‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 13 sur 162 · Î8 INFLAMMATION DES NERFS SPINAUX · texte numérisé non relu

Î8 INFLAMMATION DES NERFS SPINAUX

sions du trijumeau : il s'agit communément, dans ces cas, de tumeurs intra-crâniennes développées au voisinage du nerf, et y déterminant, par compression, sans interrompre la continuité des tubes nerveux, une irritation plus ou moins vive. — Le cancer de la colonne vertébrale peut amener, comme on sait, un ramollissement des vertèbres poussé à un tel point qu'il s'en suive un affaissement des lames vertébrales, et conséquemment, un rétrécissement des canaux de conjugaison. Les nerfs dans leur parcours à travers ces canaux devenus trop étroits sont comprimés, irrités et quelquefois s'enflamment. J'ai vu, en pareil cas, une éruption de zona occuper, à droite, toutes les régions de la peau où se distribuent les branches du plexus cervical, en conséquence de la compression que subissaient, dans les trous de conjugaison qui leur donnent passage, les troncs nerveux d'où émane ce plexus. La moelle cervicale et les racines des nerfs cervicaux, ainsi que l'autopsie Ta démontré, étaient saines ; mais en ouvrant les trous de conjugaison du côté droit, on trouva les ganglions spinaux et les troncs nerveux eux-mêmes, tuméflés et vivement colorés en rouge. De plus, dans les ganglions, comme dans les nerfs, l'examen microscopique fit reconnaître une multiplication très-accentuée des éléments nucléaires. Les ganglions et les nerfs correspondants du côté gauche ne présentaient, au contraire, aucune trace d'altération (1). — 11 est très-remarquable de voir l'inflammation, encore exactement limitée aux ganglions et aux nerfs spinaux, se produire spontanément, sans l'intervention d'une cause mécanique quelconque, et provoquer, cependant, ainsi que Ta montré M. Von Baerensprung, l'apparition d'une éruption de zona, sur les parties de la peau correspondant à la distribution des nerfs irrités (2). Il y a quelques raisons de

(1) Charcot et Cotard. — Sur un cas de zona du cou avec altération des nerfs du plexus cervical et des ganglions correspondants des racines spinales postérieures. In Mémoires de la Société de Biologie. Année 1865, p. 41.

(2) V. BaerenspruDg. — Beitraege zur Kenniniss des Zoster, lu Arch. f.

TROUBLES TROPiriQTJES LIÉS A LA NÉVRITE.

u'un bon nombre des cas

tt

croire qu'un non nombre des cas de zona spontané se développent à la suite d'une névrite de ce genre (1). — Les ganglions spinaux ont été trouvés aussi fortement altérés, sans participation de la moelle, des racines spinales tant antérieures que postérieures, et même, cette fois, des nerfs intercostaux, dans le fait suivant rapporté tout récemment par M. E. Wagner (2).

l'n individu, ftgéde23 ans, atteint de pli thisie pulmonaire, présenta, dans les derniers temps de sa vie, une éruption de zona qui siégeait sur les parties correspondantes aux neuvième et dixième nerfs intercostaux du cûté gauche. On reconnut, à l'autopsie, que les corps des six A tînèrcs vertèbres dorsales et des deux premières lombaires étaient cariés. La dure -mère , dans les points correspondant aux vertèbres malades, était enveloppée à l'extérieur par une couche épaisse de pus caséeux, laquelle B6 prolongeait Jusque sur les galnesdes nerf ganglions

spinaux- La dure-mère, elle-inénie, était épaissie et dédoublée en deux lamelles, surtout dans la région des B% 10° et 11° racines dorsales. Bien que les lésions de la dure-mère parussent aussi prononcées il droitefa'â uauche, cependant les 0°, n>rt 11* ganglions dorsaux du coté gauche étaient seuls tuméfiés et présentaient seuls des altérations appréciables au microscope. Bans ces trois ganglions, les cellules nerveuses avaient disparu, et, au voisinage immédiat des alvéoles où elles se logent, on reconnaissait tous les cm tères de la prolifération conjonctive anormale poussée à un haut degré,

.l'ai vu, pour mon compte, dans plusieurs cas de méningite spinale chronique, avec épaississement de la dure-

Atuit . tmd Phyiiûlog. u° 4, 1865 et Canstatf* ftkretb., 1804* t. IV. p. MB.

(l|Mougeot. loc. cit.,j>. I

(2) R. Th. lkbrdt. — Btitraegt zvr Jïtiologic dts Kerpts Zo$ter. Dîss. Leipzig, 1869, et E Wagner. — Patholog. anatomiseke und klinische Be%traegt tur Kenntttiss des Gefatncrvcn. In Archh* der Beilkuttde. 4 U heft. Leipzick, 187u. p. 321.

30 PÉRINÉVRITE LÉPREUSE.

mère, l'inflammation concomitante des nerfs rachidfem, dans leur trajet à travers les méninges, provoquer dans les parties périphériques, outre une atrophie plus ou moins prononcée des masses musculaire*, des éruptions cutanées diverses, mais se rapprochant» en général, quant à la formai tantôt du zona et tantôt du pemphigus, — Dans une leçon faite à Dublin (1), M. Brown-Séquard avait déjà signalé l'existence d'éruptions cutanées spéciales, aux bras, dans les cas de méningo-névrite spinale localisée à la partie inférieure de la région cervicale.

L'érythôme, le zona, l'atrophie musculaire, certaines arthropathies enfin, ont pu être rattachés, par M. Dumônîl, à la névrite chronique progressire (2), et, par M. Leu* det (3), à la névrite périphérique consécutive à l'asphyxie par la vapeur du charbon.

Mais c'est surtout dans la lèpre ane&thésique que Ton retrouve dans tout leur développement, les lésions trophiques que nous avons étudiées à propos des lésions traumatiques des nerfs. Le processus morbide initial consiste, dans ce cas, comme on le sait d'après les importantes recherches de M. Virchow (4), en une périnévrite lépreuse caractérisée par une prolifération cellulaire spéciale, siégeant dans l'intervalle des tubes nerveux dont elle détermine la destruction lente. Les nerfs présentent alors fréquemment, sur leurs parcours, une tuméfaction fusiforme qui peut être quelquefois aisément reconnue, pendant la vie, dans les régions où ils sont superficiels, au coude, par exemple, lorsqu'il s'agit du cubital et contribuer ainsi au diagnostic. Ces altérations produisent, au début, des

(l) Quaterlt/ Journal of Médiane, may 1865 (p. 11, 12 du tirage à part). (%) Duménil. — Contributions pour servir à l histoire des paralysies périphériques, spécialement de la névrite. In Gaz. hebdomadaire, 1866, n°*4, fc,6.

(3) Leudet. — Recherches sur les troubles des nerfs périphériques, et surtout de$ vaso-moteurs, consécutifs à V asphyxie par la vapew du charbon. Ift Archives générales de médecine. Mai 1865.

(4) R. Virchow. — Die hranhhaflen Geschwlilste. — Ncn>sn-Lepra,t ft, p. 521, 1864-65.

PÉRINÉVRITE LÉPREUSK.

symptômes û "liy pères tlrêsie, et. plus tard, de Vanesthésie. A l'exception du zona, que je ne trouve nulle part mentionné, nous rencontrons dans ces circonstances, à peu île clio> toute la série des lésions trophiques que nous

avons déjà décrites: a) le pemphigOS, />ro-

stis; b) letat lisse de la peau (Oiùssy 8kin) ; c) l'atrophie des muscles; d) la périostite et enfin la nécrose. Lmqpf ces dernières lésions acquièrent un haut i g g rt ItMnu OU peut» vous le savez, observer quelquefois la perte 4*004 partie d'un membre. Celle-ci survient souvent sans douleur, parce que, à l'époque où elle a lieu, ranesthésie existe le plus souvent [tepra mv (il ans) (1). On a attribué ces artïiJ* ]its divers et ces mutilations aux eilets de l'anesthésie. Cependant, elle ne doit certainement pas être mise seule en saute; il est non-seulement prouvé qu'elle ne fait que faciliter l'Intervention ih^ influences extérieur encore quelle peut être parfois reléguée au second plan, éliminée nnme, si Vn\\ sVn rapporte aux cas Bttéf |HDF Ifl rUnteur Thomson, et dans lesquels ranesthésie faisait absolument défaut (2).

us n'avons pu que passer rapidement en revue les troubles de la nutrition qui résultent des liions irritatives des nerfs périphériques. Dans les prochaines leçons, MMM y rouendre-ns encore, mais nous insisterons principalement sur les Imnhli's trophiques qui se rattachent à des lésions du cerveau et de la moelle épinière.

fl)F*Sleud«w. — Btitratge sur Patkclogif drr Ltpta Mntitan*. MU. 3, Taf Erlnng<*n f Wl.

(2) A. S. Thomson. — BrU. and. /br- Mtd. Chw, Raine* 1854, April. p. m, cilé pur M. Virçhow,

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