Voir la leçon VIII
Certes, Messieurs, de tels résultats ne sauraient passer pour des résultats complets; la résection crânienne dans les tumeurs de l'encéphale ne saurait avoir aucune prétention curatrice : elle est palliative, et seulement palliative. Elle peut, dans certains cas heureux, tel le cas d'Horsley, tel notre second cas, donner au malade l'illusion passagère d'une guérison. D'ordinaire son bénéfice est moindre, la céphalée et les troubles visuels sont seuls améliorés; c'est déjà beaucoup, et cela suffirait pour la légitimer, au même titre que tant d'autres interventions symptomatiques qui, sans plus d'espoir de guérison, s'attaquent, dans d'autres affections, à des symptômes moins pénibles.
J'ai terminé cette trop longue conférence : je n'y ai certes pas épuisé, ni discuté tous les problèmes que soulève la thérapeutique chirurgicale des tumeurs de l'encéphale; j'ai simplement cherché à vous montrer tout l'intérêt de cette importante question, et à susciter, en les légitimant à l'aide d'arguments et de faits, les conclusions suivantes :
4° Le chirurgien mis en présence d'une tumeur encéphalique diagnostiquée extirpable doit aller de suite à sa recherche,, par une intervention en deux temps : le premier temps comprenant la résection osseuse, le second temps, l'incision de la dure-mère, puis l'extirpation, totale ou partielle, de la tumeur.
2° Le chirurgien, mis en présence d'une tumeur encéphalique diagnostiquée inextirpable doit, si les symptômes de compression dominent la scène morbide, entreprendre, à l'exclusion des autres procédés palliatifs, une résection osseuse décompressive, et au contraire, si les symptômes de destruction l'emportent, s'abstenir de toute intervention.
Enfin, permettez-moi de finir par un conseil : n'oubliez jamais la différence générale qui existe entre les interventions pour tumeurs du cerveau et les interventions pour tumeurs du cervelet : celles-ci si redoutables, que vous ne devrez les entreprendre ou les faire entreprendre qu'avec une crainte secrète^ bien justifiée par la fréquence avec laquelle elles aboutissent en quelques heures, malgré toutes les précautions, aux accidents si terribles du shock bulbaire.
XYIII
FORME INTÉGRALE ET FORMES FRUSTES
Sommaire. — La maladie de Friedreich est une maladie essentiellement familiale: elle comprend une forme intégrale, des formes frustes et des formes hybrides.
Forme intégrale. — Premier exemple clinique : Antécédents héréditaires et personnels. — Début de la maladie par des désordres de la marche; ataxie statique; conservation des réflexes; embarras de la parole; nj'stagmus. — Troubles subjectifs de la sensibilité. — Épaississement du tissu cellulaire en certaines régions. — Cyphose dorsale. — Déformation du pied. — Résumé. — Deuxième exemple clinique : i\ concerne la sœur du précédent malade. — L'analogie des symptômes est très grande daiis les deux cas.
Diagnostic. — Il s'agit de deux cas tj'picpies de maladie de Friedreich. — Trois ordres de symptômes dominent l'expression clinique de la forme intégrale de cette maladie.
A. Désordres du mouvement, de la statique et de la réflectivité. — Les désordres de la marche constituent habituellement la première manifestation en date ; démarche tabéto-cérébelleuse. — Troubles de la préhension. — Secousses chol'éiformes. — Tremblement intentionnel. — Ataxie statique. — L'abolition du réflexe rotulien est à peu près constante; d'autres réflexes tendineux peuvent être abolis ; l'intégrité des réflexes cutanés est de règle.
B. Phénomènes bulbaires : a, Embarras de la parole; c'est également une manifestation précoce, qui ne manque presque jamais. — Ses caractères. — 6, Nystagmus ; habituellement il est dynamic[ue, bilatéral et transversal. — Quelquefois certaines précautions sont à prendre pour le dépister. — Le nystagmus est l'unique manifestation oculaire, dans la maladie de Friedreich.
G. Déformation de la colonne vertébrale et des pieds. — La déformation de',la colonne vertébrale est encore une manifestation précoce, et à peu près\'onstante. — Elle consiste ordinairement dans une scoliose du segment dorsal. — La déformation des pieds ne manque presque jamais ; ses caractères.
D. Troubles de l'innervation sécrétoire et vaso-motrice.— Ils sont inconstants. — Leur énumération.