‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 70 sur 162 · PARALYSIE AGITANTE SANS TREMBLEMENT · texte numérisé non relu

PARALYSIE AGITANTE SANS TREMBLEMENT

plus communément, la rigidité musculaire ne se montre ou ne s'accuse profondément que dans les phases Btaaoéesâe la paralysie agitante. Or, lorsqu'elle commence à se mani-

cju'eu s'appuyant avec les mains sur un corps résistant : * Sans cette précaution, dit-elle! je caracolais. ♦

Aujourd'hui, son état est le suivant : Tête un peu inclinée en avant ;cou roiâV Les plis du front sont très-accusés, surtout au-dessous dès sourcils, qui sont relevés, ainsi que les paupières supérieures ; de lu, une sorte d'hébétude empreinte sur la physionomie, La parole est libre, Dana La marche qui se lait a petite pas, la malade a les bras accolés au corps, les avaulbras fléchis et les mains réunies comme pour se soutenir. Pris dans leur ensemble, les doigts sont légèrement fléchis, ramassés; la main entière est inclinée vers le bord cubital. Toutes les jointures sont roides, à des degrés différents ; la roideur prédomine à droite. Sensibilité conservée. — Pendant la nuit, sensation de froid qui, partant de 1 épaule, descend jusqu'au poignet et revenant par accès d'une durée de cinq à six minutes. Les membres, principalement le membre supérieur droit, paraissent lourds. Lorsque la malade veut se lever de sa chaise, et qu'on l'empêche de s'aider des objets voisina, elle saisit les montants avec les mains pour avancer le bassin ; elle place ensuite ses mains plus bas sur les côtés de la chaise, et, après quelques efforts et une sorte de balancement, elle parvient à se lever.

Le sommeil, en général, est court. Durant la nuit, Guill. . . ne garde sur elle que le drap et un mince jupon qu'elle met sur ses genoux parce qu'ils sont froids. Avec une couverture, elle aurait * trop chaud et c'estlrop lourd. • Notons encore un besoin incessant de changer de position. A peîno est-elle assise depuis quatre ou cinq minutes qu'elle demande à être soit plus avancée sur son siège, soit mise de côté, etc. ; quelques instants après, elle désire qu'on écarte ses jambes, qui ont de la tendance à L'adduction -, bientôt elle prie qu'on l'aide à se lever, etc. Tous ces symptômes suffisent pour démontrer qu'on a affaire, ici, à la paralyêie agitante. Cependant, et bien que la maladie remonte à quatre années, le tremblement est à peu près nul ; il n'occupe que In main droite, oii il est apparu seulement depuis trois mois. On voit, par là, qu'il est possible de reconnaître la paralysie agitante en l'absence même du tremblement. (B.) — Il en fut encore ainsi chez un malade que M. Charcot a vu il y a quelque temps (1872)* Cet homme, âgé de 50 ans, a été atteint de la maladie de Parâînson à la suite d'une émotion vive occasionnée par les tentatives que tirent, pendant la Commune, lea fédérés pour l'incorporer dans leurs bataillons. Chez lui, tous les symptômes* at en particulier l'attitude, étaient présents, mais le tremblement faisait encore défaut. Eûûo, M. Gowersa donné communication à M. Charcot de l'observation recueillie par lui à l'Hôpital national des épileptiques et des paralytiques de Londres, d'une femme, Ann Phillips, âgée de 47 ans, chez laquelle tous les symptômes de la paralysie agitante existaient, moins le tremblement, qui est à peine apparent dans les mouvements. (B.) (Note de la 2° édition). (Voyez I'Afpikdics, p. 3W).

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fester, les malades ont senti depuis longtemps, dans l'exercice des mouvements, une gène notable qui a une autre eau

Vous reconnaîtrez aisément, chez quelques-uns des malades que je vous ai présentés, cet embarras dans l'accomplissement des mouvements, qui ne dépend ni du tremblement ni de la rigidité musculaire, et un examen quelque peu attentif vous permettra de constater que, chez, eux, fait iflcatii t ily a plutôt ralentissement dans t'acco/nplissct/ient des Mouvements qu affaiblissement réel des puissances motrices. Le malade est encore capable d'accomplir, malytv la tremblement, la plupart des actes moteurs, mai$ il apporte à les réaliser une lenteur extrême. Nous signalions le fait il y a quelques instants en ce qui concerne la parole; entre la pensée et Vaste, il s'écoule un temps relativement considérable, On croirait que, chez lui, Tin flux nerveux ne puisse être mis cfi jeu qu'après des efforts inouïs, et, en réalité, les moindres mouvements déterminent une fatigue extrême. Cet ensemble de phénomènes a souvent été pris pour l'indice tTun véritable affaiblissement paralytique. Néanmoins, il vous sera maintes fois loisible de yous assurer que, dans les cas où la maladie n'est parvenue aux dernières limites, la force musa marquablement conservée. A (fryareea reprises le fait l vérifié 4 l'aide du dynamomètre ; dans quelques circonstances même, qu a vu, phénomène singulier, le membre le plus agite et le plus affaibli en apparence, être celui dans lequel la force dynatuométrique était le mieux conservée (1).

(l) Nous avons étudié l'état de la force dynatnométrique chez six malades du service de M- Charcot. Voici les résultats* obtenus : 1° Pcr, 8 explorations ; moyenne à droite, GO ; a gauche, 42, — x w Guil. . - ; 9 exploration* ; moyenne a droite, 07 ; à gauche 03, — 3° Ben*. . . ; 13 expirations; moyenne a droite, 59,6 ; à grauche, 41,4. 4°C?av, . .; 5 explorations; moyenne • droite, 39,6 ; à g 1,4, — 5° Bcfu, . . ; 5 explorations ; moyenne à

droite, ô$,5; à gauche, 42,3. — 6° Dan.,*, 5 explorations , moyenne à droite, 41,4; à gauche, 33,3. Si Ton compare ces chiites à la moyenne 65, que

PROPULSION ET RÉTROPULSION. 471»

Un mot encore sur la démarche particulière aux niala atteintes de parai i.ante. Vous avez vu <juelqupû-une$

de nos malades se lever avec lenteur et avec peine de leur siège, hésiter durait quelques secomitis à se mettre en marche, puis, une fois liimvt^ prendre malgré elles l*a|lure d'une course rapide. plusieurs l'ois, elles ont é\é menacées de tomber lourdement en avant. Cette tendance à courir d'une manière irrésistible tient-elle exclusivement à ce que le centre de gravite se trouve déplacé par l'inclinaison de la tète et du tronc V Cette explication, admissible peutdans quelques cas, ne Test pas dans tous. Kn effet, par opposition aux malades (Jont nous venons de parler, il en qui, dans la marche, teinlent à reculer ou à se renverser en arrière, bien qu'elles aient If) poppç manifestement penche en avant. D'ailleurs la propulsion, de m»*me que la rétropulsion, n'est pas absolument liée à l'attitude inclinée du Oûfflfl, car ou la voit quelquefois à une période peu avancée de la maladie, alors que rinclinaison ne s'est pas encore produite (I). Enfin, ce ne sont pas là des phénomènes cons-

nous ont fournie cinq personnes du même âge que nos maiades, ou constate que, dans la paralysie agitante, loin d'Ôlre conservée, la force dynarnométrique serait du contraire diminuée. Il est d autant plus difficile d'expliquer les divergences qui existent entre l'opinion ancienne et nos fails. que cette diminution de la force dyaainom étriqué est aussi réelle chez deux de nos malades, à une période relativement peu avancée de la paralysie agitante, que chez la plus ancienne. Dans ces trois eus, enfin, l allaiLlissemeut dynamomélrique est plus marqué dans le côté où prédomine le tremblement. (B ] (t) Ces phénomènes sont très-apparents chez une malade du service de M. Chercut couchée au n° 22 de la salle St-Alexandre. Celte femme est parvenue à une période plus avancée de In paralysie agitante que les doux malades citées dans les notes précédentes, sans toutefois être alitée. On retrouve chez elle tous les symptômes do la maladie ; mais, nous relèverons, dans son histoire, simplement ce qui a trait à la propulsion, et a. la rétropulsion. Supposons la malade assise; on lui ordonne de se lever et de marcher. Que voyons-nous ? Elle hésite pendant quelques instants, puis, incline le tronc en avant et, après s'être comme balancée, tout d'un cuup elle se levé. Mais alors, elle ne port pas; il semble, qu'auparavant, elle oit besoin de s'équilibrer : elle est en quelque sorte incertaine, ayant le tronc incliné eu avant ; enfin elle se décide. Lente tout d'abord, la marche progressivement s'accélère, et, après un parcours de dix mètres, elle se précipite de telle sorte que si la malade ne rencontrait, à un moment donné, soit

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tants, nécessaires ; assez souvent même, ils font début et figurent dans le tableau symptomatologique de maladies autres que la paralysie agitante, dans certaines lésions du cerveau, par exemple. Il est juste de reconnaître que, dans ce dernier cas, ils sont liés souvent aux vertiges, tandis que dans la paralysie agitante les mouvements de propulsion ou de rétropulsion ne surviennent pas à l'occasion d'un sentiment vertigineux.

Les symptômes que je viens de passer en revue ne sont pas, Messieurs, les seuls qui méritent de fixer votre attention. La paralysie agitante n'est pas seulement une maladie des plus tristes en ce qu'elle prive le malade de l'usage de ses membres et qu'elle le réduit tôt au tard à une inertie à peu près absolue : c'est encore une affection cruelle par suite des sensations pénibles qu'éprouve le malade. Ordinairement, et à part les cas de névralgie dont nous vous avons entretenus, il ne s'agit pas de souffrances vives, mais de sensations désagréables, d'un ordre spécial. Ce sont des crampes, ou mieux un sentiment presque permanent de tension, de traction dans la plupart des muscles. C'est en outre un sentiment de prostration, de fatigue qui s'accuse surtout après les paroxysmes de tremblement; enfin, c'est, un malaise indéfinissable qui se traduit par un besoin incessant de changer de position. Assis, les malades sont, à chaque instant, obligés de se lever ; debout, après quelques pas, ils veulent se rasseoir. Ce besoin de déplacement, de

un banc, soit un mur, un lit, etc., etc., elle tomberait brusquement: Le propulsion, ici, est donc aussi nette que possible.

La rétropulsion échappe quelquefois parce que, pour qu'elle soit signalée par les malades, il faut que celles-ci, par une circonstance spéciale, aient été obligées de marcher à reculons. Eh bien ! il est un moyen très-simple de le mettre en évidence et que M. Charcot a employé dans ce cas : la malade étant debout, il suffit de la tirer, même légèrement, à l'improviste, par sa jupe, pour que aussitôt elle marche en arrière et que le mouvement rétrograde se précipite très-vite et soit promptement dangereux, si on ne prend des précautions. (B).

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