Enderlen. — Loc. cit
matique de la moelle, le côté anatomo-physiologiqiie. Je vais examiner successivement jusqu'à quel point nos connaissances actuelles en matière d'anatomie des centres nerveux sont à même de nous rendre compte de la paralysie motrice directe, de l'hémianesthésie croisée, de l'hyperesthésie directe et de l'exagération des réflexes tendineux du côté de la paralysie motrice, qu'on observe dans les cas d'hémisection de la moelle.
Ecorce. céré^bvcLLc'
a. Paralysie motrice directe. — La paralysie qui se produit du côté de la lésion est des plus faciles à expliquer. En effet, une hémisection droite de la moelle interrompt le faisceau pyramidal de ce même côté. Or les fibres qui composent ce faisceau pyramidal conduisent les incitations motrices que les centres psycho-moteurs projettent sur les muscles.
Les cylindres-axes de ces fibres représentent des prolongements descendant des cellules psycho-motrices (fig. 101). Par leurs arborisations terminales, ils vont se mettre en rapport avec les grosses cellules motrices des cornes antérieures de la moelle. De chacune de ces cellules motrices part le long prolongement cylindraxile d'une fibre nerveuse motrice; ce prolongement aboutit à une fibre musculaire.
Un coup d'oeil jeté sur la figure ci-jointe vous fera immédiatement comprendre qu'une hémisection de la moelle entraînera nécessairement une paralysie motrice du même côté, dans les parties innervées par les racines spinales situées au-dessous de la section. Cette figure vous donne une idée
FiG. 101.
d'ensemble de la voie motrice, qui, vous vous le rappelez sans doute, se réduit en dernière analyse à deux neurones superposés :
Un neurone central Ne, dont le corps cellulaire est représenté par une cellule pyramidale cps de la zone psychomotrice de l'écorce cérébrale, et dont le prolongement cylindraxile, représenté par une fibre pyramidale, s'entre-croise au niveau du bulbe, pour se terminer dans la corne antérieure du côté opposé, sous forme d'une arborisation terminale qui enlace une grosse cellule motrice.
Un neurone périphérique Np, dont le corps cellulaire Cm est représenté par une des grosses cellules motrices des cornes antérieures, et dont le prolongement cylindraxile sort de la moelle avec une racine antérieure, pour aboutir à un muscle, du même côté.
b. Hémianesthésie croisée. — Pour l'explication de l'hémianesthésie croisée, nous nous trouvons en présence de données anatomiques beaucoup moins nettes que celles qui m'ont servi à rendre compte de la paralysie motrice qui se développe du côté de riiémisection. Les difficultés viennent de ce que nous ne sommes pas encore bien fixés sur le lieu et le mode d'entrecroisement de la voie sensitive. Pour bien me faire comprendre, il importe que je vous rappelle des données anatomiques que j'ai déjà eu l'occasion de vous exposer.
La voie sensitive, à l'instar de la voie motrice, peut se ramener, somme toute, à deux neurones superposés.
Un neurone central Ne (fig. 101), dont le corps cellulaire est représenté par une cellule du noyau de Burdach B, ou du noyau de GoU G.
Un neurone périphérique Np, dont le corps cellulaire c est compris dans un ganglion spinal. De ce corps cellulaire part un prolongement, qui se bifurque presque aussitôt après sa naissance. Une des branches de bifurcation a équivaut au prolongement protoplasmique du neurone; elle gagne la périphérie et se met en rapport avec les cellules épitliéliales de la peau
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et des muqueuses. L'autre branche de division h équivaut au prolongement cylindraxile du neurone ; elle va concourir à former
une racine postérieure, et elle pénètre dans la moelle avec celte racine.
Or, une fois qu'elle a pénétré à une certaine profondeur de la substance blanche de la moelle, ^'suivant une direction légèrement oblique, cette fibre radiculaire se bifurque à son tour en Y. Elle donne ainsi naissance à deux branches terminales, l'une descendante^ l'autre ascendante, qui toutes deux suivent un trajet longitudinal.
La branche descendante est toujours très courte.
La branche ascendante peut avoir une longueur variable :
Soit qu'elle se recourbe non loin de sa naissance, pour aller se perdre dans la substance grise;
Soit qu'elle remonte jusque dans le bulbe, pour se terminer dans le noyau de Burdach B ou dans le noyau de GoU G, sous forme d'une arborisation terminale; Soit qu'elle pénètre dans la substance grise, à tout autre niveau compris entre ces points extrêmes.
FiG. 102.
N'allez pas croire que la transmission centrifuge des impressions sensitives venues de la périphérie se fasse exclusivement par la voie de ces branches longitudinales, en lesquelles se subdivisent les fibres radiculaires postérieures. Chacune de ces branches émet des collatérales, dont la connaissance nous est venue des remarquables travaux de Ramon y Cajal. Ces collatérales se détachent, à angle droit, des branches longitudinales qui leur donnent naissance.
Le dessin que voici (fîg. 103) vous donne une représentation objective de cette disposition. Or les collatérales semblent jouer un rôle considérable, pour ne pas dire prépondérant, dans la transmission des impressions sensitives à travers la moelle.
Leur destination, leurs points d'aboutissement si vous voulez^ sont d'ailleurs très variables.
Dans une de ses plus récentes publications^, Ramon y Cajal a donné une description très circonstanciée des collatérales sensitives, qui émanent, ainsi que je viens de vous le dire, des branches ascendantes et descendantes de bifurcation des fibres radiculaires postérieures.
Parmi ces collatérales, il distingue en première ligne :
a) \L^'à collatérales pour la commissure jjostérieure ; après avoir
1. Ramon y Cajal. — L'anatomie fine de la moelle épinière, in : Atlas der patliologischen Histologie des Nerverisy stems, veà\§iviYOQ.y . Babes.IY Lieferung. Berlin, 189S, p. 13.
FiG. 103.
ao2 CLINIQUE DES 3IALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.
franchi la ligne médiane, elles se ramifient dans le foyer ou centre de la corne postérieure du côté opposé. Je les appellerai, 'dans ce qui va suivre, les collatérales sensitives croisées. Viennent ensuite :
b) Les collatérales pour le foyer de la corne postérieure du même côté ; ce sont probablement les plus nombreuses d'après,. Gajal.
c) Les collatérales longues ou réflexes motrices, qui se terminent par des arborisations péricellulaires, dans le foyer moteur de la corne antérieure.
et) Enfin d'abondantes collatérales ramifiées dans la substance grise centrale et dans la partie interne de la base de la corne postérieure du même côté.
Si nous mettons ces données anatomiques en parallèle avec le fait que nous tenons à la fois de F expérimentation et de la clinique : apparition d'une hémianesthésie croisée, à la suite dune hémisection expérimentale ou traiimatique de la moelle, une conclusion s'en dégage impérieusement, c'est la suivante :
Lés collatérales du premier groupe, les collatérales sensitives, QUI subissent la décussation dans la commissure postérieure, NON seulement SUFFISENT A ASSURER LA TRANSMISSION DES impressions SENSITIVES A TRAVERS LA -MOELLE, MAIS, SEULES, ELLES SONT CHARGÉES DE CETTE TRANSMISSION.
Soit, en effet, une hémisection qui intéresse la moitié droite de la moelle en ab (fig. 104). Les lignes que vous voyez dessinées en noir représentent des fibres radiculaires postérieures irradiantes FRS, avec leurs branches de bifurcation ascendantes b.cL et descendantes b.d. De ces branches de bifurcation se détachent des collatérales col; sur ce dessin, elles sont représentées par des lignes noires plus fines. Je n'ai fait représenter que des collatérales du premier groupe, des collatérales croisées, qui se rendent, à travers la commissure postérieure, dans la corne postérieure du côté opposé.
Là, elles se résolvent en arborisations terminales, qui se mettent en rapport avec les prolongements p d'une cellule cordonale c; ces prolongements sont représentés par des lignes
HÉMISECTION ÏRAUMAÏIQUE DE LA MOELLE.
pointillées. On peut donc se figurer ainsi le trajet d'une impression sensitive venue de la périphérie :
Cette impression chemine le long d'une fibre radiculaire