‹ Lecons sur les maladies mentales (volume 2)Chapitre 64 sur 201 · DE L'EXCITATION MANIAQUE · texte numérisé non relu

DE L'EXCITATION MANIAQUE

Sommaire. — Définition de Falret. — Surexcitation générale des facultés de l'intelligence. — Surexcitation des mauvais instincts. — Surexcitation intellectuelle. — Malades impossibles à vivre.

Phénomènes physiques. — Besoin perpétuel de mouvement. — Exaltation des sensations génitales, surtout chez les femmes. — Manie de la destruction.

Etat physique. — Insomnie, sensation de bien-être, sorte de turgescence vitale. — Diminution de poids. — Les hallucinations sont rares chez ces malades.

L'excitation maniaque n'est qu'un symptôme. — Elle est souvent le premier terme de la folie circulaire ou de la paralysie générale. — Elle peut être un symptôme de l'hystérie.

Traitement de l'excitation maniaque. — Isolement. — Moyens pharmaceutiques.—Bains tièdes prolongés et courants galvaniques.

Messieurs,

Dans la leçon précédente, je vous ai tracé lô tableau de la manie aiguë ; j'ai cherché à vous en indiquer la marche, à en préciser les caractères, à définir la forme de délire qui lui est propre , à vous montrer les phénomènes physiques qui l'accompagnent d'une manière à peu près conslante.

Je vais maintenant aborder l'histoire d'un état pathologique qui se rapproche, par bien des côtés, (}e celui qui \ient de faire l'objet de nos études et qui pourrait, au point de vue purement psychologique^ être considéré comme un premier degré, comme un stade inférieur de la manie pro-

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prement dite ; je veux parler de l'excitation maniaque.

Je crois que Ton doit réserver une place à part à cette forme de l'aliénation mentale et ne pas la confondre avec la manie. Montrer les différences et les analogies qui réunissent ces deux états sera, je l'espère, un moyen nouveau de vous prouver que, dans l'étude de ces formes diverses du délire, ce sont des collections de symptômes et non pas des maladies proprement dites que nous trouvons devant nous.

L'excitation maniaque, comme la manie aiguë, lorsqu'elle résulte d'une prédisposition morbide et non d'un accident imprévu, débute le plus habituellement après un stade de dépression analogue à cette période mélancolique qui caractérise la manie aiguë. Cette période une fois terminée, on voit éclater un état particulier dont nous diviserons les manifestations en deux ordres: les troubles intellectuels et les phénomènes purement physiques.

Qu'est-ce que l'excitation maniaque? Les définitions sont toujours difficiles à formuler ; c'est nn écueil sur lequel se brisent les esprits les plus réfléchis et les plus vigoureux, et lorsqu'il s'agit d'un phénomène aussi variable dans ses manifestations que l'excitation maniaque, notre embarras est encore plus grand. Je me contenterai donc de vous rappeler la définition de Falret, qui me paraît convenir à la plus grande partie des cas. Ce qui caraclérise cet état intellectuel, cette forme de psychose, c'est la surexcitation générale de toutes les facultés, le désordre des actes, sans trouble manifeste de l'intelligence. Nous allons apprécier les différents termes de cette définition en cherchant à les justifier.

On rencontre, chez les excités maniaques, une surexcitation générale de toutes les facultés de l'intelligence, et

surtout une exagération singulière de ses manifestations extérieures; à celte excitation générale se joint une mobilité d'idées, qui cependant ne va pas jusqu'à l'incohérence. Il existe en même temps une pertubation morale qui porte les malades à des actes extravagants et quelquefois coupables.

Mais, au milieu de ce tumulte intellectuel, il subsiste un certain degré de logique, qui domine la situation et empêche les malades de tomber dans l'absurdité complète. Examinés superficiellement, ils ne semblent pas présenterde délire au premier abord, et souvent on peut s'entretenir longtemps avec eux sans saisir de conceptions délirantes. Telle est, en pareil cas, l'une des sources les plus fécondes des dissentiments quiéclatentsi souvententrela famille du malade, les amis qui viennent le visiter, les autorités chargées de l'interroger et le médecin qui s'occupe du traitement. Observant le sujet avec une attention soutenue pendant un long espace de temps, l'aliéniste acquiert souvent des preuves manifestes de délire, qui échappent à des visiteurs moins exercés et moins attentifs. Le malade, qui se plaint volontiers de son entourage, et surtout de son médecin, parle souvent avec une grande élégance, avec beaucoup de recherche, ou tout au moins son élocution est très facile ; et c'est un tel homme, s'écrie-t-on, que l'on veut faire passer pour foui

On est souvent frappé de l'étendue de leur esprit, de l'originalité de leurs conceptions, de la hardiesse de leurs pensées. Chez beaucoup de ces malades, l'inspiration naturelle, l'excitation morbide de l'intellect supplée au défaut d'éducation ; on a vu des paysans s'exprimer en leur patois avec une véritable éloquence. Mais, si l'on s'attache à suivie pendant quelque temps la conversation de ces sujets , on est frappé de la violence des sentiments qu'ils expriment ; chez eux, tout semble exagéré ; pour eux, le

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monde tout entier se divise en amis et en ennemis, et la balatice penche bien plus du mauvais que du i)on côté. En général, s'il faut caractériser leur état dans son ensemble, ils paraissent éprouver beaucoup de satisfaction d'euxmêmes, ils se trouvent bien sous tous les rai)ports, leur situation générale est extrêmement favorable. Telle e?t la tendance qu'ils manifestent lorsqu'ils ne sont pas contrariés.

Cette disposition au bien-être et au contentement devrait les porter à la bienveillance; cependant elle ne détruit en rien leurs mauvais instincts ; ce sont des individus très dangereux ; ils sont à chaque instant portés à lancer des accusations mensongères contre ceux qui les entourent; ils s'adressent aux autorités ; ils enveniment avec art leurs calomnies et les font souvent accepter comme l'expression de la vérité. Non seulement ih accusent les autres, d'une manière générale, de leur en vouloir et de les persécuter, mais ils précisent souvent leurs imputations et leur impriment une gravité exceptionnelle.

L*une des accusations qu'ils se plaisent le plus volontiers à formuler, est celle d'immoralité, et comme l'excitation maniaque est plus fréquente dans le sexe féminin, l'entourage de ces malades est exposé aux imputations les plus insensées. Il est des femmes qui, sous l'empire de ces excitations morbides, accusent nominativement certaines personnes de les avoir violées, ou tout au moins d'avoir tenu des propos inconvenants à leur égard, d'avoir cherché à les séduire; et ce qui est plus grave, elles parviennent souvent à inspirer une conviction indestructible aux principaux intéressés, et en particulier à leur mari. C'est là un danger contre lequel le médecin, ap[)elé ù leur donner des soins, devra toujours se tenir sur ses gardes.

On ne saurait se faire une idée de l'habileté vraiment in-

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fernale avec laquelle certaines de ces malades se plaisent à semer leurs calomnies, cherchant à créer partout des dissensions, à fomenter des querelles, à faire le mal pour le mal.

A côté de ces phénomènes, oîi la surexcitation des mauvais instincts joue un rôle si manifeste, on en voit d'autres qui semblent relever uniquement de Tintelligence.

Parfois les malades se livrent à des dépenses exagérées et fort au-dessus de leur fortune : ils s'engagent dans des affaires qu'ils ne peuvent terminer, ils forment des projets insensés , ils énoncent des propositions paradoxales qui n'ont que le temps d'éclore et sont immédiatement remplacées par d'autres. Cette mobilité de leur caractère est un supplice pour les gens sains d'esprit, qui sont condamnés à vivre avec eux.

D'autre part, on voit se manifester un développement excessif de certaines facultés intellectuelles, et en particulier de la mémoire; et rien ne contribue davantage à'perpétuer l'erreur qu'on commet à leur égard, en refusant obstinément de croire à leur maladie. Rien n'est plus fréquent dans la pratique que de voir une mère s'écrier: « Mais, monsieur, mon fils n'est pas fou ; au contraire, il est plus intelligent que jamais, et sa mémoire est extraordinaire.» La seule réponse à faire serait alors celle-ci :« C'est justement parce que votre fils a trop de mémoire qu'il est aliéné. » En effet, le développement excessif des facultés est déjà la preuve de leur surexcitation morbide.

Certains de ces malades récitent, avec une correction parfaite, de longs fragments des auteurs classiques, qu'ils avaient depuis longtemps oubliés"; les plus minimes détails de leurs études leur reviennent à l'esprit et ils se rappellent avec précision les moindres faits de leur vie passée.

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Les facultés créatrices de leur intelligence ?jr'À également surexcitées au plus haut point, et, de môrne qu'ils inventent des calomnies, on les voit manifester dans loutes les directions possibles cette exubérance de conceptions. Quelques-uns composent avec beaucoup de verve des pièces de théâtre et d'autres productions littéraires, mais la bizarrerie de certaines conceptions montre bien qu'il s'agit, en définitive, de cerveaux fêlés.

D'autres excités se livrent à des combinaisons gigantesques destinées à faire leur fortune et à révolutionner le monde. Celui-ci prépare des spéculations financières qui doivent lui procurer rapidement une immense fortune ; celui-là veut créer un journal universel, qui contiendra h lui seul plus de documents que tous les autres et se vendra à un prix inférieur, ce qui annulera tous les autres organes de la presse et le rendra maître absolu de la publicité dans le monde entier. Un troisième expose des inventions mécaniques qui doivent transformer l'industrie. Enfin rien n'est plus commun chez ces sujets que la manie versificatrice : ils inondent des pages entières de leurs élucubrations poétiques, et c'est l'une des manifestations de leur activité morbide. La qualité, il est vrai, n'est pas toujours en rapport avec la quantité de leurs productions. Leurs vers ont souvent un pied de trop et n'en marchent pas mieux.

Il semble que ces individus, doués d'une intelligence si vive, si aiguisée, et d'une excitation d'esprit si manifeste, doivent être des causeurs charmants; c'est k\ une erreur profonde; ce sont des bavards insupportables et rien au monde n'eU plus fatigant que de subir cette conversation stérile qui fatigue l'attention sans la. rassasier; et cependant ils ont souvent une facilite particulière pour saisir les. défauts et les travers des personnes qui les entourent et

pour les mettre vivement en lumière. Aussi celui qui cause avec eux pendant quelques minutes les trouve très spirituels et très amusants; il suffit de les voir plus longtemps pour les apprécier à leur juste valeur.

Quand cet état se prolonge, les malades sont impossibles à vivre; rien ne peut les contenter. On empêche leurs facultés de se développer, disent-ils; ils sont toujours méconnus, toujours sacrifiés.

Ils sont souvent très impolis et, d'autre part, ce qui est en quelque sorte le complément de leur état, ils sont susceptibles à l'excès et la moindre plaisanterie devient à leurs yeux une faute impardonnable.

A côté de ces troubles intellectuels, on observe des phénomènes d'un ordre plus nettement physique. Les malades éprouvent un besoin perpétuel de mouvement; ils font de nombreuses visites et ils vont relancer toutes leurs anciennes connaissances. Il m'est arrivé souvent d'être consulté par des personnes qui ne savaient comment se débarrasser d'aliénés de cette espèce.

Beaucoup de ces individus (surtout ceux auxquels leur fortune permet de faire certaines dépenses) ont la manie des voyages. J'ai connu une dame qui vivait depuis de longues années dans un état d'excitation maniaque et qui éprouvait de temps en temps un besoin irrésistible de faire un voyage. Elle partait pour Nice ou pour Bordeaux ; mais, à peine arrivée, elle reprenait le train de Paris et rentrait chez elle après avoir satisfait son désir.

Ce besoin d'agitation survient quelquefois d'une manière absolument inattendue. Tel malade se lève au beau milieu de la nuit pour aller se promener à la campagne. Fait curieux, même lorsqu'ils sortent ainsi pendant l'hiver, à moitié habillés, ils ne s'enrhument jamais.

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Je VOUS ai déjà signale une partie de l'état moral qui caractérise ce genre d'aliénation ; mais il est des troubles de nature psychique qui ont un caractère mieux défini. D'abord et avant tout, et c'est le point le plus important à connaître, ces malades sont des menteurs sans aucune espèce de vergogne ; rien ne leur est plus facile que de fabriquer une histoire que leur intelligence alerte entoure de toutes les circonstances qui peuvent la rendre vraisemblable.

Des idées ambitieuses viennent souvent brocher sur le tout. Les uns se figurent être des descendants de familles royales, les autres se disent attachés à des individus très haut placés.

Aux idées ambitieuses vient plus d'une fois se joindre un délire religieux. Le malade est l'apôtre d'une religion nouvelle, il veut aller partout réformer le monde et fonder des ordres monastiques. Krafft-Ebing rapporte l'histoire d'une femme dont l'ambition se bornait à devenir la cuisinière d'un curé; elle espérait ainsi se rapprocher du ciel.

Beaucoup de ces sujets se livrent à des actes répréhensihles et qui frisent la culpabilité. Il en est qui volent; il en est, principalement chez les hommes, qui se livrent à l'ivrognerie avec fureur; ils s'abandonnent à ces goûts dépravés, non par habitude, mais par suite de leur état mental.

Chez un grand nombre de ces aliénés , les sensations génitales sont très exaltées.

Le plus souvent, il ne s'agit pas de phénomènes physiques, mais de véritables idées délirantes qui pivotent autour de ce centre et décrivent une circonférence plus ou moins étendue. Il serait facile d'en multiplier les exemples; mais ce qu'il importe surtout de remarquer, c'est que bien souvent une impuissance absolue accompagne ces

rêveries lubriques, et que bon nombre de ces malades seraient absolument incapables d'accomplir les prouesses dont ils aiment à se vanter; mais il n'en est pas toujours ainsi, et, des idées, ils peuvent quelquefois passer aux actes. x\ussi faut-il toujours les surveiller de très près, d'autant plus qu'ils ont souvent un goût prononcé pour des pratiques contre nature.

Un grand nombre d'entre eux s'adonnent avec fureur à la masturbation. J'ai connu un jeune Espagnol qui passait sa vie à se livrer à cet acte. On le surveillait avec soin; il prétextait le sommeil et se retirait dansson appartement en disant à son gardien : a Allez -vous-en, j'ai besoin de dormir. »

Ainsi l'exaltation maniaque s'accompagne d'excitation sensuelle chez les hommes quelquefois, et chez les femmes toujours. Il n'est point de femme en état d'excitation maniaque qui n'ait en même temps de l'excitation sensuelle. Cette disposition se manifeste, chez un grand nombre d'entre elles, par la coquetterie et quelquefois par des costumes excentriques, des toilettes ridicules. Ces préoccupations se trahissent aussi par des lettres adressées à divers individus, par la recherche de la société des hommes et, quelquefois même, par la recherche de la société des femmes.

Souvent aussi, cette exaltation se traduit au dehors par d'interminables dissertations sur la chasteté, sur le bonheur de la vie rehgieuse. Toutes les fois qu'une malade en état d'excitation maniaque vous tiendra de pareils discours, soyez certains que, sous ce masque, se cache un fonds d'excitation lubrique.

Pour achever de peindre l'état intellectuel et moral de ces sujets, il faut noter la manie puérile de la destruction. Souvent ils ne se livrent pas à des actes de violence contre

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les personnes; mais ils cassent une glace, déchirent des vôlements et, lorsqu'on leur montre ce qu'ils ont fait, ils éclatent de rire comme des enfants mal élevés.

A côté de ces phénomènes intellectuels et moraux se place un état physique particulier. Sans doute, cet état n'est pas aussi caractéristique que celui des vrais maniaques, mais il est assez spécial pour montrer de quelle classe de malades il s'agit.

D'abord, ce qui caractérise ces aliénés, c'est l'insomnie, mais une insomnie relative. Beaucoup d'entre eux ne dorment que quelques heures par nuit, d'autres sont obligés de quitter leur lit pour aller se promener.

En môme temps, on note cette sensation de bien-être qui s'accorde avec certaines modiGcations de l'état physique. On rencontre souvent chez les excités maniaques, et surtout chez les femmes, une physionomie plus pleine, plus animée, plus jeune, des couleurs plus vives, une sorte de turgescence vitale. En même temps, les forces musculaires augmentent; ils sont infatigables, ils sont constamment en mouvement, jamais ils ne paraissent éprouver le besoin du repos.

Mais, ce qui trahit d'une manière évidente le trouble de leur état [)hysique, c'est que, malgré leur appétit et leurs bonnes digestions, ils diminuent assez rapidement de poids. Il y a donc chez eux un véritable amoindrissement physique, qui contraste avec les autres phénomènes que nous venons de décrire.

Chez ces malades, il est très rare de rencontrer des hallucinations; je ne prétends pas qu'ils soient absolument h l'abri de ces perturbations sensorielles, mais ce sont alors, pour ainsi dire, des hallucinations avec conscience et non pas des erreurs dans lesquelles le jugement est compromis.

Il ne faut point considérer comme une illusion cette tendance qu'ils ont, ainsi qu3 la plupart des aliénés, à prendre pour des connaissances tous les individus qu'ils rencontrent; c'est plutôt une conception délirante qui découle directement de l'agitation intellectuelle.

Il est des aliénés chez lesquels cet état peut durer la \ie tout entière; ils ne versent jamais dans la démence. C'est alors la manie raisonnante; mais, le plus souvent, cette excitation maniaque n'est pas un symptôme indépendant; elle fait partie d'un drame dont elle ne constitue que le premier acte; dans ce cas, l'excitation est le premier terme de la folie circulaire.

Lorsqu'il ne s'agit pas de ces deux maladies, l'excitation maniaque appartient le plus souvent à la folie intermittente. Dans ce cas, le malade s'agite pendant un certain temps et revient plus tard à son état normal ; la maladie est alors quelquefois justiciable du sulfate de quinine.

C'est surtout dans la folie hystérique que l'on observe ce symptôme ; l'excitation maniaque fait partie des manifestations intellectuelles de cette grande névrose. On sait que d'une manière générale l'état mental des hystériques est une forme de la psychose que je viens de vous décrire.

L'excitation maniaque est très souvent le premier stade delà paralysie générale. C'est Tune des mille formes que présente le délire dans cette maladie à manifestations si variables. Dans cette forme particulière, il n'y a pas de stade mélancolique; les malades forment des projets; ils se lancent dans des spéculations hasardeuses, et très souvent, comme le fait remarquer M. Lasègue, ils réalisent une très grande fortune pendant cette période, heureux s'ils tombent dans l'impuissance avant de pouvoir détruire ce qu'ils ont édifié.

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