‹ Leçons sur les maladies du système nerveuxChapitre 5 sur 100 · C.limb ■ — t · texte numérisé non relu

C.limb ■ — t

cf. a

FiG. 0. — Coupe macroscopique Tertico-transversale, faite après durcissement (liquide de Mùller), et passant par le segment antérieur de la tumeur.

Points de repère. — S, scissure de Sjivius. — N. G, noyau caudé (tête). — N. L, no3'au lenticulaire. — Ci. a, segment antérieur de la capsule interne. — Ce, capsule externe — et', 1" circonv. temporale. — c.f.a, cire, frontale ascendante. — c.f , c.f-, circonvolutions frontales. — C, limb. circonvol. limbique.

La tumeur. — (zone teintée) se présente sous la forme d'un coin, dont la base périphérique détruit une partie de la cire, frontale ascendante, en déterminant une saillie marquée à ce niveau, dont la pointe s'enfonce dans le centre ovale, sans atteindre la capsule interne. Le tissu de la tumeur n'est pas homogène, mais creusé de nombreuses vacuoles.

dans le liquide de Mûller, on peut se rendre compte, ainsi que vous allez vous en convaincre [ï\^. 5), du fait que la tumeur s'enfonce assez profondément, à la façon d'un coin, dans la substance blanche du centre ovale, sans atteindre le corps optostrié. La base de ce coin, très large, occupe les circonvolutions ci-dessus mentionnées. La pointe atteint la capsule externe, sans dépasser cette limite en dedans (fig. o).

FiG. 6. — Coupe histologique, destinée à montrer l'organisation générale de la tumeur et les portions principales qui la constituent. (Dessinée à la chambre claire; ocul. 1, — objectif 0. variable Verick.)

1, méninges molles (pie-mère et araclinoïde) épaissies inégalement. — 2, restant de la couche corticale, qui dessine encore quelques sinuosités. — 3, portions l'amollies de la tumeur. — On distingue : des zones presque incolores, dans lesquelles se rencontrent quelques noyaux, — • des travées étroites et minces qui séparent les zones précédentes, quelques vaisseaux à parois épaissies et à lumière étroite. — 3', large portion ramollie, remarquable par les nombreux vaisseaux qui la sillonnent en tous sens. — 3", portion ramollie, qui paraît s'orienter autour d'une artériole.

Dans presque tous les vaisseaux, le sang est plus ou moins stagnant. — 4, portions dures de la tumeur. — Elles se distinguent aisément des précédentes par la coloration franche sous l'influence des réactifs — par le grand nombre des éléments vivants (cellules rondes — cellules névrogliques — faisceaux et fibrilles névrogliques — vaisseaux de tous calibres)

En A, un segment a été examiné à un plus fort grossissement, et dessiné sur la figure suivante. Ce segment contient des portions ramollies et des portions dures, comme tissu néoplasique.

Somme toute, la tumeur a détruit le centre du facial inférieur, et, d'une façon moins complète, le centre du membre supérieur, à droite. L'étude macroscopique, faite avant et après le durcissement, donne, sur ce sujet, des renseignements suffisamment précis. La topographie exacte de la tumeur nous intéresse surtout, nous autres cliniciens.

Étude microscopique. — Cette étude, microscopique et histologique, nous a renseignés sur la nature de la tumeur. Voici la note qui m'a été remise à ce sujet, par mon chef de laboratoire, M. Philippe.

Examinée à un faible grossissement, sur une large surface de coupe, la masse néoformée se montre constituée, dans sa plus grande étendue, par un tissu creusé de nombreuses vacuoles. Le volume de ces vacuoles varie de celui d'une tête d'épingle à celui d'une lentille et plus (fig. 6).

L'examen microscopique montre qu'il s'agit d'un gliome, remarquable surtout par l'abondance des zones nécrosées. Dans ce gliome, des portions dures alternent avec des portions ramollies, vacuolisées (fig. 6, 1, 8, 9).

Au niveau des portions dures, le tissu est constitué par des cellules et un stroma. Les cellules sont, pour la plupart, des lames protoplasmiques festonnées, de 7 à 15 [x, avec noyau souvent périphérique. Autour d'elles, on aperçoit de nombreux filaments enchevêtrés, très grêles, qui s'arrêtent à une courte distance. Bref, l'ensemble répond bien à la cellule névroglique type, ou cellule-araignée de Deiters. D'autres cellules, plus rares, ont une forme moins irrégulière; souvent plus grosses, elles sont munies d'un fort prolongement assez long, qui ne se mélange pas aux filaments frêles déjà signalés; ces dernières cellules ne sont jamais très volumineuses; elles n'ont pas de surcharge pigmentaire; elles se colorent de la même façon que les précédentes; malgré l'aspect particulier de leur prolongement, qui rappelle le prolongement de Deiters d'une cellule nerveuse du type ganglionnaire, on ne saurait affirmer leur nature nerveuse : l'histologie moderne est exigeante, à juste titre, quand il s'agit de caractériser tel type cellulaire (fig. 8).

Le stroma est formé par des fibrilles névrogliques, enchevêtrées dans tous les sens, qui circonscrivent de petites mailles étroites. Plus rarement, mais surtout à proximité des vaisseaux,

les fibrilles névrogliques se montrent sous forme de faisceaux ondulés ou tourbillons (fig. 8).

h^^ portions ramollies ou vacuolisées du néoplasme donnent des aspects différents, suivant qu'on les examine dans les points oii la nécrose est à ses débuts et dans ceux oii elle est

Fig. 7. — Coupe histologique destinée à montrer les éléments qui entrent dans la constitution des portions ramollies et des portions dures de la tumeur (dessinée à la chambre claire; ocul. 1, objectif 4 Verick).

A. Méninges molles. — L'épaississement méningé est dû à des fibrilles conjonctives plus ou moins tassées (2) — à de^nombreuses cellules rondes, disposées isolément dans les espaces interstitiels (1), ou rangées en nodules autour des vaisseaux (1.1.) — enfin, à des vaisseaux nombreux à lumière dilatée et à parois assez minces, vaisseaux du type artériel ou veineux (3).

B. Portions dures. — Le stroma est constitué par des fibrilles névrogliques, très nombreuses, disposées en faisceaux ou en réticulum (4). — Les cellules, à ce grossissement, sont représentées surtout par leurs noyaux, autour desquels se montrent des masses protoplasmiques, plus ou moins volumineuses. (Ces derniers détails seront représentés plus complètement sur la figure suivante, dessinés à un grossissement supérieur.)

C. Portions ramollies. — Le stroma est réduit à quelques fascicules de fibrilles névrogliques claires semées, et circonscrivant des cavités. — Dans ces cavités, se montrent des débris cellulaires, dont les détails se voient sur la figure suivante.

à peu près complète, ayant transformé le tissu en une cavité kystique.

A un faible grossissement, la nécrose initiale montre un tissu plus homogène que le tissu des portions dures ; on n'y distingue que quelques détails. Tout paraît s'être coloré de la

FiG 8 - Coupe histologique, destinée à montrer les principaux types des grandes cellules qui se rencontrent dans les portions dures du tissu néoplasique ^deb-

- sinée à la chambre claire; ocul. 1 ; obj.7 de Leitz).

1, petites cellules névrogliques. - V cellule nêvroglique-type, adulte, avec ^es prolongemen1 s multiples, très grêles et courts. - 1", grosse cellule spéciale : forme vaguement pj ram. dale, un seul prolongement gros et long. - 2, réticulum névroglique.

FiG. 9. — Coupe histologique, destinée à montrer les modifications névrogliques, cellulaires et nucléaires dans les payions ramollies (dessinée à la chambre claire; ocul. 1, obj.1 de Leitz.)

1 masse névroglique assez dense. - 1', masse névroglique raréfiée. - 2, cellule avec protoplasma volumineux, gonflé, globuleux, et noyau déjeté à la périphérie. - 2 , cellu es avec figures de division nucléaire, directe et indirecte. - 2", cellules à noyaux multiples et avec protoplasma très abondant (pseudo-cellules géantes). - De pareilles cellules proviennent vraisemblablement de la fusion de plusieurs cellules globuleuses modifiées.

même façon, ou à peu près. De plus, la coloration par Téosine ou par le picro-carmin est d'un rouge plus pâle, plus mat, qu'au niveau du tissu néoplasique bien vivant. A un fort grossissement (fig. 9) on constate que les cellules, le stroma névroglique et les vaisseaux ont subi des modifications spéciales.

Le plus souvent les cellules sont revenues à la forme ronde. Ces cellules, encore assez volumineuses, possèdent un protoplasme plus ou moins dense, souvent vésiculeux. Le noyau est rarement unique ; dans la plupart des cellules, il s'est fragmenté en une série de petites masses qui s'imprègnent bien de matière colorante et qui s'égrènent dans le protoplasma, en donnant des figures spéciales, pseudokariokinétiques, même pseudo-coccidiennes. D'autres fois, plusieurs cellules se soudent en une grosse masse protoplasmique ; les noyaux, sans se fragmenter, deviennent vésiculeux, se rangent côte à côte et constituent une véritable couronne, à la périphérie de l'énorme masse protoplasmique; le tout donne l'impression d'une cellule géante

(fig. 9, 2").

Indépendamment de ces modifications cellulaires, on constate une raréfaction du stroma névroglique. Beaucoup de fibrilles ont disparu, et les mailles deviennent très larges. Les vaisseaux dans lesquels on distingue des globules rouges, facilement reconnaissables, ne présentent plus aucun détail de structure, au niveau de leurs tuniques, qui forment une masse homogène, uniformément colorée.

A un stade plus avancé [nécrose terminale), la fonte s'accentue; les lacunes se creusent, petites d'abord, volumineuses ensuite. Autour de ces lacunes, résidus d'un processus nécrobiotique, les cellules migratrices s'accumulent, se chargent de graisse, ainsi que le fait bien voir l'emploi du procédé de Marchi. Finalement, des cavités se sont formées, qui rappellent les cavités de la syringomyélie.

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