‹ Leçons sur les maladies inflammatoires des membranes internes de l'oeil [electronic resource]Chapitre 3 sur 18 · ANAT0M1E DE L'IRIS · texte numérisé non relu

ANAT0M1E DE L'IRIS

Rouget qu'adopte aussi Grunhàgen (1) : pour ce dernier auteur, toutes les fibres de l'iris seraient circulaires, mais leurs extrémités s'entre-croiseraient en huit de chiffre et iraient s'insérera la périphérie de cette membrane.

La couche antérieure de l'iris a été considérée à tort comme une membrane séreuse, sécrétant l'humeur aqueuse, et constituée par la continuation de la couche épithéliale qui tapisse la membrane de Descemet. On sait aujourd'hui que l'humeur aqueuse n'est pas sécrétée en ce point; de plus, il n'existe une couche épithéliale complète à la face antérieure de l'iris que chez le nouveau-né. Chez l'adulte, elle est constituée uniquement par des traînées de cellules épithéliales, recouvrant les fibres élastiques qui, de la membrane de Descemet, passent dans l'iris, en formant le ligament pectine. Ces cellules épithéliales renferment un pigment brun ou jaune d'or, admirable de couleur et de variété chez les oiseaux. C'est à lui qu'est dû l'aspect tigré de la face antérieure de l'iris.

La couche postérieure ou uvée est formée de cellules épithéliales arrondies, remplies de pigment et stratifiées sur deux ou trois rangées. Elle se continue avec la couche épithéliale qui tapisse les procès ciliaires. Sa surface libre, regardant le cristallin, n'est pas lisse, mais présente de petites excroissances rugueuses, comme papillaires. Arrivée au petit cercle, cette couche tapisse tout le bord pupillaire, et même, dépassant un peu ce bord, elle forme de petites franges ou petits polypes noirs qui flottent dans la chambre antérieure. Ces franges sont surtout visibles sur le fond blanc d'une cataracte, elles sont libres à leur extrémité; et,

(1) Grunhiigen, Archw /tir Mikros. Anal., 15. IX, 1873.

par là, diffèrent des dépôts pigmentaires dus à l'irilis, qui sont toujours adhérents. D'après Grunhagen et Merkel, il y aurait entre l'uvéeet la substance propre de l'iris une couche élastique, anhiste, et sur cette couche, un réseau de cellules du tissu conjonctif, renfermant dans leur intérieur du pigment, et s'anastomosant à l'aide de leurs prolongements.

Le tissu de 1' iris renferme dans son épaisseur de nombreux vaisseaux qui relient la circulation de cette membrane à celle de la cornée et des procès ciliaires. Aussi l'info reste-t-il rarement isolé; le plus souvent, il s'accompagne d'inflammation de la couche profonde de la cornée, ou bien de la choroïde et des procès ciliaires, sous forme d'iridocyclite. Depuis Ruysch, de nombreux travaux ont été faits sur la circulation de l'iris ; et cependant, aujourd'hui même, l'accord n'est pas fait sur ce point, l'iris étant une des membranes du corps les plus difficiles à injecter. Les travaux les plus autorisés sont ceux de Sappey et de Leber (1); c'est d'après eux que nous ferons cette description.

Les artères viennent de l'ophthaimique par deux branches appelées ciliaires longues ou iriennes, et des ciliaires antérieures au nombre de six ou huit. Ces dernières s'anastomosent avec les ciliaires longues pour former le grand cercle artériel de l'iris. De ce cercle partent des branches qui, pénétrant dans l'iris, s'anastomosent en arcade à quelque distance du bord pupillaire, pour constituer le petit cercle artériel de l'iris, admis par Leber, Ruysch et Zinn. Sappey pense qu'il n'y a pas là un véritable cercle artériel. Du grand . cercle artériel de l'iris naissent aussi les artères des procès

(1) Leber, Archiv fur OpIUlialm. , t. XI, 1865.

Page 1