Labadie-Lagfave et Boix. — Loc. cit
lation fine du mésocéphale. Voire qu'à l'idée des deux auteurs, la jDaralysie faciale périphérique unilatérale serait susceptible de se développer suivant le même mécanisme. En pareils cas, la paralysie faciale ne serait que Favant-coureur d'une hémorragie ou d'un ramollissement cérébral avenir. Enfin MM. Labadie-Lagrave et Boix ont expressément fait remarquer que dans les cas de ce genre, la lésion vasculaire ne peut siéger qu'entre l'aqueduc de Fallope et le genou du facial, lieu de rencontre des fibres qui émanent des deux noyaux de ce nerf.
La femme en question est morte d'une apoplexie cérébrale; son autopsie a confirmé les prévisions émises au sujet de la nature et du siège de la lésion qui devait rendre compte de la diplégie faciale : Les artères de la base étaient le siège d'une artérite chronique, surtout au niveau de la basilaire et de la cérébrale postérieure gauche qui était presque oblitérée. L'hémorragie, cause de la mort, avait produit une désorganisation trop considérable de la région occupée par le noyau de la VIF paire, pour qu'un examen en règle de cette région fût possible.
Je ne crois pas que le même mécanisme pathogénique puisse être invoqué pour rendre compte de la diplégie faciale de notre malade. Sans doute, cette femme a vieilli avant l'âge; elle est un peu sénile par anticipation. Lapalpation de ses artères périphériques décèle une athéromacie très prononcée. Mais enfin, elle ne présente aucun signe d'une lésion cardiaque. En supposant qu'il existe chez elle une lésion d'origine vasculaire, placée sur le trajet des filets radiculaires intra-protubérantiel& du facial, on s'expliquerait difficilement qu'il n'existât pas du même coup un certain degré de paralysie des membres du côté opposé, en raison de la proximité de la voie motrice. On s'expliquerait encore moins les troubles de la gustation, qui sont si prononcés chez notre malade.
Pronostic. — Messieurs, de l'hypothèse à laquelle je me suis arrêté découle en grande partie le pronostic du cas. Il est clair qu'une lésion située sur le trajet périphérique du facial est beaucoup moins grave qu'une lésion vasculaire intra-protubé-
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rantielle, en rapport avec un état athéromacique des artères. Toutefois il y a un autre élément à faire entrer en ligne de compte, quand on n'envisage que la curabilité de la paralysie, quand on fait abstraction du pronostic quoad vita77i. Cet élément est déduit de l'état de la contractilité électrique. Plus sont prononcées les modifications qualitatives de la contractilité électrique, moins il y a de chances d'obtenir la guérison de la paralysie faciale, et inversement. Cette règle a déjà trouvé sa confirmation chez notre malade, pour ce qui concerne la marche de sa paralysie faciale gauche qui est presque guérie, et vous vous rappelez qu'à gauche, les modifications qualitatives de la contractilité électrique étaient insignifiantes. Soyez certains qu'elle se vérifiera également pour ce qui concerne le sort de la paralysie faciale droite, et que nous ne nous aventurons pas, en prédisant que, de ce côté, étant donné l'importance des modifications qualitatives des réactions électriques, la paralysie faciale mettra de longs mois à se résoudre, malgré le traitement institué.
Tj^aitement. — Le traitement a consisté dans l'électrisation du nerf facial. Voici comment nous avons l'habitude de procéder en pareils cas.
Pendant les premières semaines, et tant qu'il y a R. D., le malade est simplement soumis, deux ou trois fois par semaine, à la galvanisation continue du nerf facial, avec des courants d'une intensité de 3 à 5 milliampères, et en évitant les excitations d'ouverture et de fermeture. Ces précautions sont prises dans le but d'éviter la contracture secondaire, terminaison assez fréquente, dans les cas de paralysie faciale de moyenne ou de faible intensité. La galvanisation porte successivement sur les points suivants :
1° En arrière et au-dessous de l'oreille, au niveau où le nerf facial sort du trou stylo-mastoïdien ;
2° Au-devant de l'oreille, au point où le facial se divise en ses branches terminales;
3° Au niveau de la tempe, sur le trajet de la branche supérieure du facial;
4° Au-dessous de l'œil, au niveau du plexus sous-orbilaire, et
sur les muscles élévateurs de l'aile du nez et de la lèvre supérieure ;
5° Sur la joue, au niveau du buccinateur et du plexus nerveux correspondant;
6° Sur le menton, au niveau du plexus mentonnier, des muscles triangulaires des lèvres et du carré du menton.
Après quelques semaines, si la guérison tarde à se produire ou est incomplète, on peut ajouter à la galvanisation continue, principalement sur les muscles dont la motilité tarde à reparaître, quelques excitations de fermeture, mais avec des courants faibles de 1 à 2 milliampères, rarement davantage. On se tiendra d'ailleurs à l'intensité du courant, suffisante pour produire les contractions minimales.
Quand il n'y a pas R. D., on peut, dès le principe, employer des courants faradiques, mais il convient de prendre des courants faradiques induits sur une bobine à gros fil, afin d'impressionner le moins possible les nerfs de sensibilité, qui sont très nombreux et très excitables à la face. Il convient aussi de ne provoquer sur les muscles que des secousses isolées et espacées, et pour cela de ne produire que des intermittences rares ou peu fréquentes du courant inducteur. Il faut éviter l'emploi des courants produits par des intermittences fréquentes du courant inducteur, c'est-à-dire des courants qui provoquent sur les muscles le tétanos électrique. Non seulement ces courants sont plus douloureux que les courants à intermittences rares, mais ils peuvent avoir encore l'inconvénient de provoquer l'apparition de la contracture secondaire. Celle-ci est un écueil qu'il faut éviter dans le traitement de la paralysie faciale ; elle peut se produire d'ailleurs spontanément, et on l'observe dans des cas où le traitement électrique n'est pas employé; mais parfois aussi elle est provoquée ou augmentée par un traitement électrique mal dirigé. Si on la voit apparaître, il faut redoubler de précautions dans les applications électriques, souvent même il vaut mieux interrompre pour un temps ou suspendre complètement le traitement électrique.
La contracture secondaire, consécutive à la paralysie faciale, est généralement très rebelle; le plus souvent elle s'atténue peu à peu, mais elle persiste toujours très longtemps, parfois même indéfiniment.