité verbale). Elle ne réagissait plus aux bruits qui se produisaient autour d'elle (surdité corticale). En très peu de temps la surdité était devenue complète.
A l'autopsie de cette femme, on a trouvé des lésions gommeuses dans les deux hémisphères ; à gauche, elles avaient désorganisé le segment postérieur des deux premières circonvolutions temporales; adroite, la lésion intéressait le segment postérieur de la troisième circonvolution temporale, la circonvolution parié-
1. Friedlae?,-der etWERNiCKE. — Ein Fall von Worttaubheit in Folge von d'oppelseitigerLaesiondesSchlaefenlappens.Fo/Vsc/ir(7^e(/er.l/ec/ic»i, 1883, 1. 1, n° 6, p. 177.
taie inférieure y compris le lobe angulaire. Il n'y avait pas de lésion des nerfs acoustiques, pas de lésions auriculaires, sauf un peu de catarrhe sec de la caisse.
Vous prévoyez déjà qu'une lésion en foyer, telle qu'une tumeur, limitée au lobe temporal de l'hémisphère droit, n'entraînera pas de troubles bien manifestes de l'ouïe, ou tout au plus une diminution de la perception auditive. Tout à l'heure je vous citerai un fait qui démontre qu'il en est ainsi.
FiG. 61.
Par contre une lésion limitée au lobe temporal gauche entraînera, chez un droitier, des désordres qui ressortissent à l'aphasie de perception, et qui ne sont, somme toute, qu'une modalité de la surdité de l'âme, je veux parler de la surdité verbale.
Tumeurs du lobe temporal gauche . — Les troubles aphasiques qu'on observe en quelque sorte à titre de manifestation propre, dans les cas où une tumeur siège dans le lobe temporal gauche, sont précisément représentés par la surdité verbale^
associée à d'autres désordres du langage et notamment à la paraphasie.
Je vous rappelle que par surdité verbale, on désigne un trouble de la perception auditive, qui consiste en ceci : les malades continuent de percevoir les sons et en particulier les sons articulés, mais ils ne perçoivent plus le sens de ces derniers. Vous leur parlez dans la langue qui leur était familière; ils vous entendent, mais ils ne vous comprennent plus. Bref ils ont perdu la mémoire du sens des mots que vous prononcez devant eux.
Eh bien, Messieurs, nous connaissons aujourd'hui un assez grand nombre de faits cliniques qui nous autorisent à localiser dans le lobe temporal gauche, et principalement au niveau du tiers postérieur de la première circonvolution temporale (fig. 61), le territoire dont la destruction entraîne la surdité verbale. Mirallié', dans sa thèse inaugurale, a réuni une trentaine de faits de ce genre. Pour ne parler que de ceux où la lésion destructive était représentée par une tumeur, je vous citerai l'observation publiée par Giraudeau^ Elle est relative à une malade, qui, de son vivant, avait été frappée de surdité verbale presque complète. Elle ne présentait ni cécité verbale, ni aphasie motrice, ni troubles de la motilité. A son autopsie, on a trouvé un gliosarcome du volume d'une noix, dans la partie postérieure des l""e et 2" circonvolutions temporales, avec pénétration de la substance médullaire.
Laissez-moi vous citer encore une observation de Bruns % sur laquelle je reviendrai tout à l'heure et qui, eu égard à la détermination topographique du territoire dont la destruction entraîne la surdité verbale, a presque la valeur d'une expérience de laboratoire. Chez le sujet de cette observation, on avait diagnostiqué une tumeur du lobe occipital, pour des raisons que je vous dirai dans un instant. Une intervention opératoire fut décidée. Elle consista dans la mise à nu de toute la surface convexe du lobe occipital gauche et de la portion adja-