SUR UN CAS DE NÉVRITE APOP LE CTI FO RME
Le malade est de grande taille, d'une constitution vigoureuse, bien musclé. Un examen minutieux de ses différents organes n'a fait constater aucun trouble fonctionnel, en dehors de ceux que révèle l'examen du membre inférieur gauche.
A première vue, l'inspection de ce membre dénote une atrophie bien manifeste. En effet, à 12 centimètres au-dessous du bord inférieur de la rotule, la jambe gauche ne mesure que 29 centimètres de circonférence, contre 34 centimètres à droite; à 14 centimètres au-dessus du bord supérieur de la rotule, la circonférence est la même des deux côtés, mais au niveau de ce même bord, la mensuration donne 36 centimètres, 5 de pourtour, à gauche, et 38 centimètres à droite.
Somme toute, l'atrophie porte principalement sur les muscles du mollet. L'examen de la plante des pieds a révélé un léger aplatissement de la voûte plantaire, à gauche, au niveau de la racine des orteils.
Avec l'atrophie de la jambe gauche, nous avons constaté un certain degré de parésie motrice et d'anesthésie cutanée. Le malade résistait très mal aux mouvements passifs de flexion de la jambe gauche sur la cuisse; la résistance aux mouvements d'extension était déjà plus grande. La résistance aux mouvements passifs imprimés à la cuisse sur le bassin était normale. Au contraire, la résistance aux diflérents mouvements passifs que Ion imprimait au pied était nulle. D'autre part, en fait de mouvements spontanés, le malade ne pouvait exécuter avec son pied gauche que de légers mouvements de flexion, les eflorts faits pour porter le pied en extension, en abduction ou en adduction aboutissaient à des résultats à peu près nuls. Enfin c'est à peine s'il pouvait ébaucher quelques mouvements avec ses orteils du pied gauche ; il n'existait pas de points douloureux, aux lieux d'émergence des nerfs.
L'existence du signe de Lasègue a été constatée de la façon la plus nette; le malade marchait en boitant. Pendant la déambulation, le pied gauche restait immobile sur la jambe et se congestionnait; les muscles de cette jambe ne faisaient pas de saillie appréciable. Bref, tous les mouvements se passaient dans l'articulation du genou et de la hanche.
La sensibilité cutanée était complètement abolie vers le bord externe du pied, aussi bien à la plante qu'à la face dorsale; elle était conservée vers le bord interne du pied, sur une
FiG. 124-123.
I, Intégrité de la sensibilité. — II, Hypoesthésie légère. — III, Hypoesthésie plus prononcée. — IV, Anesthésie complète.
étendue de quelques centimètres en longueur, dans une zone que vous voyez représentée sur le dessin ci-joint (fig. 124 et 12o). Dans le reste de l'étendue du pied, dans toute l'étendue