‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 89 sur 162 · ÉPILEPSIE SPINALE · texte numérisé non relu

ÉPILEPSIE SPINALE

et de la jambe prédomine sur l'extension* La tare permanente peut s'emparer, — le fait est d'aill assez exceptionnel — des membres supérieurs qui, eux aussi, sont alors en général dans l'extension n

eni ainsi étroitement appliqués de chaque côté du tronc. Il s'agit là, Messieurs, d'un spasme qui occupa simultauément et à peu pràa au même degré ies muscles antagonistes, car il est presque aussi difficile, 1rs membres étant fléchis, de les étendre, que de les fléchir lorsqu'ils sont étendus.

Lorsqu'on saisit dans la main l'extrémité de l'un des pieds et qu'on l'étend un peu brusquement sur la jambe, il se produit presque aussitôt dans toute retendue du ne correspondant une sorte de tremblement convulsir qui rappelle la trémvlation déterminée par l'intoxication sfa nique. Cette trémulation, qu'il faut bien se garder de fondre avec le tremblement particulier qui survient à l'oocasion des mouvements voulus, ne reste pas toujours borau membre dont le pied a été étendu; elle se propage quelquefois au membre du côté opposé: l'agitation peut se montrer alors, parfois, assez intense pour se communique! 1 à tout le corps et même au lil où repose le malade. Elle persiste chez certains sujets pendant plusieurs minute même beaucoup plus longtemps, après la cessation de citatinn qui l*a mise en (eu. Ou peut la faire coup, ainsi que Ta montré M. Brown-Séquard et coznm l'ai plusieurs fois observé après lui, en saisissant main l'un des gros orteils du malade el le fléchissant tentent el avec force, immédiatement après cette ma vre. ! .1 rigidU tétanique et le tremblement convu

dans les deux membres qui, momentanément, de-\ i,mnmit > par alternent SOttples et pliables comme api mort, a\ani rappanfion de la roideur cadavérique (1) 4 I,,i

(0 Brown-Séquard- — Archiva de physiologie , L l t p. 13R.

EPILEFSIE SPINALE*

faradisation, le pincement de la peau, de la jambe, plus rarement le massage du membre inférieur, l'impression du froid, le chatouillement de la plaftte du pied, peuvent faire naître la trémulation convulsive. Celle-ci se développe aussi, tantôt spontanément, du moins en apparence, tantôt sous l'influence des efforts que fait le malade pour vomir, pour allerà la selle, pour se drosser dans son lit ou pour en descendre et mettre le pied à terre. La marche, que ^interdit pas toujours d'une façon absolue la rigidité permanente, — les malades s'avancent alors sur la pointe du pied, sans que le talon touche à terre,— provoque aussi le tremblement convulsif, Enfin, ce tremblement peut encore se produire temporairement» de concert avec la rigidité, m^ine pendant le cours de la période paivtique sous l'influence d'un ou de plusieurs des modes d'excitation qui viennent d'être passés en revue.

Messieurs, le phénomène dont je viens d'esquisser les principaux caractères n'est autre que Yëjâlepsie spinale t décrite par M. Brown-Séquard. — Nous l'observons chez mademoiselle V... dans la forme que j'ai proposé d'appeler tonique. — Cette forme, qui est celle qu'on observe le plus habituellement dans l'induration grise inultiloculaife, peut être opposée à la forme saltatoire, laquelle prédomine au contraire dans l'ataxie locomotrice progressive et dans quelques autres affections spinales.

La contracture permanente des membres et l'épilepsie spinale ne doivent pas nous arrêter plus longtemps. Ces symptômes, en effet, n'appartiennent pas exclusivement, tant s'en faut, à la sclérose multiloculaire des centres nerveux. Ils seront donc étudiés à part, d'une façon générale et dans leurs rapports avec les diverses affections de la moelle épinière où ils peuvent se manifester.

Page 1