HISTORIQUE DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE. G
proches de la guérison, qui se montrent chez un certain nonabre de paralytiques. Ce n'est pas enfin son moindre titre de gloire que d'avoir mis au rang des lésions de la maladie la sclérose des parties blanches, alors que tous les observateurs ne pensaient qu'aux lésions des couches corticales du cerveau.
11 est une troisième période de l'histoire de la paralysie générale qu'on pourrait appeler \di période contemporaine : elle est surtout caractérisée par Tintcrvention du microscope. Sans doute M. Galmeil, dans ses premiers travaux, avait étudié très attentivement, au point de vue de l'histologie, les lésions anatomiques de la paralysie générale, mais les micrographes d'aujourd'hui ne peuvent attacher qu'un médiocre intérêi; aux travaux qui se faisaient il y a cinquante ans. D'ailleurs, l'importance attribuée à ces recherches ne date guère que d'une trentaine d'années, et, malgré les résultats fournis par ce mode d'investigation, la question de l'anatomie pathologique de la paralysie générale est encore loin d'être résolue.
Si nous jetons un regard sur l'eiisenible des faits publiés, nous voyons que toutes les régions du cerveau ont été tour à tour investies du rôle principal : les méninges, les couches corticales du cerveau, les parties blanches, la moelle épinière, les ventricules, la névroglie, les filets nerveux, les vaisseaux, et tour h tour chacune de ces parties a été remplacée par d'autres qui n'ont pas régné beaucoup plus longtemps. Mais, s'il n'est pas une partie du cer\cau qui n'ait été considérée comme le siège d'altérations constantes, on peut aussi dire qu'il n'y a pas un seul type de lésion qui n'ait été décrit et donné connue des plus importants. Je n'en finirais pas, si je voulais vous énumérer les nombreuses lésions indi([uées par les niicrographes.
Jetons un coup d'œil rapide sur les principales théories admises au sujet de la nature de la paralysie générale des aliénés; c'est un complément indispensable à la courte étude historique que nous venons d'entreprendre, d'autant plus que nous verrons se dessiner, dans les principales doctrines dont nous allons dérouler la série, le reflet des préoccupations du jour. En effet, les idées dominantes à chaque époque ont laissé leur empreinte visible sur chaque étape de la question.
A l'époque oîi furent jetés les premiers fondements de nos connaissances en matière de paralysie générale, les doctrines de Broussais exerçaient sur les idées du jour une influence despotique. L'inflammation régnait en maîtresse absolue, et l'on ne songeait guère cà contester l'origine inflammatoire de la maladie nouvellement décrite. Méningite pour les uns, méningo-encéphalite pour les autres, elle représentait toujours une inflammation chronique localisée surtout à la surface de l'encéphale, et caractérisée essentiellement par les adhérences de la pie-mère à la substance corticale.
Mais bientôt, sous l'influence de doctrines opposées, l'inflammation commença à perdre du terrain. On fit observer que dans cette encéphalite d'une nature spéciale, - on ne trouvait jamais de pus : quant aux corpuscules de Gkige, dont la présence suffisait à M. Galmeil pour affirmer la nature phlegmasique de la maladie, leur signification est aujourd'hui profondément modifiée, et on ne les regarde plus comme l'un des éléments caractéristiques des processus inflammatoires.
A partir de ce moment, un double travail s'opère. D'une part, l'importance de la congestion devient plus évidente et l'attention des observateurs est appelée plus