‹ Lecons sur les maladies mentales (volume 2)Chapitre 65 sur 201 · TRAITEMENT DE L'EXCITATION MANIAQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'EXCITATION MANIAQUE

Ce qui caractérise essentiellement la manie des paralytiques généraux, c'est qu'au milieu de ces phénomènes de surexcitation intellectuelle, on voit souvent apparaître des absurdités, des contradictions ridicules; c'est ainsi que vous pourrez diagnostiquer cette maladie et ne point la confondre avec d'autres qui en sont bien différentes.

En général, la durée de la période d'excitation chez les paralytiques n'est pas très considérable; c'est par là qu'elle se distingue de la manie proprement dite; il suffit donc d'attendre la fin de ce délire pour voir apparaître les premiers phénomènes du côté de la motilité, qui sont la vraie caractéristique de la paralysie générale.

Il me resterait à vous parler du diagnostic entre l'excitation maniaque et l'épilepsie, mais cette étude nous entraînerait trop loin et j'aime mieux réserver ce chapitre pour l'époque oii nous étudierons spécialement cette névrose.

Disons quelques mots du traitement. Bien que Vexcitation maniaque ne soit qu'un symptôme, elle comporte parfaitement l'emploi de moyens thérapeutiques spéciaux. Comme dans beaucoup d'affections mentales, mais surtout dans la manie, le premier de tous les remèdes, c'est l'isolement. 11 s'agit d'enlever le malade à son entourage, aux personnes qui l'irritent ; il faut surtout éloigner les individus qui sont l'objet de son aversion.

En second lieu, il s'agit de modifier son état. On doit, autant que possible, écarter des malades toute cause d'excitation morbide, empêcher les excès alcooliques, réprimer les excitations sensuelles. L'abus auquel il est le plus facile aux malades de se livrer, c'est la masturbation ; et ce n'est pas ici le cas d'appliquer le principe de la non-contrainte.

Chez les malades de cette espèce, les calmants réussis-

sent moins que chez les mélancoliques, et il ne faut pas employer l'opium et la morphine, qui font ici plus de mal que de bien. Quant aux bromures alcalins, ils ne sont guère utiles que pour combattre l'excitation génésique. Contre l'insomnie, on emploie surtout le chloral.

Il nous reste enfin deux moyens très actifs de traitement : d'abord les bains tièdes prolongés pendant plusieurs heures ; de cette manière, on obtient souvent une amélioration très notable ; puis ensuite des courants galvaniques lancés à travers la masse encéphalique. Il ne faut user de ce dernier remède qu'avec de grandes précautions.

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