ANA.TOMIE DE L'IRIS
Biliaires. De là, la propagation facile des inflammations de l'iris aux procès ciliaires. Enfin, du même cercle se détachent tles branches récurrentes qui vont s'anastomoser avec les ciliaires courtes postérieures ou artères propres de la choroïde, reliant la circulation de l'iris à celle de cette dernière membrane. Autrefois on admettait que des artères nombreuses pénétraient de la choroïde dans l'iris, de sorte que l'iris aurait été tributaire de la choroïde. Leber et Sappey ont démontré, contrairement à Arnold, que l'iris a une circulation propre, et que c'est lui qui envoie des artères dans la choroïde, au lieu d'en recevoir; de sorte que, comme le dit Leber, ce sont les parties postérieures du globe oculaire qui sont tributaires des antérieures. Ceci nous explique comment l'inflammation a plus de tendance à se propager de l'iris à la choroïde, et surtout aux procès ciliaires, qu'elle n'en a à gagner l'iris, après avoir atteint ces dernières parties.
L'étude des veines de l'iris est rendue plus difficile encore que celle des artères par la difficulté de leur injection. Zinn avait décrit autrefois pour les veines iriennes une triple origine ; les unes venant des veines ciliaires antérieures, les autres des vasa-vorticosa ou vaisseaux veineux "de la choroïde, les dernières enfin répondant sous le nom de veines ciliaires longues aux artères ciliaires longues ou iriennes. Leber et Sappey ont démontré que ce dernier ordre déveines n'existe pas; les deux premiers groupes doivent seuls être admis. — Les veines ciliaires antérieures répondent aux artères de même nom; elles renferment des valvules, au nombre de deux, trois ou quatre pour chaque veine. Elles passent à travers de véritables boutonnières qui leur sont formées
par les tendons des muscles droits. Ces diverses circonstances expliquent la difficulté de les injecter du centre à la périphérie. Aussi est-ce surtout à l'aide d'injections pathologiques qu'on apu les étudier. En effet, l'injection périkératique, caractéristique de l'iritis, est, d'après Sappey, une hyperémie purement veineuse.
Les veines ciliaires antérieures reçoivent le sang des artères iriennes. Pour Sappey, c'est là l'unique voie par laquelle sort le sang veineux de l'iris; mais Leher, et avec lui la plupart des anatomistes, admettent que le sang veineux de l'iris, prenant le chemin de la choroïde, se jette en outre dans les vasa-vorticosa. Pour lui, les veines ciliaires antérieures ne constituent qu'une voie supplémentaire pour le retour du sang, se développant seulement quand, dans les affections profondes de l'œil, la circulation est entravée du côté de la choroïde.
Le canal de Schlemm est un espace libre qu'on rencontre à peu près sur tous les yeux, à l'union des procès ciliaires, de la cornée et de la sclérotique. 11 a été découvert sur la baleine par Ruysch qui le prit à tort pour un canal artériel. Albinus le premier en a donné une bonne description qui a été oubliée, puis reprise par Schlemm.
Pour Sappey, c'est ce canal qui reçoit tout le sang veineux de l'iris, et c'est lui qui est le point de départ des veines ciliaires antérieures. Pour Leber, c'est un plexus qui reçoit seulement des veines provenant de la partie antérieure du muscle ciliaire et émet les radicules des veines ciliaires antérieures. Rouget et Lœwig y voient un plexus situé dans la sclérotique et n'ayant aucun rapport avec la choroïde et l'iris. Thiersch le considère comme un produit artificiel de la pré--
paralion; opinion inadmissible, car ce canal est constant et peut être injecté au mercure. On l'a appelé aussi canal de Fontana ou de Hovius; mais, d'après Iwanoff, le canal [de Schlemm doit être distingué du canal de Fontana; ce dernier serait situé dans l'épaisseur même de la grande circonférence de l'iris, et constituerait, non pas un vrai canal, mais un espace annulaire réticulaire, contenant du liquide daus ses mailles. Il est situé superficiellement sous la couche antérieure de l'iris; sa paroi antérieure est formée par le ligament pectiné qui, chez le bœuf, constitue une couche non interrompue; tandis que chez l'homme, chez le chat et le chien, il est fenêtré, et, dans les intervalles de ce ligament, l'épithélium le sépare seul de l'humeur aqueuse. On l'a considéré comme un canal lymphatique, mais les injections ne montrent pas sa continuité avec les vaisseaux de la lymphe.
Quant au canal de Schlemm, d'après Iwanoff et Rollet (1), il est situé dans l'épaisseur même de la sclérotique, où il constitue une simple fente non tapissée d'épithélium ; circonstance qui exclut l'idée d'un canal veineux chargé de recevoir le sang d'une membrane aussi vasculaire que l'iris.
Les nerfs de l'iris sont assez volumineux, anastomosés les uns avec les autres, et constituant un véritable plexus qu'il est facile de voir, quand on a rendu cette membrane transparente à l'aide des réactifs. Tous proviennent du plexus très-riche, situé dans l'épaisseur du muscle ciliaire, et renferment, comme l'ont démontré II. Millier et Kraùse, des cellules ganglionnaires. L'iris possède des nerfs moteurs,
(1) Iwanoir et Rollet, Remarques sur l'analomie des attaches de l'iris et de l'anneau ciliaire. (Archiv fur Oplhalm., 1869, B. XV, 17-71.)