‹ Leçons sur les maladies du système nerveuxChapitre 44 sur 100 · Baxlet. — Archives de Neurologie, 1884, p. 19S · texte numérisé non relu

Baxlet. — Archives de Neurologie, 1884, p. 19S

tabès infantile, sans que pour cela l'affection soit enrayée ou retardée dans son évolution progressive.

Le cas du jeune malade que je vous ai présenté, il y a un instant, n'a donc rien à voir avec le tabès juvénile, à ne s'en rapporter qu'à l'expression clinique.

Rôle de U hérédité dans le développement du tabès. — Il me reste dès lors à envisager la question à un autre point de vue. Il me reste à examiner si le tabès est quelquefois un produit de l'hérédité directe, et si, dans ces cas-là, il revêt des caractères insolites qui rappellent plus ou moins ceux que nous avons relevés chez notre second malade.

Je vous ai déjà signalé, au début de cette leçon, la rareté des exemples connus de tabès dorsal, survenus dans les conditions que je viens de dire, survenus chez des sujets dont l'un des ascendants paternels ou maternels était affecté de la même maladie. Le moment est venu de vous fournir les preuves de cette assertion.

Laissez-moi vous faire remarquer d'abord que la plupart des auteurs, qui ont écrit sur l'étiologie du tabès, ont représenté comme nul, ou comme de peu d'importance, le rôle de l'hérédité directe dans le développement de cette maladie.

Marius Carré^dans sa thèse inaugurale (obs.l), cite l'observation d'une femme de 26 ans, qui comptait dans sa famille 18 personnes atteintes de la même maladie qu'elle. Cette maladie s'est traduite par des fourmillements dans les extrémités, par des douleurs dans les cuisses, par de la faiblesse de la vue, par de l'ataxie dans les membres supérieurs. Il est vrai que la malade avait de Y embarras de la parole, et qu'on n'a pas constaté chez elle le moindre indice d'anesthésie superficielle ou profonde. Voilà qui autorise un point de doute, relativement à la légitimité du diagnostic.

Topinard, dans son traité de l'ataxie locomotrice-, s'est trouvé réduit à citer cette observation de Carré, comme preuve

1. Marius Carré. — De l'ataxie locomotrice progressive. Thèse de Paris, 1862.

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